Les tendances majeures qui touchent les actions de petites sociétés donnent lieu à de nouvelles possibilités dans l’univers des sociétés à moyenne capitalisation.

L’évolution récente, propulsée par le rendement, de la répartition sectorielle des indices américains de sociétés à moyenne capitalisation, par rapport à leurs homologues à grande capitalisation, rend les actions à moyenne capitalisation plus intéressantes, d’autant plus que ce segment offre également des valorisations historiquement attrayantes. Nous explorons le positionnement relativement important des sociétés à moyenne capitalisation dans le secteur industriel, où il semble exister un potentiel croissant lié aux initiatives gouvernementales visant à intensifier la production de semi-conducteurs et de véhicules électriques.

L’évolution des indices remet en question la notion d’investissement passif

Au sens strict, l’investissement passif, ça n’existe pas vraiment. La composition des indices boursiers évolue constamment, car le rendement varie selon les secteurs, la capitalisation boursière (petite ou grande) et les autres dimensions du marché, y compris en ce qui a trait aux titres individuels. En conséquence, les fournisseurs d’indices rajustent régulièrement la composition de leurs indices pour que ceux-ci correspondent mieux à la portée actuelle d’une catégorie d’actif. Toutefois, les placements qui cherchent à suivre ces indices de façon passive n’arrivent pas toujours à les refléter fidèlement en raison du délai qui existe avant que les placements indiciels ne rajustent leur répartition pour refléter leurs indices de référence dans un contexte fluctuant. Lorsque les marchés ont des soubresauts, de gros écarts peuvent se creuser entre les indices et les placements passifs.

On peut également observer des écarts notables entre les segments de marché, par exemple lorsque les sociétés à grande capitalisation ont des pondérations beaucoup  plus importantes ou plus faibles dans tel ou tel secteur que leurs homologues de moindre capitalisation. Ces écarts peuvent avoir une incidence sur le potentiel de diversification, selon le degré d’exposition d’un portefeuille à chaque secteur. Pour les investisseurs actifs, ces écarts peuvent créer des occasions de placement. De ce fait, les indices de référence se retrouvent très exposés à des segments de marché qui sont récemment devenus surévalués ou sous-évalués par rapport à d’autres secteurs.

Les titres à moyenne capitalisation et la possibilité présentée par la composition de l’indice de référence

Nous gardons l’œil sur ces possibilités, car nous considérons que le rendement positif des actions de sociétés américaines à grande capitalisation au premier semestre de 2023 était principalement attribuable à une poignée de titres technologiques, ce qui a entraîné une plus grande pondération de ces titres dans les indices de sociétés à grande capitalisation.

Quant aux titres des sociétés à moyenne ou à petite capitalisation, ils se caractérisent par des pondérations relatives bien plus faibles dans le secteur technologique et nettement plus importantes dans celui des produits industriels. Ce dernier laisse entrevoir beaucoup de potentiel en ce moment. D’ailleurs, c’est la présence de titres technologiques et industriels qui distingue le plus les actions de sociétés à moyenne et à petite capitalisation de celles des sociétés à grande capitalisation. En effet, la pondération des produits industriels dans l’indice des sociétés à moyenne capitalisation Russell (indice Russell moyenne capitalisation) était de 21,7 % au 31 août 2023, et elle était de 18,5 % dans un indice de référence de sociétés à petite capitalisation (l’indice Russell 2000). Cela se compare à seulement 12,8 % pour l’indice Russell 1000, un indice de référence de sociétés à grande capitalisation. Par contre, l’indice Russell 1000 affiche une forte progression – 30,9 % – dans le secteur technologique, lequel ne compte que pour 13 % de l’indice Russell moyenne capitalisation et pour 13,2 % du Russell 2000.

Comparaison de la pondération des secteurs de la technologie et des produits industriels dans les indices des sociétés

Pondération sectorielle des indices Russell 2000, Russell moyenne capitalisation et Russell 1000 (en %)

Ce graphique à barres présente les pondérations des secteurs de la technologie et des produits industriels dans les indices Russell 2000, Russell moyenne capitalisation et Russell 1000 au 31 août 2023. Le graphique montre que les secteurs de la technologie et des produits industriels sont ceux qui présentent les écarts les plus importants entre les actions de sociétés à moyenne et à petite capitalisation par rapport aux actions de sociétés à grande capitalisation. Les produits industriels ont une pondération élevée dans les indices Russell moyenne capitalisation et Russell 2000 (petite capitalisation) et une faible pondération dans l’indice Russell 1000. En revanche, l’indice des sociétés à grande capitalisation présente une pondération largement supérieure de titres technologiques. Ce graphique à barres présente les pondérations des secteurs de la technologie et des produits industriels dans les indices Russell 2000, Russell moyenne capitalisation et Russell 1000 au 31 août 2023. Le graphique montre que les secteurs de la technologie et des produits industriels sont ceux qui présentent les écarts les plus importants entre les actions de sociétés à moyenne et à petite capitalisation par rapport aux actions de sociétés à grande capitalisation. Les produits industriels ont une pondération élevée dans les indices Russell moyenne capitalisation et Russell 2000 (petite capitalisation) et une faible pondération dans l’indice Russell 1000. En revanche, l’indice des sociétés à grande capitalisation présente une pondération largement supérieure de titres technologiques.

Source : FTSE Russell, au 31 août 2023. L’indice Russell 2000 suit le rendement de 2 000 sociétés à petite capitalisation cotées en bourse aux États-Unis. L’indice Russell moyenne capitalisation suit le rendement d’environ 800 sociétés à moyenne capitalisation cotées en bourse aux États-Unis.  L’indice Russell 1000 suit le rendement de 1 000 sociétés à grande capitalisation cotées en bourse aux États-Unis. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. 

L’importance actuelle des écarts de pondération sectorielle entre indices de marché : une explication

Ces écarts nous semblent particulièrement significatifs, car nous avons actuellement une vue favorable des actions de sociétés à moyenne capitalisation et des sociétés industrielles, qui ont la pondération la plus élevée parmi les 11 secteurs qui composent l’indice Russell des sociétés à moyenne capitalisation. Cette perspective s’appuie en partie sur une thématique essentielle de nos placements cette année : le développement des capacités manufacturières aux États-Unis et les possibilités que cela crée dans le secteur des produits industriels.

L’augmentation de cette capacité est en partie attribuable aux récentes dépenses de relance du gouvernement américain, la Infrastructure Investment and Jobs Act, qui débloque mille milliards de dollars, la Inflation Reduction Act, qui consacre près de 400 milliards de dollars à l’énergie propre, et la CHIPS and Science Act, qui attribue 280 milliards de dollars à la production de puces et à la recherche scientifique aux États-Unis. Ces dépenses se poursuivront pendant plusieurs années, stimulant la croissance dans les États du Haut-Midwest et dans d’autres centres industriels de ce pays. Pour la plupart, les dépenses portent sur la fabrication de semi-conducteurs et de véhicules électriques (VE). En effet, selon l’Economic Development Administration des États-Unis, de 2020 à 2022, les investissements des entreprises dans les projets de semi-conducteurs ont totalisé 192 milliards de dollars, et ceux dans les projets de VE, 40 milliards de dollars. Ces investissements devraient créer 62 000 emplois au total.

De plus, la Chine est récemment devenue moins compétitive sur ces fronts, et les entreprises tendent de plus en plus à développer leur capacité industrielle aux États-Unis ou au Mexique, une tendance connue sous le nom de relocalisation.

Les titres de sociétés à moyenne capitalisation et le facteur qualité

Même si l’indice Russell 2000 est aussi fortement pondéré dans les secteurs industriels par rapport aux indices des sociétés à grande capitalisation, nous privilégions davantage les sociétés à moyenne capitalisation que celles à petite capitalisation. L’une des principales raisons c’est parce qu’il nous semble que par rapport aux sociétés à moyenne capitalisation, un nombre restreint de petites sociétés présentent actuellement des caractéristiques de qualité. Parmi ces caractéristiques figurent des bilans solides, une rentabilité plus durable, un rendement des capitaux propres plus élevé et un moindre besoin de capitaux dans une période marquée par des coûts d’emprunt plus élevés. Nous considérons que ces caractéristiques sont d’une importance vitale dans le contexte actuel du ralentissement de la croissance et des risques de récession, et nous privilégions généralement les sociétés à moyenne capitalisation pour nos placements dans les titres industriels. En plus de leur pondération relativement élevée dans les secteurs industriels et du facteur qualité, les sociétés à moyenne capitalisation ont un facteur de croissance différent de celui des sociétés à grande capitalisation, compte tenu de l’augmentation récente de la pondération de cette dernière catégorie dans les principaux titres technologiques.

Les valorisations attrayantes des sociétés à moyenne capitalisation

De plus, nous considérons actuellement que les titres à moyenne capitalisation ont une valorisation intéressante, tant en fonction du ratio cours/bénéfice historique que par rapport aux titres à grande capitalisation. En fait, au 31 août 2023, l’indice des sociétés à moyenne capitalisation S&P 400 se négociait à 13,8 fois les bénéfices prévus, soit bien moins que la moyenne à long terme, qui est de 15,8 fois, selon FactSet. Par contre, l’indice S&P 500 se négociait à 18,9 fois, bien plus que sa moyenne de 15,6 fois sur 20 ans. Si l’on se fie à ces chiffres, les titres à moyenne capitalisation se négociaient à environ 28 % de décote par rapport aux actions de sociétés à grande capitalisation, une valeur relative qui n’avait plus été observée depuis 1999.

Valorisations historiquement attrayantes des sociétés à moyenne capitalisation par rapport à celles des sociétés à grande capitalisation

Ratio cours/bénéfice (ratio C/B) de l’indice S&P 400 de sociétés à moyenne capitalisation par rapport au ratio C/B de l’indice S&P 500

Ce graphique à deux dimensions montre les valorisations relatives de l’indice S&P 400 des titres à moyenne capitalisation par rapport à l’indice S&P 500 entre 1997 et le 31 août 2023. Il montre que les récentes décotes des sociétés à moyenne capitalisation par rapport à celles des sociétés à grande capitalisation ont été comparables à celles de 1999, ce qui les rend attrayantes sur le plan historique. Ce graphique à deux dimensions montre les valorisations relatives de l’indice S&P 400 des titres à moyenne capitalisation par rapport à l’indice S&P 500 entre 1997 et le 31 août 2023. Il montre que les récentes décotes des sociétés à moyenne capitalisation par rapport à celles des sociétés à grande capitalisation ont été comparables à celles de 1999, ce qui les rend attrayantes sur le plan historique.

Source : FactSet, au 31 août 2023. L’indice S&P 400 des titres à moyenne capitalisation suit le rendement de 400 sociétés à moyenne capitalisation inscrites en bourse aux États-Unis. L’indice S&P 500 suit le rendement de 500 des plus grandes sociétés cotées en bourse aux États-Unis. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Le ratio cours/bénéfice prévisionnel (C/B) est une mesure de valorisation des actions qui compare le cours actuel d’une action avec le bénéfice estimatif sous-jacent par action de la société au cours de la prochaine période de 12 mois. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs. 

Se positionner pour l’avenir

Le contexte économique devrait rester difficile pour les actions, mais nous sommes d’avis que l’apport tactique d’actions à moyenne capitalisation peut compléter une position en actions à grande capitalisation et réduire le risque de valorisation, tout en permettant d’investir dans des sociétés de grande qualité qui devraient résister à une éventuelle récession et à une hausse de la volatilité des marchés.

Les placements comportent des risques, y compris le risque de perte du capital. Les marchés des capitaux sont volatils et peuvent considérablement fluctuer sous l’effet d’événements liés aux sociétés, aux secteurs et à l’économie, à la politique, à la réglementation et aux marchés. Les renseignements fournis ne tiennent pas compte de la convenance des placements, des objectifs de placement, de la situation financière, ni des besoins particuliers d’une personne donnée.

Tous les aperçus et commentaires sont de nature générale et ponctuelle. Quoiqu’utiles, ces aperçus ne remplacent pas les conseils d’un spécialiste en fiscalité, en placement ou en droit. Il est recommandé aux clients actuels et potentiels de consulter un spécialiste qui évaluera leur situation personnelle. Ni Gestion de placements Manuvie, ni ses sociétés affiliées, ni ses représentants (collectivement, « Gestion de placements Manuvie ») ne fournissent de conseils dans le domaine de la fiscalité, des placements ou du droit.

Ce document est réservé à l’usage exclusif des personnes ayant le droit de le recevoir en vertu des lois et des règlements applicables des territoires de compétence. Les opinions exprimées sont celles de l’auteur ou des auteurs et elles peuvent changer sans préavis. Nos équipes de placement peuvent avoir des opinions différentes et, par conséquent, prendre des décisions de placement différentes. Ces opinions ne reflètent pas nécessairement celles de Gestion de placements Manuvie. Bien que les renseignements et analyses figurant dans ce document aient été compilés ou formulés à l’aide de sources jugées fiables, Gestion de placements Manuvie ne donne aucune garantie quant à leur précision, à leur exactitude, à leur utilité ou à leur exhaustivité et n’accepte aucune responsabilité pour toute perte découlant de leur utilisation. Ce document peut comprendre des prévisions ou d’autres énoncés de nature prospective portant sur des événements futurs, des objectifs, des stratégies de gestion ou d’autres prévisions et n’est à jour qu’à la date indiquée. Les renseignements fournis dans ce document, y compris les énoncés concernant les tendances des marchés des capitaux, sont fondés sur la conjoncture, qui évolue au fil du temps. Ces renseignements peuvent changer à la suite d’événements ultérieurs touchant les marchés ou pour d’autres motifs. Gestion de placements Manuvie n’est nullement tenue de mettre à jour ces renseignements.

Gestion de placements Manuvie n’assume aucune responsabilité pour quelque perte ou dommage direct ou indirect, ou quelque autre conséquence que pourrait subir quiconque agit, ou omet d’agir, sur la foi des renseignements contenus au présent document. Ce document a été produit à titre informatif seulement et ne constitue ni une recommandation, ni un conseil professionnel, ni une offre, ni une invitation à quiconque, de la part de Gestion de placements Manuvie ou en son nom, relativement à l’achat ou à la vente d’un titre ou à l’adoption d’une approche de placement, non plus qu’il indique une intention d’effectuer une opération dans un fonds ou un compte géré par Gestion de placements Manuvie. Aucune stratégie de placement ni aucune technique de gestion des risques ne peut garantir le rendement ni éliminer les risques. La diversification ou la répartition de l’actif ne sont pas garantes de profits et n’éliminent pas le risque de perte dans quelque marché que ce soit. À moins d’indication contraire, toutes les données proviennent de Gestion de placements Manuvie. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

Le présent document n’a été soumis à aucun examen de la part d’un organisme de réglementation des valeurs mobilières ou autre et il n’a été déposé auprès d’aucun organisme de réglementation. Il peut être distribué, s’il y a lieu, par Gestion de placements Manuvie et ses filiales et sociétés affiliées, qui comprennent la marque John Hancock Investment Management.

Manuvie, Gestion de placements Manuvie, le M stylisé et Gestion de placements Manuvie & M stylisé sont des marques de commerce de La Compagnie d’Assurance-Vie Manufacturers et sont utilisées par elle, ainsi que par ses sociétés affiliées sous licence.

3134754

Matthew D. Miskin, CFA

Matthew D. Miskin, CFA, 

Co-stratège en chef des placements

John Hancock

Lire la bio
Emily R. Roland, CIMA

Emily R. Roland, CIMA, 

Co-stratège en chef des placements

John Hancock

Lire la bio