Réponses à vos principales questions de placement… parce que vous l’avez demandé...

Maintenant que la nouvelle année est commencée, mais que la pandémie n’est toujours pas maîtrisée, les investisseurs peuvent ressentir une certaine nervosité quant à l’état des choses et à l’éventuel retour à la normalité. Plusieurs signes nous indiquent toutefois que nous allons dans la bonne direction. Compte tenu des campagnes de vaccination en cours à l’échelle mondiale, de l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement aux États-Unis, d’une intervention mieux coordonnée à l’égard de la COVID-19 au sud de la frontière et d’une forte reprise des marchés en Asie, il y a plusieurs bonnes raisons d’être optimiste en 2021.

Sachant que les investisseurs s’interrogent encore, l’équipe Stratégie des marchés des capitaux, dirigée par Philip Petursson, stratège en chef des placements à Gestion de placements Manuvie, a compilé un nouvel ensemble de questions importantes de la part des conseillers. Il s’est entretenu avec Macan Nia et Kevin Headland au sujet des effets de l’augmentation des niveaux d’endettement des gouvernements, de l’équilibrage des portefeuilles et des marchés émergents, entre autres.

Ces questions sont tirées d’un récent épisode du Balado acoustique sur les placements : « Parce que vous l’avez demandée... deuxième partie ». Il s’agit de la suite d’une foire aux questions que vous pouvez consulter ici.

Commençons!

Quelles sont les répercussions de l’augmentation de l’endettement des gouvernements attribuable aux mesures de relance liées à la COVID-19?

Si la dette publique augmente au Canada et aux États-Unis, on s’attend à des répercussions minimes sur le rendement des marchés. En définitive, la relance budgétaire pourrait atténuer la baisse des taux de change au Canada et aux États-Unis et entraîner une légère hausse des taux d’intérêt. Cependant, elle n’est pas susceptible de donner lieu à des fluctuations extrêmes ou inattendues.

Fait encore plus important, les investisseurs devraient tenir compte des conséquences de ne pas investir dans les actions. Les niveaux d’endettement des gouvernements ont tendance à avoir très peu d’incidence sur les sociétés dont les actions se négocient sur les marchés boursiers. En cas d’inquiétude, il convient d’examiner la répartition de l’actif au sein du portefeuille d’un client et d’évaluer le risque. Pour les investisseurs, le risque est supérieur en ce qui a trait aux obligations d’État et inférieur en ce qui a trait aux titres de créance et à rendement élevé. Nous envisageons donc de privilégier ceux-ci cette année. L’immobilier, les produits de base et les actions de sociétés capables de faire face à la hausse de l’inflation peuvent offrir une bonne protection. Dans le pire des cas, la meilleure chose à faire est de détenir des actions et des actifs réels qui prospéreront dans un contexte inflationniste. Traditionnellement, les actifs réels comme l’or offrent une protection contre l’inflation, et les entreprises qui ont un pouvoir de fixation des prix sur le marché peuvent ajuster ceux-ci en fonction de l’inflation.

Le scénario le plus pessimiste, qui a très peu de chances de se concrétiser en Amérique du Nord, serait que les gouvernements ne soient pas en mesure de rembourser leur dette, ce qui entraînerait une hausse spectaculaire des taux d’intérêt et une dévaluation potentielle de la monnaie. Ce scénario s’est déjà produit par le passé au Zimbabwe, au Venezuela, en Russie et en Argentine.

Les banques centrales du Canada ou des États-Unis appliqueront-elles des taux d’intérêt négatifs?

Après avoir examiné l’efficacité de la stratégie de taux négatifs dans d’autres régions du monde, comme en Europe et au Japon, l’équipe Stratégie des marchés des capitaux est d’avis qu’il s’agit essentiellement d’une expérience ratée, qui n’a que peu ou pas d’incidence sur la croissance économique ou l’inflation. Dans les pays où les taux d’intérêt sont négatifs, le secteur bancaire est moins rentable, ce qui le rend plus vulnérable.

Les taux négatifs peuvent aussi avoir un effet psychologique important. Lorsque les taux d’intérêt diminuent, les consommateurs qui souhaitent emprunter des fonds peuvent choisir d’attendre en espérant que la baisse s’accentue. À l’opposé, la peur de rater une occasion a tendance à inciter les emprunteurs à agir rapidement quand les taux d’intérêt augmentent.

Dans quelle mesure une reprise du secteur des services est-elle importante pour soutenir une reprise globale?

La lettre K suggère que certains secteurs de l’économie connaissent une forte reprise, contrairement à d’autres. Chaque reprise économique sera inégale. Au cours de la crise boursière de 2008, les secteurs des services financiers, du logement et de la fabrication ont été les plus durement touchés. Cette fois-ci, ce sont ceux de l’hôtellerie et du voyage qui supportent le poids des fermetures liées à la pandémie.

Bien que douloureux pour les entreprises concernées et leurs employés, le ralentissement actuel du secteur des services a une incidence moindre sur le rendement global du marché boursier, le secteur manufacturier y étant surpondéré. Effectivement, plus de la moitié des sociétés constituant l’indice S&P 500 entretiennent un lien fort avec le secteur manufacturier.

Cela souligne également l’importance d’une gestion active du portefeuille et d’une bonne compréhension des occasions existantes ou des rajustements nécessaires en fonction des objectifs de rendement des sociétés et de leur influence possible sur les cours boursiers. Les actions des transporteurs aériens, croisiéristes et hôtels risquent d’être déprimées durant cette période de fermetures, tandis que celles des services de diffusion en continu et des entreprises de livraison atteignent de nouveaux sommets.

La pandémie crée également de nouvelles synergies et sources de revenus intéressantes dans le secteur traditionnel des services. Outre les repas à emporter, beaucoup de restaurateurs offrent maintenant des aliments essentiels, des boîtes-repas et la livraison gratuite sur les commandes d’une valeur supérieure à un certain montant. Et en plus du mode d’achat « cliquer et ramasser », un nombre grandissant d’épiceries proposent la livraison à domicile.

Jetez un coup d’œil à l’article du magazine Solutions intitulé « Ne vous méprenez pas : marché boursier et économie ne sont pas synonymes » afin de comprendre pourquoi nous ne devrions pas confondre les termes marché boursier et économie.

Le marché délaissera-t-il les actions de croissance en faveur des actions de valeur en 2021?

La question de savoir si une société ou un secteur en particulier est considéré comme appartenant à la catégorie de croissance ou de valeur est sujette à interprétation. Une meilleure façon de voir les choses consiste à examiner comment une société s’organise pour réussir par l’entremise de sa croissance et de sa valorisation. Il s’agit de dénicher de bonnes sociétés qui connaissent une croissance constante et de faire attention aux survalorisations. Si vous payez trop cher, vos rendements en écoperont.

Le secteur des services financiers, entre autres, n’a pas rebondi aussi fortement que le reste du marché en 2020, en raison notamment des retards et reports de remboursement des prêts qui ont influé sur la rentabilité. La pandémie a toutefois favorisé les titres des secteurs de la santé et des technologies. Le virage numérique, la forte demande à l’égard des vidéoconférences en ligne, la mise au point rapide de vaccins, la fabrication d’équipement de protection individuelle et l’innovation en matière de traitement médical pour les personnes atteintes de la COVID-19 ont contribué aux excellents rendements.

Quelles sont les perspectives à l’égard des marchés émergents pour les 12 à 18 prochains mois?

Les marchés émergents, en particulier l’Asie, qui représente 70 % de l’indice des marchés émergents, constituent des occasions de placement intéressantes à plusieurs égards. Les gouvernements de la Chine, de Taïwan, de la Corée et du Vietnam ont très bien géré la pandémie, à tel point qu’ils ont renoué avec la croissance. Non seulement ils se sont remis des mesures de confinement du début de 2020, mais ils ont pris de l’avance sur l’Amérique du Nord et l’Europe, surtout la Chine et Taïwan.

Il y a beaucoup d’éléments positifs à considérer lorsqu’il est question de l’Asie comme source de croissance économique. En plus d’abriter 60 % des habitants de la Terre et de générer 20 % du PIB mondial, elle a une classe moyenne grandissante qui demande des produits et services, une main-d’œuvre solide et une population en expansion qui rivalise avec d’autres régions où celle-ci diminue et vieillit.

Nous devons devenir plus à l’aise d’investir dans cette partie du monde et laisser tomber la croyance voulant que les placements asiatiques soient risqués. Certes, les marchés fluctueront, mais dans l’ensemble, il existe d’excellentes occasions.

Quel est l’avenir du portefeuille 60/40?

Traditionnellement, le portefeuille 60/40 a généré des rendements corrigés du risque optimaux, les 40 % de titres à revenu fixe équilibrant la volatilité des 60 % d’actions. Et à l’approche de la retraite, la pondération des titres à revenu fixe augmente pour plus de stabilité. Cependant, puisque les Canadiens vivent plus longtemps et qu’ils ont donc besoin d’une épargne-retraite supérieure, le volet croissance est également important.

Ce qu’il faut réévaluer, ce sont les besoins de revenu à la retraite, autrement dit, la part du portefeuille consacrée aux titres à revenu fixe pendant cette période et les titres qui la composent. Il existe d’autres options que les obligations d’État à long terme traditionnelles qui offrent une stabilité, mais qui ne génèrent pas de gros rendements, comme les titres de créance de sociétés. Les obligations à rendement élevé et celles des marchés émergents offrent également des occasions de croissance intéressantes dans la sphère des titres à revenu fixe. Compte tenu de la faiblesse actuelle des taux d’intérêt, qui devrait persister pendant une dizaine d’années, un portefeuille surpondéré en titres à revenu fixe pourrait entraîner des difficultés en termes de rendements attendus.

Il conviendrait peut-être de réorienter la réflexion concernant les portefeuilles et la retraite. Doit-on automatiquement augmenter la pondération des titres à revenu fixe à la retraite ou maintenir la surpondération des actions (comme c’est le cas avant la retraite)? Il se pourrait bien qu’on se détourne de l’approche traditionnelle afin de maximiser les rendements à la retraite. Néanmoins, tout ne tourne pas autour de la répartition de l’actif. Il pourrait aussi être nécessaire d’examiner le type de titres à revenu fixe détenus dans les portefeuilles. Au sein de la portion de 40 % de titres à revenu fixe, les titres de créance de sociétés et à rendement élevé pourraient occuper une place plus importante. Par ailleurs, à la retraite, pour la portion de 60 % d’actions, ce pourrait être le type d’actions qui fait toute la différence. Les actions de sociétés à grande capitalisation versant des dividendes et affichant de solides fondamentaux pourraient remplacer certains des actifs à forte croissance plus risqués du portefeuille au moment de la préretraite. La répartition 60/40 resterait la même, mais le profil de risque changerait.

L’augmentation des taux d’intérêt entraîne généralement la diminution des cours obligataires. Plus la durée moyenne des obligations détenues dans un fonds est longue, plus le fonds risque d’être sensible aux fluctuations des taux d’intérêt. Le rendement d’un fonds fluctue en fonction de la variation des taux d’intérêt.

Le risque de change s’entend du risque que la fluctuation des taux de change ait un effet négatif sur la valeur des placements détenus dans un fonds.

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Kevin Headland

Kevin Headland, 

Stratège principal des placements

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Macan Nia

Macan Nia, 

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Philip Petursson

Philip Petursson, 

Stratège en chef des placements et chef, Recherche de placements, Marchés des capitaux

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