2021 : trois tendances se profilent à l’horizon

L’année 2020 a été pour le moins unique, et les marchés des capitaux n’ont pas fait exception. En mars, l’indice S&P 500 a enregistré sa baisse de 30 % la plus rapide de l’histoire (22 jours) et le TSX a reculé de plus de 12 %, sa pire perte intrajournalière depuis 1940. Cependant, compte tenu de la mise au point et de la livraison de plusieurs vaccins contre la COVID-19, nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel. Ainsi, bien que la pandémie mondiale et ses conséquences économiques aient retenu toute l’attention en 2020, nous ne devons pas oublier qu’à mesure que nous avançons en 2021, d’autres thèmes pourraient commencer à émerger sur les marchés financiers canadiens. Nous abordons ci-dessous trois grandes tendances qui devraient intéresser les investisseurs canadiens en 2021.

L’investissement responsable en plein essor

L’investissement responsable, c’est-à-dire l’intégration des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans la sélection et la gestion des placements, a gagné en popularité ces dernières années, car les investisseurs du monde entier veulent aligner leur portefeuille sur leurs valeurs personnelles. À la fin de 2019, l’actif géré lié à l’investissement responsable au Canada atteignait près de 3 200 milliards de dollars, soit 61,8 % du secteur des placements du pays¹. Qui plus est, l’intérêt à l’égard de l’investissement responsable est manifestement en hausse : les actifs ont augmenté de 48 % en seulement deux ans et d’après les résultats d’un récent sondage, 97 % des investisseurs s’attendent à une croissance modérée ou élevée de l’investissement responsable au cours des deux prochaines années². Ce qui est encore plus prometteur, c’est que la volatilité des marchés en 2020 n’a pas semblé rebuter les investisseurs socialement responsables. Selon Morningstar, plus d’argent a été consacré aux placements durables au premier trimestre de 2020 que pour l’ensemble de 2019, ce qui prouve que 2020 pourrait être une autre année record dans le monde de l’investissement socialement responsable³.

Un graphique montrant une croissance constante d'une année à l'autre des actifs canadiens sous gestion en investissements responsables, passant de 1 billion de dollars en 2013 à 3,2 billions de dollars en 2019.

Bien que l’intérêt grandissant pour l’investissement responsable soit certainement lié à la volonté des investisseurs de faire correspondre leur portefeuille à leurs valeurs, la croissance pourrait aussi être attribuable au fait que de plus en plus de données suggèrent que les placements ESG ne se font pas au détriment des rendements. Des milliers d’études sur le lien entre l’intégration des facteurs ESG et le rendement des portefeuilles ont été réalisées au cours de la dernière décennie. Les résultats de ces études laissent entendre que, dans le meilleur des cas, l’incorporation des facteurs ESG peut donner lieu à des rendements corrigés du risque supérieurs et à une amélioration de la performance financière des sociétés, tandis que dans le pire des cas, les fonds qui intègrent les principes d’investissement responsable affichent des rendements similaires à ceux d’autres types de fonds⁴. En bref, les investisseurs au Canada et à l’étranger sont de plus en plus conscients qu’ils peuvent harmoniser leur portefeuille et leurs valeurs sans sacrifier les rendements ni augmenter le risque. Cela est de bon augure pour les investisseurs canadiens et pour notre société dans son ensemble.

Faibles taux – aucune fin en vue

Des niveaux de rendement qui n’avaient pas été observés depuis des décennies étaient déjà la norme avant la pandémie, mais personne ne pouvait dire avec certitude ce qu’il en serait à court terme. La situation a changé après que le gouvernement canadien eut inclus dans ses mesures de relance monétaire la promesse de maintenir les taux d’intérêt bas dans un avenir prévisible : « Nous voulons dire aux Canadiens que les taux d’intérêt sont très bas et qu’ils le demeureront pendant longtemps », a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, en juillet. Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a quant à lui affirmé qu’il « ne songeait même pas à augmenter les taux d’intérêt » avant au moins 2023. Par conséquent, les titres de créance à rendement négatif continuent d’atteindre de nouveaux sommets, totalisant 18 000 milliards de dollars (en date de décembre), soit plus d’un quart de la somme des titres de créance de qualité à l’échelle mondiale⁵. Au Canada, les obligations n’en sont pas encore là, mais elles s’en rapprochent : les obligations du gouvernement du Canada à 10 ans ne dégagent qu’un maigre 0,68 %⁶, ce qui est en fait un rendement négatif si l’on tient compte de l’inflation. Cela signifie que les investisseurs qui dépendent des revenus sûrs et réguliers provenant d’obligations de sociétés de qualité et d’État auront de la difficulté à obtenir les rendements dont ils ont besoin pour constituer leur patrimoine ou même le conserver.

Un graphique illustrant la faiblesse des rendements des obligations d'État à 10 ans dans une sélection de pays à travers le monde. Le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni affichent tous un rendement compris entre 0 et 1%. Le Japon est essentiellement à 0%, tandis que l'Allemagne et la France ont en réalité des rendements négatifs de -0,6% et -0,3%, respectivement.

Comme les taux d’intérêt ne semblent pas près de remonter et qu’il est nécessaire de toucher des revenus, il est probable que de plus en plus d’investisseurs se tournent vers des instruments à revenu fixe moins traditionnels. Les obligations d’État des marchés émergents, les obligations de sociétés à rendement élevé, les prêts bancaires et les titres adossés à des actifs ne sont que quelques-uns des titres à revenu fixe moins connus qui pourraient attirer davantage les investisseurs en quête de revenus dans un monde où les taux d’intérêt sont extrêmement bas.

Ouverture sur les placements non traditionnels

En ce qui concerne les catégories d’actif moins traditionnelles, les faibles rendements ne donneront pas seulement lieu à des mouvements au sein des titres à revenu fixe, mais inciteront probablement aussi les investisseurs à envisager de nouvelles options tout court. Autrefois réservées aux investisseurs les plus importants et les plus avertis, les stratégies alternatives se généralisent au Canada, en grande partie grâce aux modifications apportées aux règles des Autorités canadiennes en valeurs mobilières en janvier 2019, qui ont permis aux gestionnaires de fonds d’utiliser plus facilement des outils comme le financement par emprunt, la vente à découvert et les instruments dérivés, qui n’étaient pas accessibles aux épargnants auparavant⁷. Dans la tourmente boursière du début de 2020, ces outils ont prouvé leur efficacité : l’indice Alternative Mutual Fund de la Banque Scotia a surclassé l’indice TSX de 11,1 % en mars 2020, au plus fort de la volatilité du marché⁸.

Ces changements ne marquent probablement qu’un début. Depuis de nombreuses années, les principaux régimes de retraite au Canada (qui comptent parmi les plus importants et les plus respectés au monde) investissent dans des solutions non traditionnelles, en particulier, dans des actifs réels comme les infrastructures, l’immobilier et l’agriculture. Ces institutions ont profité des avantages de ces actifs, à savoir leur non-corrélation aux marchés publics traditionnels ainsi que leur protection naturelle contre l’inflation.

Un graphique montrant la répartition des actifs alternatifs pour une sélection des plus grands régimes de retraite canadiens à partir de leurs derniers rapports annuels. Chacun des cinq régimes de retraite suivants a une répartition à des alternatives de entre 35% et 54%: Caisse de dépôt et placement du Québec, Canada Pension Plan Investment Board, Ontario Teachers' Pension Plan, Public Sector Pension Investment Board, British Columbia Investment Management Corporation.

Conscients de la nécessité d’améliorer le profil de risque et de rendement des clients institutionnels de petite taille et fortunés, les gestionnaires d’actifs proposent maintenant des stratégies qui combinent plusieurs types de placements non traditionnels tout en procurant une certaine liquidité. Dans la plupart des cas, ces placements demeurent hors de portée des épargnants, car les règles canadiennes sur les valeurs mobilières les empêchent généralement d’être offerts à ceux qui ne sont pas considérés comme des investisseurs qualifiés. Cela dit, les organismes de réglementation de plusieurs pays reconnaissent les avantages découlant de ces actifs, et la tendance est donc à l’assouplissement des restrictions, ce qui se traduira par un accès accru pour les épargnants⁹. Par conséquent, la prolifération des placements non traditionnels sera un thème clé à surveiller. Il se pourrait bien que dans les prochaines années, ils constituent un élément de base du portefeuille de nombreux particuliers canadiens.

1 Rapport de tendances de l’investissement responsable canadien 2020, Association pour l’investissement responsable.  https://www.riacanada.ca/fr/research/rapport-de-tendances-de-ir-canadien-2020/ 2 Ibid. 3 www.morningstar.ca/ca/news/202180/canadian-esg-funds-grow-faster.aspx 4 Par exemple, voir Friede, Gunnar et Busch, Timo et Bassen, Alexander, ESG and Financial Performance: Aggregated Evidence from More than 2000 Empirical Studies et Fulton, Mark et Kahn, Bruce et Sharples, Camilla, Sustainable Investing : Establishing Long-Term Value and Performance 5 www.bloomberg.com/news/articles/2020-12-11/world-s-negative-yield-debt-pile-at-18-trillion-for-first-time#:~:text=About%20%241%20trillion%20of%20bonds,30%25%20peak%20reached%20last%20year. 6 Au 31 décembre 2020. 7 Voir : www.osc.gov.on.ca/documents/en/Securities-Category8/csa_20181004_81-102_alternative-mutual-funds.pdf 8 www.aima.org/static/0e0e9a43-4135-45c0-8ed988204c768c32/Scotiabank-Alternative-Mutual-Fund-Index-March-2020.pdf 9 Par exemple, en août 2020, la Securities and Exchange Commission des États-Unis a assoupli sa définition d’investisseur qualifié en admettant de nouvelles catégories de personnes et d’entités ayant prouvé leurs connaissances financières.

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