Pronostics économiques

Perspectives du marché pour la nouvelle année

Investissez à long terme. Ne soyez pas trop gourmand et n’ayez pas trop peur.

– Shelby M. C. Davis

Les débuts mouvementés de 2020 ne s’oublieront pas de sitôt. Les marchés américains ont plongé de 35 % en mars, puis se sont rapidement redressés pour atteindre des niveaux presque records en quelques mois seulement dans le contexte d’une des reprises les plus rapides jamais enregistrées. 

 Les actions technologiques ont grimpé, puis chuté et grimpé de nouveau. L’élection présidentielle aux États-Unis a suscité de vives émotions qui, dans certains cas, ont causé au sein des collectivités de profondes divisions qui, pour les surmonter, pourraient nécessiter beaucoup de temps et de bonne volonté. Et, en toile de fond, la pandémie de COVID-19 a continué de faire des ravages, produisant une deuxième vague mondiale qui nous force tous à nous préparer à ce qui se passera ensuite. Les constants bouleversements en dents de scie liés à la santé, à la politique et à l’économie ont plombé le moral de bien des gens.

 Dans nos réflexions sur ce qui nous attend, il serait peut-être approprié en premier lieu de consulter l’almanach des fermiers, qui décrit la saison hivernale de 2021 comme « inhabituelle ». Selon cet ouvrage, l’« hiver des grands contrastes », comme il l’appelle, nous réserve, dans l’ouest, du temps « humide, neigeux et extrême » accompagné de températures inhabituellement froides et, dans l’est, des conditions météorologiques instables marquées par des chutes de neige au-dessus des moyennes saisonnières pour les régions centrales et des températures plus chaudes que d’habitude pour la côte est1.

Indicateurs optimistes

Alors, qu’est-ce qui est le plus facile à prévoir, la météo ou l’évolution des marchés dans les mois à venir? Philip , stratège en chef des placements à Gestion de placements Manuvie, voit des signes évidents de reprise de l’économie, ce qui peut porter à l’optimisme à l’approche de 2021.

 « Quand on regarde un certain nombre d’indicateurs, il y a beaucoup de bonnes nouvelles, dit Philip. Ces indicateurs nous laissent entrevoir des reprises presque complètes, y compris au chapitre des commandes de biens durables, des ventes au détail et des mises en chantier de logements aux États-Unis. Dans le secteur manufacturier, des gains constants sont réalisés au Canada, aux États-Unis et en Europe après la chute marquée de mars 2020 causée par les fermetures consécutives à la pandémie. »

Pour ce qui est de l’avenir, Philip déclare : « Il y aura peut-être encore des corrections de marché mineures en cours de route, mais l’évaluation globale indique que les gouvernements seront réticents à ordonner un autre arrêt des activités. La stratégie sera probablement axée sur la gestion des répercussions relatives aux soins de santé. On s’attend donc à ce que l’économie poursuive sa reprise graduelle jusqu’en 2021. »

Indice PMI du secteur manufacturier et croissance des bénéfices de l’indice S&P 500 sur 12 mois (avance de six mois) 

Le secteur manufacturier aux États-Unis rebondit avec des stocks beaucoup plus faibles

Les niveaux des exportations s’améliorent à mesure que les exportations chinoises se hissent en terrain positif. Les exportations sud-coréennes sont aussi en légère progression.

Les perspectives du commerce mondial s’améliorent

Alors que le commerce mondial commençait à s’améliorer après la conclusion de la phase 1 de l’accord commercial entre les États-Unis et la Chine, la pandémie de COVID-19 a ramené la situation au point mort. Cependant, étant donné que l’activité économique est lentement repartie, la situation devrait s’améliorer.

Les niveaux d'exportation s'améliorent alors que les exportations chinoises entrent en territoire positif. Les exportations sud-coréennes affichent également de modestes améliorations.

Le prix du cuivre, qui constitue un bon indicateur de la croissance économique chinoise, a dépassé les niveaux de janvier 2020. La santé de l’économie chinoise est à son tour un facteur de croissance économique mondiale. 

Le prix du cuivre indique une accélération de l’économie chinoise

La Chine étant le plus grand importateur de cuivre, l’augmentation du prix du cuivre est habituellement liée à un accroissement de la demande en provenance de ce pays. En raison de l’utilisation généralisée du cuivre dans divers secteurs, son prix est souvent considéré comme un bon indice de la santé de l’économie chinoise. La récente hausse du prix devrait témoigner d’une amélioration de la croissance économique en Chine et pourrait aussi mener à un redressement de l’économie mondiale.

Les prix du cuivre, qui sont un bon indicateur avancé de la croissance économique chinoise, ont dépassé les niveaux de janvier 2020. La santé de l'économie chinoise est à son tour un moteur de la croissance économique mondiale. Source: Gestion de placements Manuvie, Bloomberg, en août 2020

Pressions inflationnistes

Des mesures d’assouplissement quantitatif sans précédent visant à soutenir les économies durant la paralysie rapide liée à la pandémie au début de 2020 ont accru les masses monétaires aux États-Unis, au Canada et à l’échelle mondiale. Sur le plan de la croissance de la masse monétaire, les États-Unis devancent largement le Canada, l’Europe et le Japon, le bilan de la Réserve fédérale s’établissant à plus de 7 000 milliards de dollars américains2.

Les États-Unis ont devancé les autres pays en termes d’inflation monétaire

Des niveaux sans précédent d'assouplissement quantitatif pour soutenir les économies lors de l'arrêt rapide lié à la pandémie du début de 2020 ont accru la masse monétaire aux États-Unis, au Canada et dans le monde. En termes de croissance de la masse monétaire, les États-Unis sont bien en avance sur le Canada, l'Europe et le Japon, le bilan de la Réserve fédérale enregistrant désormais plus de 7 billions de dollars américains.

Il ne fait nul doute que l’assouplissement quantitatif destiné à soutenir l’économie était nécessaire à la stabilité durant les premières fermetures causées par la pandémie. Mais sans la croissance économique requise pour contrebalancer l’augmentation substantielle de la masse monétaire en Amérique du Nord, l’inflation devient le prochain défi. « Nous nous attendons à une poussée d’inflation en 2021, qui se stabilisera dans une fourchette de 2,5 % à 3 % pendant une période prolongée. Il s’agira d’une inflation monétaire soutenue par de nouvelles mesures de relance budgétaire aux États-Unis, qui entraîneront une nouvelle dévaluation du dollar américain », déclare Philip.

Notre modèle d’inflation continue de suggérer une inflation plus élevée, et non une déflation

Nous prévoyons une augmentation de l'inflation d'ici 2021, s'établissant autour de 2,5 à 3% pendant une période prolongée. Il s'agira d'une inflation monétaire soutenue par de nouvelles mesures de relance budgétaire aux États-Unis, conduisant à une nouvelle dévaluation du dollar américain.

Comparativement à d’autres devises, le dollar américain a reculé d’environ 8 % depuis son sommet de mars 2020. Toute baisse du dollar américain exerce un effet inverse sur les prix des produits de base. « Si le dollar américain continue de faiblir, les prix des produits de base augmenteront. Cela permet de soutenir la remontée des prix du pétrole et du cuivre, qui devrait s’accélérer, ajoute Philip. En ce qui concerne les obligations, on peut s’attendre à un redressement de la courbe des taux. Une obligation du Trésor américain à 10 ans évoluant actuellement à 65 points de base pourrait atteindre de 1,2 % à 1,5 % d’ici le milieu de 2021. »

Dollar canadien, pétrole et or

Au début de la pandémie, certains ont prédit une dépréciation du dollar canadien, autour de 0,60 $ US, ainsi qu’un ralentissement de l’économie dans son ensemble causé par le lourd endettement des consommateurs. Cependant, en raison de son lien étroit avec les prix du pétrole, le dollar canadien est resté stable. Après un recul prononcé en avril causé par les spéculations et les problèmes de stockage, les prix du pétrole se sont bien redressés et devraient grimper encore à mesure que la demande manufacturière s’intensifiera. On prévoit des prix fluctuant entre 40 $ US et 45 $ US le baril et un dollar canadien s’échangeant entre 0,75 $ US et 0,77 $ US.

Le dollar canadien est lié aux prix du pétrole

Récemment, la relation entre le huard et les taux d’intérêt s’est complètement effritée. Les fluctuations quotidiennes sont entièrement attribuables aux prix du pétrole, en particulier le West Texas Intermediate (WTI). Les prix du pétrole ont chuté récemment, tout comme le dollar canadien. Ce dernier devrait rester dans une fourchette allant de 0,75 $ US à 0,77 $ US si les prix du pétrole se maintiennent entre 40 $ US et 45 $ US le baril.

Récemment, la relation du huard avec les taux d'intérêt s'est complètement effondrée et les mouvements à court terme peuvent être entièrement attribués au prix du pétrole, en particulier au West Texas Intermediate (WTI). À mesure que les prix du pétrole ont chuté plus récemment, le dollar canadien a également baissé. Attendez-vous à ce que le dollar canadien reste dans la fourchette entre 0,75 et 0,77 $ US sur 40 à 45 $ US / b.

Pour ce qui est des bonnes occasions de placement, tournez-vous vers l’or. « À long terme, l’or est corrélé avec l’inflation. Si vous souhaitez vous protéger contre l’inflation aujourd’hui, je pense que l’or est une bonne solution. Il est actuellement sous-évalué et, selon nos prévisions, il devrait atteindre 2 250 $ US l’once. Les équipes Répartition de l’actif de Manuvie ont étoffé leurs positions aurifères. L’or est passé de 1 400 $ US l’once à la mi-mars à son niveau actuel d’environ 1 900 $ US », précise Philip.

Élections

 L’élection présidentielle (frénétique) a peut-être provoqué des émotions et des réactions mineures sur le marché, mais historiquement, l’occupant du bureau ovale a peu d’influence sur les rendements boursiers. Ceux-ci sont plutôt principalement tributaires des politiques gouvernementales et des cours boursiers. 

 Quelques statistiques intéressantes proviennent de l’examen du climat politique et des rendements du marché :

  • Au cours de la quatrième année du premier mandat d’un président, le rendement moyen de l’indice S&P 500 s’établit à environ 14 %.
  • La vigueur de l’économie contribue généralement à la réélection des présidents.
  • Mis à part les assassinats, les destitutions et les démissions, seulement deux présidents n’ont accompli qu’un seul mandat depuis 1945 : Jimmy Carter (1976-1980) et George Bush père (1988-1992).
  • Une seule fois, depuis 1945, un parti politique a obtenu trois mandats d’affilée. Il s’agit du parti républicain, avec les deux mandats de Ronald Reagan (1980-1988), suivis de celui de George Bush père. 

Il vaut la peine de rappeler que, peu importe qui réside à la Maison-Blanche, chaque période de quatre ans présente ses propres défis en fonction des taux d’intérêt, des valorisations, de l’inflation et des politiques des banques centrales. Au-delà de la politique, ce sont les données fondamentales, les bénéfices et les valorisations qui alimentent le rendement du marché.

Notions de base sur les placements

Les investisseurs ont perdu beaucoup plus d’argent en essayant d’anticiper les corrections qu’en raison des corrections en tant que telles.

– Peter Lynch

La volatilité des marchés peut être très préoccupante pour vos clients, mais le message est plus clair que jamais : il faut maintenir le cap et se concentrer sur le long terme. « Je m’attends à ce que nous continuions de traverser des poches de volatilité, malgré la faiblesse des taux d’intérêt et de l’inflation, car certaines valorisations sont excessives, surtout dans le secteur des technologies, déclare Philip. Plus que jamais, il est important de rester discipliné – ne courez pas après les actions et les secteurs. » 

Les achats périodiques par sommes fixes demeurent un principe de base à adopter pour éviter les devinettes dans les tentatives d’anticipation des marchés. Les cotisations périodiques, mensuelles ou trimestrielles, servent à prévenir les occasions manquées. Pour en savoir plus sur les principes de base des placements, lisez les articles sur les chocs des marchés et la stratégie de la tranche des liquidités dans le présent numéro.

De plus, comprendre la tolérance au risque du client et la nécessité de rajuster les portefeuilles de placements suscitera probablement des conversations régulières pendant les prochains mois. Tandis que l’économie mondiale poursuit sa reprise progressive, l’équipe Stratégie des marchés des capitaux de Gestion de placements Manuvie porte sa pondération en actions à 65 % du portefeuille modèle, en mettant l’accent sur les marchés émergents. « Les investisseurs peuvent tirer profit de la volatilité pour rééquilibrer et étoffer leurs placements en actions, surtout au moyen d’une réaffectation des liquidités et des obligations d’État de longue durée qui, selon nous, seront confrontées à des sursauts d’inflation, à des hausses des taux d’intérêt à long terme et à l’affaiblissement du pouvoir d’achat à cause des pressions inflationnistes monétaires et budgétaires », explique Philip.

La volatilité actuelle des marchés peut être très préoccupante pour vos clients. Ramenez la conversation à l’essentiel et rappelez-vous de vous concentrer sur les principes de base. Envisagez une stratégie d’achats périodiques par sommes fixes pour attirer de nouveaux capitaux sur les marchés et n’oubliez pas de rééquilibrer les actifs existants pour profiter des occasions que la volatilité peut offrir.

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www.manuvie.ca/accessibilite

1 www.farmersalmanac.com/canadian-extended-forecast 2 www.federalreserve.gov/monetarypolicy/bst_recenttrends.htm

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