Perspectives macroéconomiques mondiales de mi-2026 – Conflit au Moyen-Orient : tenter d’entrevoir le bout du tunnel
Nos perspectives macroéconomiques de mi-année 2026 mettent en évidence les thèmes clés concernant les économies mondiales ainsi que leurs implications pour les investisseurs au cours du second semestre.
Le conflit au Moyen-Orient s’impose toujours comme un thème macroéconomique dominant à l’aube du second semestre de 2026. À ce stade, force est de constater que les hostilités ont duré plus longtemps que la plupart des observateurs (nous y compris) ne l’auraient prévu, et pourraient ne pas être encore tout à fait réglées.
Un accord préliminaire conclu à la mi-juin entre les États-Unis et l’Iran pourrait finir par mettre un terme définitif au conflit, mais de nombreux détails délicats restent à négocier. C’est pourquoi, même si les blocus imposés par les États-Unis et l’Iran sur le détroit d’Ormuz étaient levés prochainement, nous avons une conviction limitée quant à la rapidité avec laquelle les flux de marchandises dans la région reprendront, une certaine incertitude géopolitique étant susceptible de persister pour le reste de l’année.
Ce qui est clair, c’est que plus les turbulences géopolitiques s’éternisent, plus le risque de répercussions économiques défavorables s’accentue. On peut toutefois affirmer deux choses :
- Toutes les régions du monde ne sont pas touchées de la même manière. En particulier, le fait d’être un exportateur net d’énergie ou, à défaut, de disposer au moins d’importantes réserves de pétrole, a clairement constitué un facteur atténuant pour certains pays. Plus le conflit a perduré, plus le fossé entre les économies capables d’exporter de l’énergie et celles qui dépendent davantage des importations s’est creusé.
- Plus les retombées négatives s’accentuent, plus les banques centrales seront enclines à maintenir ou à adopter des positions restrictives. À la mi-février, l’idée selon laquelle la plupart des banques centrales se situaient « à leur taux directeur neutre ou à un niveau proche de celui-ci » circulait largement. Au fil du temps, il était de plus en plus difficile pour les décideurs des politiques monétaires de considérer le conflit comme une perturbation à court terme ou un simple choc sur les prix : des effets inflationnistes de second ordre commençaient à s’immiscer dans les prévisions, conduisant à une position plus restrictive dans la plupart des régions.
États-Unis : toujours solides malgré un nouveau contexte
Comme partout ailleurs dans le monde, le conflit au Moyen-Orient a dans une certaine mesure modifié le portrait macroéconomique américain. Cela dit, l’incidence sur la croissance et l’inflation aux États-Unis semble limitée par rapport à d’autres régions, ce qui s’explique par le statut d’exportateur net d’énergie du pays et par la persistance d’autres moteurs de croissance.
En dépit de l’incertitude géopolitique, le contexte macroéconomique global demeure favorable. Au début de l’année, nos perspectives indiquaient que l’assouplissement de la politique monétaire et les mesures de soutien budgétaire devraient constituer de solides fondements pour l’économie américaine. On observe en effet des signes d’une activité économique en expansion malgré le conflit à l’étranger : la production industrielle et les investissements des entreprises se sont renforcés, tandis que la consommation reste résiliente1. À moins d’une détérioration significative du marché du travail ou d’un ralentissement prolongé des marchés financiers, les dépenses de consommation devraient continuer à soutenir la croissance.
Nous ne prévoyons pas que la Réserve fédérale américaine (Fed) abaisse ses taux tant qu’il n’y aura pas d’amélioration durable des pressions sur l’offre. En effet, avec une croissance solide, un marché du travail qui tient bon et une inflation élevée, les arguments en faveur d’un assouplissement se sont affaiblis et ne regagneraient probablement de la force que si la Fed observait des signes de désinflation, ou au moins une inflation stable combinée à un ralentissement de la croissance ou du marché du travail. Dans le même temps, un resserrement de la politique monétaire de la Fed semble peu probable, à moins que le conflit ne regagne en intensité et ne se prolonge bien au-delà du troisième trimestre, ce qui raviverait les préoccupations inflationnistes. Une fois que les contraintes pesant sur la chaîne d’approvisionnement se seront atténuées, la Fed pourrait reprendre sa trajectoire vers son taux neutre à long terme (environ 3,1 %).
Ce que nous surveillons
Des signes naissants d’une amélioration progressive du marché du travail pourraient affaiblir tout argument en faveur d’un assouplissement de la Fed. Si le marché de l’emploi venait à se resserrer sensiblement – une possibilité tout à fait plausible, compte tenu de la dynamique sous-jacente de l’offre de main-d’œuvre –, la marge de manœuvre de la Fed pour assouplir sa politique s’amenuiserait probablement, ce qui pourrait l’amener à adopter une orientation plus restrictive.
Conséquences pour le marché
Nous continuons de nous concentrer sur la partie longue de la courbe de rendement. En début d’année, la baisse des taux d’intérêt laissait présager une vague potentielle de refinancements de prêts hypothécaires susceptible de stimuler la croissance. Aujourd’hui, la hausse des taux d’intérêt présente le risque inverse : une augmentation soutenue pourrait commencer à peser sur le rendement du marché boursier américain et sur les conditions financières.
La hausse des rendements obligataires pourrait constituer un frein à la croissance et aux marchés américains
Rendement des bons du Trésor américain à 10 ans (%)
Canada : une reprise en laisse
Bien que le Canada ait entamé l’année 2026 avec un élan faible, des signes de stabilisation sont apparus à mesure que certaines entreprises commençaient à s’adapter aux droits de douane sectoriels américains toujours en vigueur sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et d’autres biens. Cependant, une nouvelle complication est survenue en mars : le conflit au Moyen-Orient a fait grimper les prix du pétrole au-dessus de 100 dollars américains le baril, poussant l’inflation globale du Canada à 2,8 % en avril, alors même que l’inflation sous-jacente s’établissait à environ 2 %.
La Banque du Canada (BdC) se trouve désormais confrontée à un exercice d’équilibre délicat : maintenir les taux inchangés à 2,25 % pour soutenir un marché du travail en perte de vitesse (le taux de chômage a grimpé à 6,6 %), ou reprendre le cycle de hausse si les prix mondiaux de l’énergie ne baissent pas suffisamment et commencent à alimenter l’inflation intérieure de manière plus généralisée – un risque que le gouverneur de la BdC, Macklem, a explicitement souligné.
Malgré le choc énergétique imprévu, nous pensons que l’économie canadienne terminera l’année avec une croissance modérée, mais positive. Les dépenses publiques consacrées aux infrastructures, au logement et aux allègements fiscaux accordés aux consommateurs font jusqu’à présent le gros du travail. Les exportations hors États-Unis ont légèrement repris, même si cette reprise concerne principalement les secteurs de l’énergie et de l’or, et non l’industrie manufacturière. Conclusion : nous prévoyons une croissance du PIB d’environ 1,0 % sur l’ensemble de l’année, avec une accélération progressive vers 2027.
Ce que nous surveillons
L’examen officiel de l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada (ACEUM) débute le 1er juillet. Même si un accord reste envisageable, les divergences de positionnement commercial entre le Canada et les États-Unis semblent s’être creusées ces derniers mois. Le risque que le Canada soit soumis à des droits de douane plus élevés à l’échelle nationale d’ici la fin de l’année s’est donc accru.
Conséquences pour le marché
L’indice composé S&P/TSX a progressé d’environ 11 % depuis le début de l’année. Nous nous attendons à ce que les rendements se modèrent à mesure que les facteurs favorables liés au secteur de l’énergie s’estompent, mais les entreprises de services financiers et du secteur des matériaux devraient continuer à afficher de bons résultats. Les rendements des titres à revenu fixe pourraient être modérés, la Banque du Canada ayant décidé de maintenir ses taux inchangés et les rendements des bons du Trésor américain à long terme étant en hausse. Le dollar canadien pourrait s’apprécier légèrement en raison du resserrement des écarts de taux et de la hausse des prix des matières premières, mais la faiblesse de la croissance et l’incertitude liée à l’ACEUM pourraient limiter les gains.
Les exportations canadiennes vers les États-Unis ont diminué, mais cette baisse est en partie compensée par une hausse des exportations vers d’autres marchés
Europe : des mesures budgétaires favorables face à des facteurs défavorables dans le secteur de l’énergie
Au début de l’année 2026, nous étions globalement optimistes à l’égard de la zone euro, laquelle bénéficiait d’une impulsion budgétaire plus forte, de réformes structurelles en cours, d’une amélioration de la croissance du crédit et d’un contexte extérieur relativement stable.
Cependant, la zone euro étant un importateur net d’énergie dont les dépenses énergétiques sont relativement élevées, le conflit au Moyen-Orient a assombri nos perspectives. Par conséquent, à moins que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ne revienne rapidement à la normale, la croissance économique – en particulier la composante des dépenses de consommation – risque d’être affectée, ce qui pourrait annuler une partie de l’effet positif généré par les dépenses de l’Allemagne en matière de défense et d’infrastructures. Si nos hypothèses économiques actuelles ne laissent pas présager de récession, elles laissent toutefois entrevoir un ralentissement de la croissance.
Cela dit, le choc pétrolier de cette année diffère de la crise énergétique de 2022, qui avait été amplifiée par des perturbations de l’approvisionnement en gaz naturel se répercutant directement sur les prix de l’électricité. Ce facteur n’entre pas vraiment en ligne de compte cette fois-ci : la situation plus récente concerne davantage les produits pétroliers, de sorte que l’incidence globale sera probablement moindre, même s’il n’en reste pas moins un facteur défavorable. Le choc des prix est par ailleurs atténué par un marché du travail moins dynamique, ce qui devrait réduire le risque d’effets de second ordre liés aux salaires.
Le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) se situant déjà dans la fourchette neutre estimée, les décideurs devront trouver un équilibre entre une croissance plus faible et une inflation plus élevée. Compte tenu de cet équilibre délicat, nous ne pensons pas que la BCE se lancera dans un cycle de resserrement monétaire agressif, à moins qu’elle ne constate des signes évidents indiquant que les anticipations d’inflation à long terme se déstabilisent ou que la croissance des salaires s’accélère à nouveau. Nous estimons donc que les dernières anticipations du marché concernant les hausses de taux de la BCE sont trop restrictives.
Ce que nous surveillons
La question de savoir si l’accord visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient s’avérera durable déterminera en fin de compte l’ampleur et la persistance du choc inflation-croissance. La réponse de la BCE dépendra probablement de l’évolution des anticipations d’inflation et de la dynamique salariale.
Conséquences pour le marché
Les actions européennes pourraient rester sous une certaine pression jusqu’à ce que les perturbations dans le détroit soient entièrement dissipées. Face aux craintes inflationnistes, les marchés anticipent déjà plusieurs hausses de taux de la BCE, mais une croissance plus faible devrait limiter la marge de manœuvre de la BCE pour resserrer sa politique monétaire.
Les risques pesant sur la croissance de la zone euro s’intensifient, comme en témoignent les indicateurs récents
Royaume-Uni : la croissance reste sous pression
Malgré des chiffres du premier trimestre supérieurs aux prévisions, la croissance économique du Royaume-Uni devrait rester modérée jusque fin 2026. La hausse des prix de l’énergie et le resserrement des conditions financières ont freiné à la fois la demande des consommateurs et les investissements des entreprises, tandis que les mesures de soutien monétaire et budgétaire restent limitées.
En matière de politique monétaire, le choc énergétique pourrait avoir contraint la Banque d’Angleterre à maintenir une position plus restrictive. Toutefois, des hausses imminentes des taux d’intérêt (déjà anticipées par les marchés) ne constituent pas notre scénario de base, car la dynamique du marché du travail s’affaiblit, et l’atténuation des pressions salariales limite les répercussions inflationnistes à plus grande échelle. De plus, la politique monétaire britannique est déjà plus restrictive que celle d’autres marchés développés. Avant le choc pétrolier, les marchés s’attendaient à ce que la Banque d’Angleterre abaisse ses taux; la réévaluation qui s’en est suivie a poussé vers le haut la partie longue de la courbe de rendement, ce qui s’est traduit par une hausse des taux hypothécaires moyens et a encore accru la pression sur les ménages.
En matière de politique budgétaire, la fragilité des finances publiques et l’incertitude politique accrue laissent présager une orientation restrictive à l’avenir. La crise énergétique a quelque peu réduit la marge de manœuvre budgétaire en faisant grimper les taux d’intérêt et en assombrissant les perspectives de croissance. Dans le même temps, le Royaume-Uni pourrait bientôt connaître un nouveau changement de direction, prolongeant ainsi la succession de premiers ministres de ces dernières années, avec un risque de glissement vers la gauche et de politiques plus expansionnistes pesant sur les marchés obligataires. Il convient de noter que les marchés des obligations de l’État limitent la capacité du gouvernement à apporter un soutien budgétaire et resserrent les conditions financières dans l’ensemble de l’économie.
Ce que nous surveillons
Un ralentissement rapide de la croissance pourrait précipiter les baisses de taux de la Banque d’Angleterre, tandis que des effets plus marqués de la deuxième vague d’inflation pourraient renforcer les anticipations de resserrement monétaire. Un nouveau régime politique pourrait influencer de manière significative la confiance qui règne sur le marché.
Conséquences pour le marché
Les rendements des obligations de l’État devraient rester élevés plus longtemps. Les marchés semblent trop optimistes quant au resserrement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre. Les actions britanniques devraient inscrire une contre-performance par rapport à la plupart de leurs homologues des marchés développés.
L’indice des directeurs d’achat au Royaume-Uni laisse entrevoir une croissance potentiellement plus modérée du PIB à venir
Japon : des perspectives structurellement positives
Malgré des résultats solides au premier trimestre, nous prévoyons que la croissance du PIB réel du Japon devra faire face à des facteurs défavorables à court terme. La détérioration des termes de l’échange, due à la hausse des prix de l’énergie et à la faiblesse du yen, a exercé des pressions haussières sur l’inflation et des pressions baissières sur la croissance. Ce contexte potentiellement stagflationniste pourrait offrir à la Banque du Japon une certaine marge de manœuvre pour « maintenir le statu quo » en matière de taux d’intérêt, alors qu’elle attend des données plus claires sur le contexte économique et géopolitique mondial avant de procéder à de nouvelles hausses de taux.
Par ailleurs, la victoire écrasante de la première ministre Takaichi lors des élections anticipées organisées plus tôt cette année, qui lui a permis d’obtenir une majorité qualifiée décisive à la Chambre basse, a conféré à la coalition au pouvoir un mandat solide pour mener une politique budgétaire expansionniste en faveur de l’économie. Cette orientation favorable à la croissance, conjuguée à la résilience du commerce mondial, étaye nos perspectives de croissance structurellement positives à moyen terme, même si nous suivons de près l’évolution de la situation économique et l’actualité géopolitique au second semestre 2026.
Ce que nous surveillons
Les rendements des obligations d’État japonaises ont atteint des sommets inégalés depuis plusieurs décennies, dans un contexte marqué par une hausse de l’inflation intérieure, des anticipations de hausse des taux de la Banque du Japon et des dépenses publiques déficitaires. Un nouveau budget supplémentaire pourrait raviver les inquiétudes concernant les émissions d’obligations d’État japonaises et la discipline budgétaire.
Conséquences pour le marché
Le yen pourrait être victime de la « trinité impossible » à la japonaise, ce qui signifie qu’il est probablement impossible, dans la pratique, de maintenir à la fois une politique budgétaire expansionniste, une politique monétaire accommodante et une monnaie résiliente. Malgré l’intervention récente du ministère japonais des Finances, les difficultés de la devise pourraient perdurer à moins d’un renversement significatif des opérations de portage sur le yen et d’un virage de la Banque du Japon vers une politique monétaire plus restrictive.
Les rendements des obligations d’État japonaises ont fortement augmenté ces derniers mois
Chine : une croissance en « forme de K » devrait persister
La solide croissance du PIB au premier trimestre place la Chine en bonne voie pour atteindre son objectif de croissance de 4,5 à 5,0 % pour 2026, même si nous prévoyons un ralentissement de la dynamique au fur et à mesure que l’année avance. Il convient de noter que la « croissance en forme de K » de la Chine – caractérisée par une économie fortement axée sur l’industrie manufacturière haut de gamme, les dépenses en capital et des exportations soutenues, tandis que les secteurs nationaux sont généralement à la traîne – devrait se poursuivre.
En ce qui concerne l’inflation, bien que l’indice des prix à la production (IPP) chinois soit redevenu positif (sous l’effet de la hausse des prix à l’importation dans un contexte de coûts énergétiques élevés et d’une forte demande d’IA), la faiblesse de la consommation intérieure limite les répercussions de cette hausse sur l’inflation globale et sous-jacente. Cette dynamique pourrait peser sur les marges bénéficiaires des producteurs et soulever des questions quant à la viabilité de la reflation et à ses implications pour le marché boursier chinois. Cela dit, malgré les déséquilibres de l’économie, les actifs chinois ont bien résisté tout au long du conflit au Moyen-Orient. La diversification des sources d’approvisionnement énergétique a contribué à amortir le choc, tout comme le contrôle des prix du pétrole et l’importance des stocks.
Pour l’avenir, la croissance étant globalement en passe d’atteindre l’objectif fixé, les dirigeants chinois préservent pour l’instant une certaine souplesse dans leur politique et ne semblent pas pressés de mettre en place de nouvelles mesures de relance économique. Toutefois, si les risques de ralentissement devaient se concrétiser, les décideurs politiques sont bien placés pour adapter leur approche en conséquence.
Ce que nous surveillons
La surperformance des actions chinoises observée au cours de l’année écoulée a commencé à s’estomper, en particulier par rapport à leurs homologues nord-asiatiques, dans un contexte de convergence de facteurs défavorables, notamment l’absence de réaffectation significative de l’épargne vers le marché et une sous-pondération de la Chine dans les portefeuilles des investisseurs étrangers en actions. Nous surveillerons de près si le second semestre 2026 offre un contexte plus favorable au marché des actions.
Conséquences pour le marché
Nous prévoyons que le yuan chinois restera solide à l’avenir, soutenu par le fort excédent commercial du pays et les flux de conversion de devises des entreprises.
Le ratio de règlement en devise chinoise affiche une tendance à la hausse, ce qui laisse entrevoir une bonne résistance du yuan
Marchés émergents : faire face aux risques de stagflation
Les économies des marchés émergents ont fait preuve d’une résilience remarquable face au choc des prix de l’énergie, les révisions à la baisse du PIB étant jusqu’à présent relativement modérées. À l’avenir, si les incertitudes géopolitiques puissent continuer de peser sur les perspectives, plusieurs facteurs favorables pourraient contribuer à atténuer l’incidence négative sur la croissance économique.
Les incertitudes liées aux droits de douane et à d’autres politiques se sont atténuées par rapport aux pics atteints lors du « jour de la libération » de 2025, ce qui a stimulé le volume du commerce mondial et la confiance générale des marchés. De plus, le supercycle actuel de l’IA et des technologies continue de soutenir une demande mondiale robuste. La politique budgétaire de nombreux marchés émergents, bien qu’elle fasse l’objet d’un assainissement progressif visant à reconstituer des réserves, reste suffisamment souple pour apporter un soutien ciblé là où cela s’avère nécessaire.
Cela dit, les perspectives pour les marchés émergents pourraient être de plus en plus divergentes au cours des prochains mois, d’autant plus si le conflit au Moyen-Orient ne prend pas fin rapidement : les pays exportateurs d’énergie et les économies bénéficiant d’une croissance tirée par l’IA pourraient afficher de meilleurs résultats que les pays importateurs d’énergie et les économies confrontées à des contraintes structurelles et peu exposées aux retombées favorables de l’IA.
Ce que nous surveillons
La menace croissante d’inflation, y compris ses répercussions indirectes sur les indices de base et les anticipations d’inflation, conjuguée à des perspectives de croissance plus modérées, place la plupart des banques centrales des marchés émergents dans une situation délicate. Si la sagesse conventionnelle invite les décideurs politiques à ne pas tenir compte des chocs exogènes, la détérioration des termes de l’échange et les risques accrus de répercussion de l’inflation pourraient déclencher une dangereuse boucle de rétroaction qui pourrait aggraver la faiblesse des monnaies et peser sur la croissance.
De ce fait, de nombreuses banques centrales des marchés émergents ont adopté une orientation plus restrictive. Nous continuerons de surveiller la manière dont leurs réponses pourraient diverger alors qu’elles font face au défi que représente la gestion des risques de stagflation.
Conséquences pour le marché
La surperformance durable des actions des marchés émergents dépendra d’un affaiblissement du dollar américain, de la poursuite du cycle de l’IA et d’un contexte durable favorable à l’industrie manufacturière et au commerce.
Plusieurs banques centrales des marchés émergents devraient relever leurs taux dans les mois à venir
Variations implicites des taux directeurs à un an
Renseignements importants
Renseignements importants
L’indice composé S&P/TSX est l’indice de référence canadien qui suit les rendements des sociétés cotées à la Bourse de Toronto (TSX). L’indice des prix à la production (IPP) suit la variation moyenne des prix de vente pratiqués par les producteurs nationaux de biens et de services au fil du temps. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice.
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