Tout est relatif

« Tout ce qu’il vous faut, c’est un plan, un itinéraire et le courage de vous rendre à destination. »

- Earl Nightingale

Malgré la vitesse sans précédent avec laquelle les écarts se sont élargis sur le marché obligataire (au cours de 13 jours de bourse depuis le 19 février) et la progression la plus marquée pour une catégorie d’actifs en un seul jour, soit le 9 mars, les obligations à rendement élevé se sont tout de même bien maintenues par rapport aux actions américaines. Depuis le dernier sommet atteint sur le marché le 19 février, le S&P 500 a perdu près de 19 % (à la clôture le 9 mars), tandis que les obligations à rendement élevé ont reculé d’environ 7 %, selon l’indice restreint des obligations américaines à rendement élevé ICE BofA. Depuis sa création à la fin des années 1980, la catégorie des obligations à rendement élevé a reculé environ deux fois moins que les actions américaines.

Ce graphique illustre le rendement de l’indice restreint des obligations américaines à rendement élevé ICE Bank of America et de l’indice de rendement total S&P 500 pour la période allant du 19 février au 9 mars 2020, ainsi que leur variation quotidienne du 6 au 9 mars 2020. L’indice des obligations américaines a enregistré un rendement supérieur à celui de l’indice S&P 500 pour les deux périodes : -6,69 % contre -18,89 % et -3,61 % contre -7,6 %, respectivement.

Je doute que quiconque aurait pu prévoir comment l’Arabie Saoudite allait réagir au refus de la Russie de réduire davantage sa production de pétrole. L’Arabie a répondu en augmentant sa production et en réduisant les prix de ses exportations à divers degrés à travers le monde, s’engageant ainsi dans une guerre totale. La Russie a ensuite décidé d’ouvrir les vannes à son tour. Ces décisions ont provoqué un choc massif sur les marchés des actions et des titres à revenu fixe le lundi 9 mars. Le prix du baril West Texas Intermediate a alors chuté de 25 % .

Il ne fait aucun doute que cette baisse des prix de l’énergie sera ressentie dans l’ensemble du marché des titres à rendement élevé. Le scénario de base de JP Morgan sur les défaillances suppose que le baril de pétrole brut se négociera à 40 $ US le baril en 2020 pour ensuite atteindre 50 $ US le baril en 2021-2022. Selon ce scénario, les défaillances cumulatives du secteur avoisineraient 24 %. Les analystes de JP Morgan estiment que, suivant ce scénario, les défaillances se produiraient principalement en 2021 et seraient concentrées dans les secteurs de l’exploration, de la production et des services pétroliers extracôtiers. Cependant, nous devons considérer ces hypothèses dans le contexte plus général du marché, car le secteur de l’énergie ne compte que pour 11 % des émissions de titres à rendement élevé. La contagion s’étendra probablement à d’autres secteurs étant donné le contexte actuel du crédit, les niveaux élevés d’endettement et le risque supplémentaire associé à la COVID-19. Néanmoins, il n’est pas justifié à notre avis d’éviter l’ensemble des titres à rendement élevé.

Étant donné les rendements minimums que procurent maintenant les obligations du Trésor américain et le faible rendement des obligations de la catégorie investissement, les titres à rendement élevé offrent un rendement relativement avantageux aux investisseurs à la recherche de revenus En chiffres relatifs, les obligations à rendement élevé donnent le triple du rendement des obligations de la catégorie investissement et 14 fois plus que les obligations du Trésor à 5 ans. Bien qu’une partie de ce rendement accru provienne des obligations notées CCC, les obligations notées BB et B dégagent tout de même des rendements respectifs de 5,3 % et de 7,8 %.

Ce graphique illustre le rendement actuel de l’indice restreint des obligations américaines à rendement élevé ICE Bank of America, de l’indice des obligations de sociétés américaines ICE Bank of America et des obligations du Trésor américain à 5 ans. Les taux de rendement actuels sont de 7,17 %, 2,46 % et 0,50 %, respectivement.

Dennis McCafferty, gestionnaire de portefeuille du Fonds d’obligations mondiales sans restriction Manuvie, formule le commentaire suivant : « Étant donné le rendement en baisse des obligations d’État et les titres de créance à rendement négatif qui comptent pour quelque 15 000 milliards de dollars américains à l’échelle mondiale, les participants du marché devraient s’intéresser de plus en plus aux obligations à rendement élevé dont le rendement avoisine 7 %. Aucun secteur n’a été épargné par la volatilité récente, et nous trouvons de nombreuses occasions de placements intéressantes. L’évolution de la COVID-19 demeurant très incertaine, nous investissons progressivement. »

Au cours de la dernière année, l’équipe Marchés des capitaux et Stratégie a privilégié une position plus défensive en utilisant les obligations à rendement élevé comme substitut aux actions, ce qui offre une meilleure protection en cas de baisse. Cette stratégie s’avère positive, surtout compte tenu des événements récents. Nous continuons de privilégier cette catégorie d’actif en raison de sa protection relative contre les baisses du marché et des possibilités de croissance qu’elle offre dans le contexte de toute reprise potentielle. Elle demeure également avantageuse pour les revenus qu’elle procure en comparaison d’autres catégories d’actif.

Cependant, il demeure essentiel de suivre une approche active et de savoir reconnaître les occasions relatives qui se présentent.

Kevin Headland, CIM
Stratège principal des placements

L’augmentation des taux d’intérêt entraîne généralement la diminution des cours obligataires. Plus la durée moyenne des obligations détenues dans un fonds est longue, plus le fonds risque d’être sensible aux fluctuations des taux d’intérêt. Le rendement d’un fonds fluctue en fonction de la variation des taux d’intérêt.

Le risque de change s’entend du risque que la fluctuation des taux de change ait un effet négatif sur la valeur des placements détenus dans un fonds.

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Kevin Headland, CIM

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Co-stratège en chef des placements

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Macan Nia, CFA

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