Mise à jour de nos perspectives sur le dollar canadien

Le huard continue son envolée

Nous avons reçu beaucoup de questions sur le dollar canadien et l’orientation qu’il pourrait prendre. Nous avons donc pensé qu’il était logique de rassembler nos brèves réflexions.

Comme le huard s’est apprécié de 5,6 % par rapport au dollar américain au cours des cinq premiers mois de l’année, et de 20 % depuis le 23 mars, bon nombre de personnes se demandent s’il lui reste encore une marge de progression. Bien que nous convenions qu’il a grimpé assez rapidement par rapport au billet vert, comme toujours, il est important d’examiner les facteurs qui motivent les fluctuations du taux de change et ce qu’ils nous indiquent quant à l’orientation future.

Après avoir atteint la limite supérieure cible de 0,81 $ US de notre perspective du premier trimestre de 2021, nous avons révisé à la hausse notre cible pour le taux de change $ CA/$ US à 0,83 $ US, en raison de la hausse soutenue des prix du pétrole à la fin de mars. Depuis, il semble cependant que la Banque du Canada (BdC) pourrait devancer la Réserve fédérale américaine en augmentant ses taux d’intérêt au deuxième semestre de 2022. Cela ramène l’écart de taux à deux ans dans le giron du dollar américain en ce qui concerne le dollar canadien. Selon notre modèle de juste valeur, les taux et les prix du pétrole suggèrent une pression continue à la hausse pour le dollar canadien, la cible étant de 0,84 $ US à 0,85 $ US au cours des six à douze prochains mois.

Les recherches de notre équipe suggèrent qu’il n’y a pas un, mais deux principaux facteurs qui déterminent le taux de change entre le dollar canadien et le dollar américain au fil du temps : les prix du pétrole et l’écart entre le taux des obligations du gouvernement du Canada à deux ans et les obligations du Trésor américain à deux ans. Il n’est pas surprenant que lorsque le prix du pétrole, mesuré par le West Texas Intermediate (WTI), augmente, cela exerce une pression à la hausse sur le dollar canadien et vice versa.

L’incidence de l’écart entre les taux à deux ans est attribuable aux divergences des politiques monétaires de la Banque du Canada et de la Réserve fédérale américaine. Lorsque le taux des obligations du gouvernement du Canada à deux ans augmente plus rapidement ou plus rapidement que celui des obligations du Trésor américain à deux ans, cela indique souvent que la BdC durcit le ton ou est susceptible de relever ses taux du financement à un jour plus rapidement que la Réserve fédérale américaine. Ce rétrécissement ou cet écart négatif favoriserait l’appréciation du dollar canadien et, lorsque l’écart s’élargit ou devient plus positif, cela nuirait au rendement.

Ces deux facteurs n’influencent pas toujours fortement la direction du taux de change. Souvent, l’un est plus fort que l’autre et parfois, l’un des facteurs n’est pas du tout pertinent. Par exemple, depuis février de l’année dernière, la corrélation entre le dollar canadien et l’écart entre les taux à deux ans se situe entre -0,5 % et 0,5 %. Ce niveau de corrélation suggère peu d’incidence. Cela ne devrait pas être surprenant, car les deux banques centrales se sont engagées à mener leurs politiques monétaires proches de taux d’intérêt nuls et devaient les maintenir en vigueur jusqu’en 2023. Par conséquent, l’écart de taux à deux ans est resté stable pendant la majeure partie de l’année dernière. Toutefois, plus récemment, cette corrélation a grimpé à -0,65 %, tandis que la corrélation entre le huard et le WTI est restée supérieure à 60 %. Il s’agit d’une conséquence des attentes selon lesquelles la BdC pourrait commencer à relever son taux d’intérêt plus tôt que la Réserve fédérale, entraînant une hausse du taux des obligations canadiennes à deux ans.

Corrélation sur trois mois
Rapport entre le taux de change $ CA/$ US et le WTI et
l’écart entre les taux des obligations à 2 ans
3 dernières années

Voici un graphique qui compare la corrélation à trois mois entre le taux de change du dollar canadien et du dollar américain à la corrélation à trois mois entre le prix du pétrole du West Texas International et l'écart de rendement des obligations à deux ans, de 2018 à 2021.
Sources : Gestion de placements Manuvie et Bloomberg, au 31 mai 2021.

Essayer d’anticiper les fluctuations présente toujours des difficultés. Cependant, le modèle de régression de notre équipe, qui utilise le prix du pétrole et l’écart de prix sur deux ans, peut au moins nous aider à déterminer l’orientation potentielle.

Taux de change $ CA/$ US modélisé et taux de change $ CA/$ US réel
depuis 2015

Ce graphique compare le taux de change modélisé du dollar canadien et du dollar américain au taux de change réel du dollar canadien et du dollar américain, de 2015 à mai 2021.
Sources : Gestion de placements Manuvie et Bloomberg, au 31 mai 2021.

Actuellement, le prix du WTI à 67 $ et l’écart de taux sur deux ans de -0,18 % suggèrent que le dollar canadien est sous-évalué à 0,83 $ US et qu’il pourrait se rapprocher de 0,85 $ US. Bien que le huard augmentera probablement moins à partir de maintenant, lorsque l’on regarde les facteurs déterminant les fluctuations du taux de change au fil du temps, il est clair que les risques sont pondérés à la hausse et non à la baisse.

Kevin Headland
Stratège principal des placements
Gestion de placements Manuvie

L’augmentation des taux d’intérêt entraîne généralement la diminution des cours obligataires. Plus la durée moyenne des obligations détenues dans un fonds est longue, plus le fonds risque d’être sensible aux fluctuations des taux d’intérêt. Le rendement d’un fonds fluctue en fonction de la variation des taux d’intérêt.

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Kevin Headland, CIM

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Co-stratège en chef des placements

Gestion de placements Manuvie

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Macan Nia, CFA

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