Pour paraphraser James Carville, c’est l’économie axée sur les actions, stupide!

Il reste encore quelques éléments fonctionnels dans l’économie actuelle.

C’est avec réticence que nous avons laissé partir l’été. Le beau temps nous a permis de sortir de notre cocon tissé pour nous protéger de la COVID-19 et de profiter de l’extérieur. Le soleil brillait, le temps nous invitait à sortir et les marchés ont été coopérants. À la fin du mois d’août et au début du mois de septembre, je me souviens avoir souvent entendu dire : « Je ne sais pas ce qu’on va faire cet hiver », avec l’acceptation générale qu’une possible deuxième et même troisième vague de COVID-19 renforcerait la distanciation sociale. Ce que j’en pense? Tout comme il y a eu une ruée sur les vélos, les piscines et les spas, cet hiver, il y aura une pénurie de matériel de ski (ski alpin et ski de fond), de motoneiges et de vélos à pneus surdimensionnés. Mon conseil – surtout pour moi-même – est de profiter de l’occasion.

Pour ce qui est des marchés boursiers, les mois de juillet et d’août ont été marqués par l’amélioration des données économiques, tandis que septembre a été conforme à la norme saisonnière. L’indice S&P 500 a dégagé un rendement trimestriel de 8,47 % (en $ US), et ce, après avoir perdu 3,92 % en septembre. Comme cela a été mentionné dans d’autres articles, septembre est traditionnellement un mois plus difficile pour les marchés. Depuis 1950, le rendement du marché boursier en septembre a été négatif 52 % du temps, avec un rendement moyen de -0,43 %. Si les marchés boursiers devaient connaître une certaine volatilité après que l’indice S&P 500 eu progressé de 60 % depuis son creux du 23 mars, il était presque sûr qu’elle surviendrait en septembre. Cependant, sachant que le mois de septembre a tendance à être plus volatil, et ayant une meilleure idée du stade de la reprise économique, nous ne pouvions faire autre chose que profiter de la faiblesse du marché. Il en va de même concernant le mois d’octobre, car depuis 1952, c’est le mois pendant lequel le marché dégage sa plus mauvaise performance lors des années électorales. J’y reviendrai plus tard.

La vigueur de la reprise du marché boursier a laissé de nombreux investisseurs perplexes. Étant donné que la pire catastrophe économique de notre vie venait de se produire, comment les marchés boursiers pourraient-ils non seulement se redresser en si peu de temps, mais atteindre de nouveaux records? Tout d’abord, nous ne prétendons pas avoir prédit une reprise complète comme celle qui a eu lieu. Les données passées suggéraient que les actions ne se redresseraient pas complètement avant que l’année 2021 ne soit déjà bien avancée. Cependant, les circonstances entourant la récession (qui, selon nous, est terminée au Canada et aux États-Unis) étaient très différentes de tout ce que nous avons connu de notre vivant. Comme nous l’avons écrit au début de la pandémie, il s’agit davantage d’un événement perturbateur que destructeur. Par conséquent, bien que nous soyons surpris de la rapidité avec laquelle le marché s’est redressé, nous comprenons pourquoi. C’est pour ces mêmes raisons que nous sommes optimistes à l’égard des rendements boursiers au cours des 12 prochains mois.

La forme que prendra la reprise économique a fait l’objet de nombreuses discussions. Les plus récentes font état d’une reprise « en forme de K ». Elle est décrite ainsi parce que certains secteurs de l’économie se redressent bien – comme les secteurs du logement et de la fabrication – tandis que d’autres mettent plus de temps à se relever – en particulier, les secteurs des services. À ce sujet, nous avons deux choses à dire. Tout d’abord, chaque reprise est une reprise « en forme de K ». La reprise n’a jamais été uniforme dans tous les secteurs. En fait, nous sommes d’avis que la reprise qui a suivi la grande crise financière a également été une reprise « en forme de K » selon cette définition; la différence est que c’était le secteur des services qui a mené la reprise.  Puis, le génie en mathématique en moi demande : « Ne vaudrait-il pas mieux utiliser « < » (signe indiquant « inférieur à ») comme la forme appropriée? » On pourrait alors parler de « moins rapide que la reprise ». Moins que parfait. Moins qu’optimal. Je m’écarte du sujet.

Il y a l’économie, et il y a l’économie axée sur les actions.

Au trimestre dernier, nous avons écrit : « On adore ça quand les marchés prennent de la valeur, mais on aime aussi savoir que les cours ont une bonne raison de progresser – parce que les bénéfices augmentent (ou augmenteront). » Nous avons vu ces signes au cours des derniers mois. Pour comprendre cela, il faut segmenter l’économie et rajuster notre vision. Le marché boursier n’est pas l’économie. Cette phrase a été répétée à maintes reprises. Certains aspects de l’économie sont importants pour le marché boursier, mais il y a de nombreux autres aspects qui ne le sont pas. Les investisseurs doivent se concentrer sur les aspects de l’économie qui sont importants pour le marché, car les autres les guideront dans la mauvaise voie.

Récemment, nous nous sommes fiés à d’autres sources de données pour avoir une nouvelle perspective adaptée à la situation actuelle. Google Trends est une excellente source pour découvrir ou vérifier les tendances qui facilite l’analyse de l’économie et des marchés. Par exemple, deux récentes tendances dans les recherches effectuées soulignent l’amélioration des données sur le chômage, mais aussi la vigueur persistante du marché du logement.

Ce graphique illustre les données de Google Trends sur les recherches effectuées dans Google pour savoir « comment s’inscrire au chômage » aux États-Unis, du 29 septembre 2019 au 31 août 2020. On note une forte augmentation de la fin de février 2020 à la fin de mars 2020, puis une baisse marquée jusqu’à la fin d’avril 2020, qui se poursuit plus lentement jusqu’en mai 2020 et par la suite.
Ce graphique illustre le rapport mensuel sur les emplois non agricoles aux États-Unis, de mars 2020 à juillet 2020. Il y a une forte baisse au mois d’avril, et une petite augmentation tous les mois par la suite.

Les récentes données sur le chômage continuent d’indiquer une reprise de l’emploi aux États-Unis. Le rapport de septembre sur les emplois non agricoles aux États-Unis a révélé qu’un peu plus de la moitié des emplois perdus en mars et en avril ont été récupérés. Ce qui est encourageant est que les recherches dans Google sur la manière de s’inscrire au chômage, qui avaient atteint un sommet en mars, sont en baisse constante. Nous ne sommes pas de retour à la situation d’avant la COVID (2 % du nombre le plus élevé de recherches), mais le niveau actuel (6 % de ce même nombre) laisse présager que l’amélioration va se poursuivre.

Bien que le rythme de l’amélioration puisse ralentir, les créations d’emplois et l’amélioration du taux de chômage sont beaucoup plus rapides que ce qui a pu être observé à la suite de la grande crise financière. Le taux de chômage est passé de 14,7 % à 7,9 % en cinq mois, la moitié des emplois perdus ayant été récupérés. Lorsque le chômage a atteint 10 % et qu’il y avait 8,7 millions de chômeurs, en octobre 2009, il a fallu 28 mois pour récupérer la moitié des emplois perdus et 35 mois pour que le taux de chômage tombe à 7,8 %.

Les données sur le logement sont également un élément positif de cette économie. L’un de nos indicateurs d’une récession est le recul des mises en chantier. Mis à part les mesures de confinement liées à la COVID, l’activité sur le marché du logement a été plus intense qu’elle n’a été ces dernières années. Ce n’est certainement pas le signe d’une économie en difficulté. Pendant les mois de juin, juillet et août, la recherche « acheter une maison » dans Google a atteint un sommet en cinq ans. Les mises en chantier sont revenues à leur niveau pré-COVID. Le logement est essentiel à la reprise de l’économie et du marché boursier.

Ce graphique illustre les données de Google Trends concernant la recherche « acheter une maison » aux États-Unis, d’octobre 2015 à juillet 2020.
Ce graphique illustre les mises en chantier aux États-Unis, de septembre 2005 à avril 2020. On constate une augmentation constante entre mars 2009 et le début de 2020, ainsi qu’une forte baisse au début de 2020, suivie d’une augmentation presque aussi marquée à partir d’avril 2020.

Selon nous, même si les données économiques ne sont pas toutes orientées dans la bonne direction, certaines des données les plus importantes pour les marchés boursiers suivent une tendance favorable — notamment les ventes au détail, les commandes de biens durables et les indices des directeurs d’achats, pour n’en nommer que quelques-unes. L’évaluation de la situation économique actuelle peut être comparée à des montagnes russes. Un stratège des marchés et un économiste terminent un tour de montagnes russes. L’économiste est vert et se tient l’estomac; le stratège du marché sourit. Était-ce un bon tour de manège? La réponse dépend de la personne à laquelle vous posez la question.

Nos trois principaux thèmes n’ont pas beaucoup changé depuis le trimestre dernier

Notre scénario de base suppose une reprise économique graduelle, malgré toute résurgence de la COVID au cours des 12 prochains mois, mais peut-être à un rythme différent d’un pays à l’autre.

  • Nous nous attendons à une reprise complète des bénéfices de l’indice S&P 500 d’ici le quatrième trimestre de 2021 ou le premier trimestre de 2022. Nous prévoyons la même chose pour d’autres marchés.
  • Il est peu probable que la progression des marchés boursiers reflète la pleine reprise des bénéfices, car les ratios cours-bénéfice diminueront (comme c’est habituellement le cas en période de forte reprise des bénéfices).
  • Nous préférons les actions mondiales (américaines, internationales et des marchés émergents) aux actions canadiennes, car les prix du pétrole et la forte corrélation au secteur de l’énergie pèsent sur l’indice composé S&P/TSX.

La hausse de l’inflation sera l’un des principaux thèmes à surveiller en 2021.

  • Les courbes de taux devraient s’accentuer, car la reprise et les pressions inflationnistes causées par les mesures de relance budgétaire et monétaire feront grimper les taux à long terme.
  • Malgré la montée des pressions inflationnistes en 2021, les banques centrales maintiendront une politique conciliante tout au long de la période et elles ne chercheront pas à relever les taux avant le milieu de l’année 2022.
  • Les titres de créance dégageront un meilleur rendement que les obligations d’État et les titres de courte durée seront avantageux en raison de l’accentuation de la courbe des taux et du resserrement des écarts.

La dévaluation du dollar américain pourrait être une conséquence à long terme des mesures de relance monétaire et budgétaire.

  • Nous nous attendons à ce que le dollar américain continue de s’affaiblir face à un panier de devises, y compris le dollar canadien.
  • Ce dernier reste lié au pétrole et continue de s’apprécier par rapport au dollar américain.
  • L’or et les autres produits de base qui sont inversement corrélés au dollar américain continueront de grimper, ce qui contribuera à l’inflation.
  • Les titres de créance et les actions des marchés émergents sont avantagés par la dévaluation du dollar américain.

Nous pensons que c’est le moment de continuer à augmenter progressivement la pondération des actions de notre portefeuille modèle de 5 %, pour la porter à 65 % – ce qui amènera une légère surpondération des actions dans notre répartition de l’actif.

Nous sommes à la troisième phase du cycle du marché baissier

Récemment, nous avons exposé notre théorie selon laquelle la tendance du marché boursier passera par les trois phases du syndrome d’adaptation général. Ces trois phases sont l’alarme, la résistance et de l’épuisement. Nous suggérons que la phase de l’épuisement commence une fois que les ratios cours-bénéfice du marché ont atteint leur sommet. Cela ne veut pas dire que le marché boursier ne peut pas continuer de progresser pendant la phase d’épuisement, mais le gain sera un compromis entre les valorisations (recul des ratios cours-bénéfice) et la reprise des bénéfices.

Ces trois phases du cycle baissier du marché ont été clairement évidentes pendant les périodes de récession de 1973 à 1974, de 1980 à 1982, de 2000 à 2002 et de 2007 à 2009 (1990 étant l’exception). Dans chaque conjoncture, il a été possible de définir clairement chaque phase. Après une forte reprise à la suite d’un marché baissier (nouveau marché haussier), le marché entre dans une phase d’épuisement. Le ratio cours-bénéfice atteint un sommet qui correspond en général à la reprise des bénéfices. La deuxième phase peut être courte ou longue – elle a duré de 9 à 17 mois. Chaque fois, elle a pris fin lorsque le ratio cours-bénéfice a atteint un sommet. C’est alors que la phase d’épuisement commence. Il convient de vérifier si le nouveau sommet de l’indice S&P 500 (valeur de l’indice et ratio cours-bénéfice) atteint le 2 septembre a marqué la fin de la deuxième phase.

Malheureusement, il n’est possible de déterminer si le sommet a été atteint que bien plus tard. Cependant, nous commençons à voir plus de signes d’une reprise imminente des bénéfices. Les indices des directeurs d’achats mondiaux continuent de s’améliorer d’un mois sur l’autre. L’une de nos données préférées – la variation des exportations sud-coréennes sur 12 mois – est récemment devenue positive. Si nous sommes bien à la troisième phase de ce cycle de marché baissier, les rendements des deux prochaines années seront proches de la moyenne, en raison de la reprise des bénéfices. Il est logique de s’attendre, après la reprise fulgurante enregistrée, à ce que le futur rendement des actions soit dans la moyenne, dans un contexte de reprise économique modeste. Ce n’est pas une raison pour vendre les actions, mais c’est le moment de revoir les attentes de rendement.

Dans nos perspectives semestrielles, nous prévoyons que le rendement de l’indice S&P 500 sera de 5 % à 15 %, voire plus, d’ici fin 2021. Du 30 juin à la fin du trimestre, l’indice S&P 500 a progressé de 8,5 %. Nous pensons que le marché entre dans la phase d’épuisement et, par conséquent, les prévisions de rendement de l’indice au cours des prochaines années devraient être beaucoup plus proches de la moyenne (de 7 % à 9 %) et peut-être plus élevées si la reprise économique s’accélère.

Les placements à gestion passive ont donné de bons résultats pendant la reprise actuelle, mais les investisseurs pourraient être déçus si le marché évolue en dents de scie. Dans un tel contexte, nous croyons qu’une gestion active, qui met notamment l’accent sur la sélection des titres, est essentielle pour dégager un bon rendement durant la phase d’épuisement.

Ce graphique illustre la tendance du cours de l’indice S&P 500 et de son ratio cours-bénéfice sur 12 mois, de février à septembre 2020. Les deux valeurs ont affiché une tendance à la hausse constante de la fin de mars à la fin d’août, avec une légère baisse au moment où la reprise est possiblement entrée dans la phase d’épuisement.
Le graphique compare les exportations totales de la Corée du Sud sur 12 mois à la croissance des bénéfices de l’indice S&P 500 sur 12 mois, de 2000 à 2020. La tendance de ces deux données est presque la même chaque année, les exportations totales de la Corée du Sud affichant une tendance à la hausse peu après le milieu de 2020.

Les variations saisonnières et les élections pourraient entraîner la persistance de la volatilité

Nous avons commencé en mentionnant que le marché boursier est en général volatil en septembre. Cependant, durant les années électorales, alors que le rendement moyen du mois septembre depuis 1952 est négatif, le mois d’octobre tend à afficher le pire rendement l’année. Nous supposons que cette situation est attribuable à l’incertitude et au contexte politique épineux qui prévaut à l’approche des élections de novembre.

Les élections cette année pourraient être plus contestées qu’aucune autre par le passé. Compte tenu de la récente réponse, ou de l’absence de réponse, du président Trump à la question de savoir s’il accepterait les résultats du vote s’il perdait, nous pensons que ces élections sont un exemple parfait d’événement politique susceptible de causer de la volatilité. Les investisseurs auraient intérêt à se préparer à une augmentation de la volatilité jusqu’au 3 novembre, et peut-être même après, si le gagnant doit être déterminé par les tribunaux.

En ce qui concerne les résultats des élections, nous avons passé beaucoup de temps au cours des derniers mois à discuter des répercussions que pourraient avoir les élections sur les marchés boursiers. En vérité, nous ne donnons pas beaucoup d’importance aux élections ou ni à la composition du gouvernement. Cela peut donner l’impression que nous mettons de côté toutes les variables et les conséquences de la composition du gouvernement américain, un sujet qui peut susciter une réponse très passionnée de la part des investisseurs; toutefois, nos recherches ont montré qu’en fin de compte, cela n’a pas d’importance.

Nous avons passé de nombreuses heures à analyser les résultats des dernières élections et la performance du marché ainsi qu’à écouter les experts politiques et leurs points de vue. Nous avons examiné la composition de tous les gouvernements depuis 1945 et, dans tous les cas, les marchés boursiers ont progressé. Le rendement des marchés lorsque les républicains sont au pouvoir peut être différent du rendement des marchés lorsque les démocrates sont au pouvoir, mais les marchés progressent dans les deux cas. Nous croyons que cela s’explique par le fait que les bonnes entreprises trouvent le moyen de prospérer, quel que soit le contexte politique. Bien que la politique puisse susciter chez nous une réaction émotionnelle, nous devrions nous abstenir de laisser ces émotions influencer nos décisions de placement.

Le graphique illustre le rendement mensuel moyen de l’indice S&P 500 pendant les années d’élection, depuis 1952. Le mois d’octobre affiche le rendement moyen le plus faible.
Le graphique illustre le rendement total moyen de l’indice S&P 500 sous différentes configurations du gouvernement américain, depuis 1945. Le marché dégage le rendement moyen le plus faible lorsque le président est républicain et que le Congrès est démocrate, tandis qu’il affiche le rendement moyen le plus élevé lorsque le président est démocrate et le Congrès est républicain.

Compte tenu des variations saisonnières et des élections, nous prévoyons que la volatilité persistera jusqu’en novembre, jusqu’à ce que l’agitation politique se dissipe. Comme nous prévoyons que le rendement de l’indice S&P 500 sera de 5 % à 10 %, voire plus, au cours des 12 prochains mois, nous considérerions toute volatilité comme une occasion d’augmenter la pondération des actions.

Nous continuons de privilégier les actions américaines et internationales par rapport aux actions canadiennes. L’indice composé S&P/TSX a enregistré un rendement total de 4,73 % au troisième trimestre, soit un rendement inférieur à celui de l’indice S&P 500 (dont le rendement total en dollars canadiens a été de 6,62 %), mais supérieur à celui des actions internationales, représentées par l’indice MSCI EAEO (dont le rendement total en dollars canadiens a été 2,65 %). Nous continuons de croire que la progression de l’indice composé S&P/TSX sera entravée par la contre-performance du secteur de l’énergie. Nous prévoyons que les prix du pétrole atteindront 50 $ US le baril au cours de la prochaine année, mais nous ne pensons pas que cela sera suffisant pour que l’indice S&P/TSX dégage un rendement comparable à celui des marchés boursiers mondiaux. D’autres secteurs de l’indice composé sont toutefois attrayants, et nous pensons que la sélection des titres et une gestion active vont être essentielles pour dégager un bon rendement au Canada.

En ce qui concerne les titres à revenu fixe, l’inflation devra être surveillée

L’inflation existe-t-elle toujours? À notre avis, oui. Nous croyons que l’inflation pourrait jouer un rôle important dans le positionnement sur le marché obligataire en 2021. Grâce à sa politique monétaire musclée, la Réserve fédérale a empêché ce qui aurait pu être le retour de la crise financière de 2008-2009. L’ampleur des mesures de relance monétaire, sous la forme d’une politique de taux zéro et d’un assouplissement quantitatif d’une valeur de plusieurs milliers de milliards de dollars, a procuré une liquidité amplement suffisante aux marchés obligataires et boursiers. Cependant, un équilibre est nécessaire et nous croyons que les mesures de relance monétaire auront pour conséquence une hausse de l’inflation. La Fed accepte pleinement cela.

Notre modèle suggère que la tendance de l’inflation restera orientée à la hausse au premier semestre de 2021; il suggère également que l’inflation sera de 2 % à 3 % au cours de la prochaine année. Nous avons constaté que notre modèle d’inflation est une bien meilleure prévision de la tendance et des points d’inflexion de l’inflation, voire du taux d’inflation. Ainsi, l’inflation devrait être de 2 % au cours des 12 prochains mois. Cela devrait entraîner une hausse des taux d’intérêt à long terme et une accentuation de la courbe des taux, ce qui est normal au début d’une reprise économique. En d’autres mots, les actifs à long terme ou sensibles aux taux d’intérêt devraient dégager des rendements inférieurs à ceux du marché dans un contexte de hausse des taux d’intérêt. À l’heure actuelle, nous pensons que le risque de taux d’intérêt est plus grand que le risque de crédit. Les investisseurs devraient privilégier les obligations à rendement élevé et de première qualité de courte durée plutôt que les obligations d’État à plus long terme.

Le graphique illustre la variation sur 12 mois de la masse monétaire M2 aux États-Unis, au Canada, au Japon et dans la zone euro, depuis octobre 2010. On note partout une augmentation marquée à compter d’avril 2020.
Le graphique compare les prévisions d’inflation à l’indice des prix à la consommation (IPC) réel, depuis 2003. Il existe une forte corrélation entre l’IPC sur 12 mois et les projections du modèle d’inflation.

La dévaluation du dollar américain sera-t-elle cyclique ou de longue durée?

Selon nous, l’une des autres conséquences de l’augmentation rapide de la masse monétaire aux États-Unis sera la faiblesse persistante du dollar américain. Ce dernier, mesuré par l’indice DXY, a clôturé le trimestre à un niveau qui n’avait pas été observé depuis 2018. La différence entre les programmes d’achat d’obligations des différentes banques centrales et leur efficacité pourraient mener à une augmentation plus importante de la masse monétaire M2 aux États-Unis au cours de la prochaine année (ou des prochaines années) que celle provoquée par la croissance du PIB nominal. Si la masse monétaire M2 augmente plus rapidement que le PIB, nous nous attendons à ce que cela provoque l’affaiblissement du dollar américain et la hausse de l’inflation.

La Fed a augmenté la masse monétaire beaucoup plus efficacement grâce à sa dernière série de mesures d’assouplissement quantitatif qu’elle ne l’a fait après la grande crise financière. Je me souviens qu’au début du premier programme d’assouplissement quantitatif de la Fed, les observateurs du marché s’attendaient à une hausse de l’inflation. Il était raisonnable de penser que si la Fed devait avoir recours à la planche à billets, la conséquence serait une hausse de l’inflation. Cependant, en 2009 et 2010, l’assouplissement quantitatif s’est arrêté aux banques. L’argent n’a pas atteint l’économie parce que les banques avaient besoin de se renflouer et de rééquilibrer leur bilan, et elles ne prêtaient pas d’argent. L’inflation ne s’est donc jamais vraiment matérialisée. Actuellement, comme le dernier programme d’assouplissement quantitatif de la Fed a entraîné une augmentation proportionnelle de la masse monétaire M2, presque au dollar près, un affaiblissement du dollar américain et une hausse de l’inflation pourraient en résulter.

L’une des phrases préférées de mon équipe est « Et alors? Comment cela nous aide-t-il à gagner de l’argent? » La faiblesse du dollar américain est favorable aux actions des marchés émergents. Par le passé, la faiblesse du dollar américain a été bénéfique pour les actions des marchés émergents; cela ne veut pas dire que les investisseurs devraient investir dans les marchés émergents simplement parce que nous croyons que le dollar américain va perdre de la valeur. Toutefois, c’est une raison parmi d’autres. Les actions des marchés émergents sont aussi beaucoup moins chères que celles des marchés développés (indice S&P 500 et indice MSCI EAEO) et elles sont aussi moins chères qu’elles l’ont été au cours des 10 dernières années. De plus, la reprise est plus rapide dans les marchés émergents, la Chine en tête, que dans les marchés développés. Nous pensons que cela donnera aux marchés émergents une longueur d’avance dans la reprise des bénéfices.

Le graphique compare l’indice MSCI Marchés émergents à l’indice DXY du dollar américain, depuis janvier 2010. Il existe une corrélation importante entre les deux indices, mais l’écart de valeur entre eux s’est accru depuis 2015, l’indice MSCI Marchés émergents augmentant plus rapidement.
Le graphique illustre la variation en pourcentage de trois indicateurs économiques chinois, depuis 2012 : la consommation d’électricité, le transport ferroviaire et les ventes d’automobiles. Ces trois données ont fortement baissé entre le milieu et la fin de 2019, et depuis, elles affichent une augmentation tout aussi marquée.

Un dernier mot

Conformément à notre processus et compte tenu du fait que les valorisations sont raisonnables et que les perspectives concernant les bénéfices sont favorables jusqu’en 2021, nous augmentons la pondération des actions de 5 %, portant celle-ci à 65 % (ce qui représente une légère surpondération), et celle des titres à revenu fixe à 35 %. Nous réduisons de 5 % la pondération des obligations mondiales de base en faveur des actions des marchés émergents.

Changements apportés au portefeuille modèle par rapport au trimestre précédent

Titres à revenu fixe

  • Réduction de la pondération de 5 %, ce qui amène une sous-pondération (pondération dans le portefeuille : 35 %)
  • Maintien de la pondération des obligations de sociétés à rendement élevé (pondération dans le portefeuille : 15 %)
  • Réduction de 5 % de la pondération des obligations mondiales de base (pondération dans le portefeuille : 20 %)

Actions

  • Augmentation de la pondération de 5 %, ce qui amène une surpondération (pondération dans le portefeuille : 65 %)
  • Maintien de la pondération des actions internationales (pondération dans le portefeuille : 20 %)
  • Maintien de la pondération des actions américaines (pondération dans le portefeuille : 30 %)
  • Maintien de la pondération des actions canadiennes (pondération dans le portefeuille : 10 %)
  • Nous avons investi dans les actions des marchés émergents (pondération dans le portefeuille : 5 %)

Nous avons beaucoup appris au cours des six derniers mois. Les dirigeants mondiaux gèrent les éclosions de COVID d’une manière moins perturbatrice pour l’économie. Nous espérons et nous croyons que cela continuera d’être le cas. L’ensemble des données économiques peut indiquer une reprise anémique, et un possible renversement de tendance. Cependant, nous sommes d’avis que les données économiques les plus importantes pour les marchés boursiers, les données qui par le passé ont affiché une forte corrélation avec la croissance des bénéfices, continuent d’évoluer dans la bonne direction.

 

Malgré nos prévisions de rendement modestes pour les marchés boursiers au cours de l’année à venir, nous sommes plus optimistes que nous l’étions il y a trois ou six mois. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’obstacle en cours de route. Nous nous attendons à ce que la volatilité persiste au cours des prochains mois, car les investisseurs vont projeter leurs opinions politiques sur les marchés. L’histoire en témoigne. En fait, il serait inhabituel que les marchés ne soient pas volatils à l’approche des élections. Toutefois, étant donné l’amélioration des perspectives, que ce soit concernant la volatilité ou le long hiver qui nous attend, nous vous disons : « Profitez de l’occasion ».

Philip Petursson, CIM
Stratège en chef des placements et chef, Recherche de placements, Marchés des capitaux

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Philip Petursson

Philip Petursson, 

Stratège en chef des placements et chef, Recherche de placements, Marchés des capitaux

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Kevin Headland

Kevin Headland, 

Stratège principal des placements

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