Ennuyant, assommant et répétitif… voilà qui décrit bien les placements dans les sociétés de grande qualité qui génèrent des dividendes

« Si vous vous amusez en investissant, si vous avez du plaisir, vous ne faites probablement pas d’argent. Les bons placements sont ennuyeux. »

– George Soros

Quelles que soient les causes d’une récession et ses nuances, les sociétés de grande qualité qui génèrent ou versent des dividendes obtiennent de bons rendements avant, pendant et après une récession. Puisqu’il est impossible de « prévoir une récession », une répartition de l’actif parmi un éventail de sociétés de qualité qui génèrent des dividendes est importante pour les rendements corrigés du risque.

Les rumeurs concernant une récession se sont amplifiées après l’annonce surprenante d’une contraction de l’économie américaine de 1,4 %, sur une base désaisonnalisée et annualisée, au premier trimestre de 2022. Malgré la surprise causée par le résultat négatif, il est peu probable qu’une récession typique se produise en 2022.

L’intensification de ces rumeurs (pas notre scénario de base) a entraîné des questionnements sur les rendements sectoriels lors des récessions précédentes. Les données pour les secteurs de la classification industrielle mondiale standard (GICS) de l’indice S&P 500 ne remontent pas plus loin que 1990, puisqu’elles sont disponibles seulement à partir du 11 septembre 1989, selon le site Web de S&P Global. Puisque les données sont limitées, voici les trois récessions qui ont été étudiées : 1990-1991, la bulle technologique et la crise financière mondiale. Nous n’avons pas examiné la « récession » provoquée par la COVID, qui s’explique d’elle-même. Nous avons examiné le rendement sectoriel un an avant la récession, là où c’était possible, pendant la récession et un an après la récession. Il convient de signaler que des nuances, définies à l’annexe du présent article, ressortent de la comparaison des contextes.

Il n’est pas étonnant de constater, dans les tableaux ci-dessous, le manque de cohérence entre les secteurs au cours des différentes périodes de récession. Comme mentionné précédemment, chaque période comporte ses propres nuances. L’indice S&P 500 Dividend Aristocrats¹ a été inclus comme indicateur pour les sociétés de qualité. Les résultats ont été très révélateurs. Le tableau ci-dessous indique le classement de l’indice S&P 500 Dividend Aristocrats pour chacun des dix secteurs GICS au cours de chaque période de récession. Plus le nombre est bas, plus le classement est élevé. Par exemple, l’indice S&P 500 Dividend Aristocrats s’est classé au premier rang, devant les 10 secteurs GICS, au cours de la bulle technologique. Quels que soient le genre de récession et ses caractéristiques particulières, les sociétés de qualité qui génèrent et qui versent des dividendes ont enregistré de bons rendements avant, pendant et après la récession.

Classement comparatif des rendements de l’indice S&P 500 Dividend Aristocrats et des secteurs GICS de l’indice S&P 500

Rendement des secteurs un an avant, pendant et un an après la récession de 1990 (juillet 1990 – mars 1991), la bulle technologique (mars 2001 – novembre 2001) et la crise financière mondiale (décembre 2007 – juin 2009)

  1990 La bulle technologique

Crise financière mondiale

Un an avant la récession

4* 4 9

Pendant la récession

3 1 2

Un an après la récession

3 1 3

* En raison de la disponibilité des données, les rendements indiqués pour cette période commencent à la date de création respective de l’indice. Celle des secteurs GICS de l’indice S&P 500 est le 11 septembre 1989 et celle de l’indice S&P500 Dividend Aristocrats, le 1er janvier 1990.

Sources : Équipe Stratégie des marchés des capitaux, Bloomberg et Gestion de placements Manuvie, au 30 avril 2022. Le tableau montre le classement sur onze groupes : les dix secteurs GICS de l’indice S&P 500 et l’indice S&P500 Dividend Aristocrats. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. 

Qu’entend-on par dividendes de grande qualité?

  • Des dividendes soutenus par des sociétés dont les bénéfices résistent aux différents cycles économiques (revenus récurrents très probables)
  • Des dividendes soutenus par une société qui peut investir dans la croissance interne tout en augmentant ses marges
  • Des dividendes soutenus par une société qui a un pouvoir de fixation des prix et des occasions d’accroître sa part de marché
  • Des dividendes versés par des sociétés dont le rendement des capitaux propres est élevé et constant

Au cours des prochains mois, l’inflation devrait probablement atteindre son apogée et commencer à diminuer par rapport à son niveau actuel de 8,6 % mesuré par l’indice des prix à la consommation. Il est peu probable qu’elle diminue suffisamment pour atteindre son niveau d’avant la pandémie puisque les salaires ont augmenté, ainsi que les coûts de l’énergie et de la nourriture. L’inflation sera préoccupante tout au long de 2022, mais elle ne fera pas l’objet d’autant d’attention qu’en ce moment.

Comme l’illustre le graphique ci-dessous, les sociétés de qualité qui génèrent des dividendes surclassent leurs homologues américains à grande capitalisation dans la plupart des contextes inflationnistes. Comme l’inflation devrait rester supérieure à 3 % au cours de la prochaine année, les sociétés de qualité qui génèrent des dividendes devraient bien performer.

Rendement prévisionnel sur un an en période d’inflation
Depuis 1990
Ce graphique montre les rendements sur un an de l’indice S&P 500 Dividend Aristocrats et de l’indice S&P 500 en période d’inflation d’une durée de moins d’un an jusqu’à plus de quatre ans.
Sources : Équipe Stratégie des marchés des capitaux, Bloomberg et Gestion de placements Manuvie, au 30 avril 2022. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs.

2022, une année jonchée de risques

Ce n’est pas le contexte économique mondial le plus grave, mais c’est l’un des plus complexes. Le contexte complexe comprend des niveaux d’inflation mondiale inégalés depuis des décennies, des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, le conflit en Europe et le confinement lié à la COVID-19 en Chine. Malgré les incertitudes, nous avons constaté les avantages qu’offrent les sociétés de qualité qui génèrent des dividendes depuis le début de l’année. L’indice S&P500 Dividend Aristocrats a enregistré un rendement inférieur seulement dans les secteurs de l’énergie, des services publics et des industries. Dorénavant, les sociétés de qualité qui génèrent des dividendes devraient être moins volatiles que celles du secteur de l’énergie et afficher une croissance supérieure à celles des secteurs des services publics et des infrastructures, qui sont normalement des secteurs très défensifs ayant peu de marge de croissance.

Comparaison des rendements des secteurs GICS de l’indice S&P 500 (USD)
avec ceux des indices S&P 500 Dividend Aristocrats (USD), S&P 500 (USD),
Nasdaq (USD) et S&P/TSX (CAD)

depuis le début de 2022
Ce graphique compare le rendement sectoriel de l’indice S&P 500 au rendement de l’indice S&P 500 Dividend Aristocrats depuis le début de 2022.
Sources : Bloomberg, Gestion de placements Manuvie et Équipe Stratégie des marchés des capitaux, au 31 mai 2022. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Les indices sont indiqués en orange et les secteurs, en bleu.

Quelles que soient la récession et ses nuances, les sociétés de qualité qui génèrent des dividendes obtiennent historiquement de bons rendements avant, pendant et après la récession. Puisqu’il n’est pas possible de « prévoir une récession », une répartition de l’actif parmi un éventail de sociétés de qualité qui génèrent des dividendes est importante pour les rendements corrigés du risque.

Annexe

Il convient de prendre note que la comparaison des environnements comporte des nuances, notamment les suivantes :

  • La répartition des rendements sectoriels est tellement vaste que la moyenne n’inspire pas nécessairement confiance.
  • Les types de sociétés comprises dans les secteurs ont évolué au fil du temps (p. ex., technologies de l’information).
  •  Les secteurs sont très hétérogènes. Les sociétés comprises dans les secteurs sont très différentes (p. ex., Best Buy et Hillenbrand).
  • Chaque période comporte ses propres nuances. Quels sont les taux d’inflation, les taux d’intérêt, les causes de la récession, etc.?
  • Il existe aujourd’hui de nouveaux secteurs qui n’existaient pas auparavant (p. ex., l’immobilier), des secteurs dont le nom a changé (les services de télécommunications sont devenus les services de communications) et des sociétés qui appartiennent à un autre secteur.
  • Il y a un biais de survie (certaines sociétés n’existent plus).

Rendement des secteurs un an avant, pendant et un an après la récession de 1990 (juillet 1990 – mars 1991), la bulle technologique (mars 2001 – novembre 2001) et la crise financière mondiale (décembre 2007 – juin 2009)

1990

 

Un an avant la récession

Pendant la récession Un an après la récession

Services financiers

-17 % 7 % 15 %

Énergie

18 % -3 % -13 %

Matières premières

-6 % -3 % 17 %

Produits industriels

4 % -1 % 10 %

Télécommunications

-3 % -1 % -3 %

Consommation discrétionnaire

-10 % 5 % 20 %

Consommation de base

18 % 20 % 13 %

Services publics

-1 % 4 % 3 %

Soins de santé

25 % 18 % 10 %

Technologies de l'information

-3 % 5 % -2 %

S&P 500 Dividend Aristocrats

7 % 14 % 16 %
En raison de la disponibilité des données, les rendements indiqués pour cette période commencent à la date de création respective de l’indice. Celle des secteurs GICS de l’indice S&P 500 est le 11 septembre 1989 et celle de l’indice S&P 500 Dividend Aristocrats, le 1er janvier 1990.

Bulle technologique

 

Un an avant la récession

Pendant la récession Un an après la récession

Services financiers

9 % -3 % -10 %

Énergie

4 % -11 % -9 %

Matières premières

-12 % 10 % -6 %

Produits industriels

-5 % 0 % -21 %

Télécommunications

-39 % -14 % -29 %

Consommation discrétionnaire

-18 % 0 % -15 %

Consommation de base

25 % 2 % -6 %

Services publics

32 % -29 % -34 %

Soins de santé

15 % 6 % -20 %

Technologies de l'information

-61 % 2 % -28 %

S&P 500 Dividend Aristocrats

15 % 11 % -5 %

Crise financière mondiale

 

Un an avant la récession

Pendant la récession Un an après la récession

Services financiers

-21 % -59 % 15 %

Énergie

32 % -38 % 0 %

Matières premières

20 % -41 % 12 %

Produits industriels

10 % -46 % 25 %

Télécommunications

8 % -38 % -2 %

Consommation discrétionnaire

-14 % -30 % 26 %

Consommation de base

12 % -20 % 10 %

Services publics

16 % -34 % 1 %

Soins de santé

5 % -25 % 7 %

Technologies de l'information

16 % -30 % 15 %

S&P 500 Dividend Aristocrats

-2 % -22 % 23 %
Sources : Équipe Stratégie des marchés des capitaux, Bloomberg et Gestion de placements Manuvie, au 30 avril 2022. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs.

1 L’indice mesure le rendement des sociétés du S&P 500 dont les dividendes ont augmenté au cours de chacune des 25 dernières années. L’indice considère chaque titre qui le compose comme une occasion de placement distincte, sans tenir compte de sa taille : le même poids est attribué à chaque société. 2 Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs et ne doivent pas servir de base à une décision de placement.

L’augmentation des taux d’intérêt entraîne généralement la diminution des cours obligataires. Plus la durée moyenne des obligations détenues dans un fonds est longue, plus le fonds risque d’être sensible aux fluctuations des taux d’intérêt. Le rendement d’un fonds fluctue en fonction de la variation des taux d’intérêt.

Le risque de change s’entend du risque que la fluctuation des taux de change ait un effet négatif sur la valeur des placements détenus dans un fonds.

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Macan Nia, CFA

Macan Nia, CFA, 

Co-stratège en chef des placements

Gestion de placements Manuvie

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Kevin Headland, CIM

Kevin Headland, CIM, 

Co-stratège en chef des placements

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