Nos perspectives 2021 sur le dollar canadien

Il n’existe aucun moyen d’être absolument certain d’une chose, mais il est possible d’en être presque certain.

– Lemony Snicket (dans Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire)

En cette fin d’année 2020, nos pensées se tournent vers l’année à venir et ce que nous réservent l’économie et le marché en 2021. Au cours des prochaines semaines, mon équipe et moi-même plancherons sur des centaines de graphiques, de séries de données et de modèles pour formuler nos perspectives annuelles et établir la répartition de l’actif.

Les marchés ne s’arrêtent jamais. À vrai dire, notre travail ne cesse pas non plus puisqu’il ne consiste pas seulement à produire des perspectives pour une année civile. La plupart de nos modèles financiers sont mis à jour chaque mois, voire chaque jour selon les données dont nous disposons. Par conséquent, nos perspectives sur 12 mois évoluent constamment au fil du temps. Nos points de vue à l’égard des monnaies en sont un bon exemple, car notre modèle de juste valeur est mis à jour en fonction de données quotidiennes.

Ainsi, en guise de prélude à nos perspectives plus complètes pour la prochaine année (et parce que nous avons reçu un certain nombre de questions ces derniers temps au sujet de nos points de vue sur le dollar canadien), nous exposons ci-après notre position sur la valeur actuelle du dollar canadien et sa valeur au cours des 12 prochains mois.

Survol

Nous avons récemment reçu de nombreuses questions au sujet de notre point de vue sur le dollar canadien et de nos perspectives pour 2021, la trajectoire du dollar canadien étant appelée à avoir une incidence sur les titres libellés en devises. Nous continuons de prévoir que le dollar canadien s’appréciera par rapport au dollar américain. Nos prévisions sont proches du niveau de 0,77 $ US que nous avions prévu plus tôt et, à notre avis, le dollar canadien pourrait atteindre, voire dépasser, 0,79 $ US pendant les 12 prochains mois (ou 1,30 $ CA – 1,265 $ CA). Les investisseurs devraient s’attendre à la poursuite de cette tendance à la hausse du huard, car nous prévoyons une période d’affaiblissement générale du billet vert et la remontée des prix du pétrole à court terme, celui-ci pouvant grimper à 50 $ US le baril.

Notre opinion

Nous continuons de souscrire aux trois principaux fondamentaux dont nous avons fait état plus tôt cet automne à l’occasion de notre conférence téléphonique sur le huard.

Nous croyons que le dollar américain continuera de se déprécier.

L’indice du dollar américain a chuté de près de 10 % depuis mars, en raison des importantes mesures de la Réserve fédérale américaine visant l’inflation monétaire. En vérité, les États-Unis ne sont pas le seul pays à recourir aux politiques budgétaires ou monétaires pour accroître la masse monétaire. Or, l’ampleur de l’expansion de la masse monétaire aux États-Unis éclipse celles des autres grands centres d’Europe, du Japon ou du Canada.

En règle générale, la masse monétaire de tout pays devrait croître en fonction de la croissance du PIB nominal. Cependant, il peut parfois arriver qu’elle soit augmentée ou réduite en s’appuyant sur une politique monétaire ou budgétaire. Si la masse monétaire de chaque pays augmentait au même rythme, les monnaies seraient moins susceptibles de fluctuer les unes par rapport aux autres. Mais lorsqu’un pays accroît sa masse monétaire plus rapidement que les autres, une dévaluation devrait se produire. Dans le cas qui nous intéresse, les États-Unis ont augmenté leur masse monétaire (mesurée par M2) beaucoup plus rapidement que les autres pays. Par conséquent, le dollar américain s’est déprécié. Selon nous, l’augmentation des déficits budgétaires, l’achat d’obligations par la Réserve fédérale et le déficit commercial devraient continuer d’exercer des pressions à la baisse sur le billet vert.

Ce graphique compare la masse monétaire M2 sur 12 mois à la croissance de la masse monétaire M2 sur 12 mois, de 2005 à aujourd’hui.
Ce graphique illustre l’évolution de l’indice du dollar US depuis le début de l’année, de décembre 2019 au 31 octobre 2020.

Les prix du pétrole sont inversement corrélés aux fluctuations du dollar américain; par conséquent, ils continueront de grimper.

La majorité des produits de base sont libellés en dollars américains. Lorsque la valeur du dollar américain baisse, les prix des produits de base tendent à augmenter. D’un point de vue statistique, le coefficient de détermination (R au carré) entre le pétrole et l’indice du dollar américain a été de 0,81 pendant les 10 dernières années alors que le R2 entre l’indice CRB Spot Commodity et l’indice du dollar américain a été de 0,82. (Pensez au Rcomme au degré de similitude entre deux variables. Dans ce cas-ci, les fluctuations du dollar américain expliqueraient environ 80 % de celles de l’indice CRB Spot Commodity au fil du temps.) Nous sommes d’avis que la valeur du dollar américain chutera et que la demande de pétrole reprendra à mesure que les économies recommenceront à ouvrir; ainsi, nous croyons que le prix du baril de pétrole brut augmentera, et que sa fourchette supérieure sera de 50 $ US le baril durant les 6 à 12 prochains mois.

Ce graphique compare l’indice CRB Commodity et l’indice du dollar US de 2010 à aujourd’hui.
Ce graphique compare les prix du pétrole à l’indice du dollar américain, de 2010 à aujourd’hui.

Le dollar canadien demeure une pétrodevise.

Nos travaux continuent de montrer que le dollar canadien demeure nettement plus sensible aux prix du pétrole qu’à d’autres facteurs. Bien que la corrélation quotidienne sur trois mois entre le prix du pétrole et le rapport dollar canadien-dollar américain se soit atténuée au début de l’automne, elle s’accentue de nouveau (elle s’établit actuellement à 0,43). Regardons les choses sous un autre angle : notre modèle de juste valeur pour la corrélation entre le huard et les prix du pétrole a fait ressortir un écart moyen de 0,0001 $ US depuis la fin de juillet. D’après nos constatations, il est difficile de réfuter l’incidence des prix du pétrole sur le dollar canadien.

Depuis quelques années, les fluctuations du huard ont profité de la corrélation entre ce dernier et l’écart de taux d’intérêt entre le Canada et les États-Unis. Toutefois, il semble que cette relation – entre le dollar canadien et l’écart de taux sur deux ans – se soit effritée durant les derniers mois. Donc, pour avoir une idée précise de l’orientation du huard par rapport au billet vert, nous recommandons d’accorder une attention particulière aux prix du pétrole. Cette approche permettra de cibler non seulement les données fondamentales de l’offre et de la demande et les positions spéculatives dans des contrats à terme, mais aussi la trajectoire du dollar américain et des facteurs sous-jacents. En bref, la dépréciation générale du dollar américain entraînera une hausse des prix du pétrole et, parallèlement, une appréciation du huard par rapport au billet vert.

Ce graphique montre la corrélation sur trois mois entre le taux de change dollar canadien-dollar américain et l’écart de taux des obligations à deux ans, de novembre 2017 à aujourd’hui.
Voici un graphique comparant le taux de change des dollars canadien et américain à notre modèle de juste valeur du taux de change par rapport aux prix du pétrole, de novembre 2010 à aujourd’hui. Il y a une forte corrélation entre la tendance du taux de change et le modèle; dans les deux cas, des fluctuations à la hausse ont été observées au cours des derniers mois après le recul du marché qui a suivi l’apparition de la COVID-19 au début de 2020.

Considérations relatives aux marchés

Globalement, nous maintenons notre opinion en ce qui concerne l’appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain. Comme le huard devrait atteindre le niveau de 0,77 $ US à très brève échéance en raison de la poursuite de la remontée des prix du pétrole, nous estimons que le dollar canadien pourrait franchir, voire dépasser le cap des 0,79 $ US durant les 6 à 12 prochains mois. Compte tenu du contexte actuel de faibles rendements, dans lequel, à notre avis, les taux d’intérêt à long terme pourraient augmenter pendant la prochaine année, nous sommes d’avis que le rapport entre dollar canadien et le dollar américain aura une importance capitale pour les investisseurs dans les titres à revenu fixe. La marge de manœuvre dont on dispose pour composer avec des facteurs défavorables aux taux de change est mince, compte tenu du fait que les obligations du Trésor américain à 10 ans ont gagné 0,25 % au cours des trois derniers mois. Par conséquent, nous continuons d’insister sur l’importance des stratégies de couverture pour les investisseurs en titres à revenu fixe canadiens afin de protéger le rendement.

L’augmentation des taux d’intérêt entraîne généralement la diminution des cours obligataires. Plus la durée moyenne des obligations détenues dans un fonds est longue, plus le fonds risque d’être sensible aux fluctuations des taux d’intérêt. Le rendement d’un fonds fluctue en fonction de la variation des taux d’intérêt.

Le risque de change s’entend du risque que la fluctuation des taux de change ait un effet négatif sur la valeur des placements détenus dans un fonds.

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Kevin Headland, CIM

Kevin Headland, CIM, 

Co-stratège en chef des placements

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Macan Nia, CFA

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