Que signifie la robustesse des dépenses de consommation pour la reprise économique aux États-Unis?

On ne peut reprocher aux consommateurs américains d’avoir pris du recul en 2020. En raison des ravages causés par la pandémie et des supplications des gouvernements mondiaux pour que les gens restent à la maison, les habitudes de consommation ont radicalement changé. Pendant la pandémie, le taux de chômage aux États-Unis a bondi à 21 %, la mobilité a été grandement réduite et les priorités de dépenses ont considérablement changé, car les gens, confinés chez eux, ont apporté d’importants ajustements à leur mode de vie.

Maintenant que les mesures de confinement sont assouplies et que la vie retrouve un semblant de normalité, la consommation reprend aux États-Unis. Mais quel rôle la consommation pourrait-elle jouer dans la reprise globale de l’économie et des marchés? Nous examinons la question ci-dessous.

Le redressement de la consommation

On ne saurait trop insister sur l’importance des consommateurs américains au sein de l’économie des États-Unis : la consommation de biens et de services est de loin le facteur qui contribue le plus à l’économie du pays, représentant 69 % de son produit intérieur brut en 20211. Avant la pandémie, le consommateur américain moyen affichait une santé financière impressionnante : le ratio dette-PIB des ménages était à un creux d’au moins quinze ans et le taux de chômage, à un creux d’un demi-siècle.

Avant la pandémie, les consommateurs américains affichaient une santé financière impressionnante

Taux d’endettement des ménages américains et taux de chômage

Ce graphique présente le ratio dette-PIB des ménages américains et le taux de chômage de 2005 à 2020. Il montre clairement que les consommateurs américains affichaient une santé financière impressionnante avant la pandémie. Le ratio dette-PIB des ménages était à un creux d’au moins quinze ans et le taux de chômage, à un creux d’un demi-siècle.

Sources : Banque de données économiques de la Réserve fédérale et Gestion de placements Manuvie, au 12 août 2021.  

Bien sûr, la pandémie et les mesures de confinement qui en ont découlé ont brusquement changé la donne, provoquant la mise à pied de millions d’Américains et un fléchissement de la demande. Mais un an et demi plus tard, nous pouvons enfin commencer à pousser un soupir de soulagement. Malgré les dommages économiques et le fait que la reprise soit toujours en cours, le PIB est remonté au-dessus des niveaux d’avant la pandémie, ayant progressé à un rythme annualisé de 6,5 % au deuxième trimestre. Les dépenses de consommation sont également remontées au-dessus des niveaux d’avant la pandémie, et nous croyons que grâce à la vigueur de la consommation, l’économie et les marchés devraient poursuivre leur forte croissance.

Les secteurs de la consommation ne sont pas tous identiques

Ce qu’il importe de comprendre, c’est que tous les secteurs ne se situent pas au même stade dans le cadre de la reprise. Au plus fort de la pandémie, le secteur des services – en particulier les loisirs – a été durement touché par la fermeture des services non essentiels dans de nombreuses régions. En revanche, les biens durables n’ont pas autant souffert, car les consommateurs ont réorienté leurs dépenses, délaissant les activités (comme aller au gym) pour acheter des biens (comme un vélo d’exercice).

Cependant, nous pensons que cette tendance est en train de s’inverser, alors que les mesures de confinement sont assouplies et que les entreprises continuent de rouvrir. Les ménages ont accru leurs dépenses à l’égard des services qu’ils avaient boudés au début de la pandémie, contribuant ainsi à stimuler la reprise économique. En fait, ces changements dans les habitudes de dépenses sont maintenant visibles dans les données sur les dépenses personnelles de consommation (DPC). Au deuxième trimestre de 2021, les variations des DPC comparativement à l’année précédente étaient bien plus fortes pour les loisirs, les services alimentaires et l’hébergement que pour les biens durables, du fait du déblocage de la demande refoulée de services.

Alors que la reprise économique se poursuit, nous croyons que les dépenses continueront de croître dans l’ensemble, mais de façon plus marquée dans les secteurs discrétionnaires de l’économie.

Les consommateurs américains ont modifié leurs habitudes de consommation

Dépenses personnelles de consommation (DPC), croissance sur 12 mois (%)

Ce graphique présente le taux de croissance sur douze mois des dépenses personnelles de consommation (DPC) aux États-Unis du premier trimestre de 2020 au deuxième trimestre de 2021. Il montre que les consommateurs américains ont modifié leurs habitudes de consommation. Au deuxième trimestre de 2021, les variations des DPC sur 12 mois étaient bien plus fortes pour les loisirs, les services alimentaires et l’hébergement que pour les biens durables.

Sources : Banque de données économiques de la Réserve fédérale et Gestion de placements Manuvie, au 12 août 2021.

Des consommateurs confiants

La confiance des consommateurs est un autre facteur qui nous apparaît favorable à la consommation aux États-Unis et aux secteurs discrétionnaires de l’économie. Lorsque les gens se sentent plus à l’aise financièrement, ils sont prêts à effectuer des dépenses autres que celles qui visent les besoins essentiels comme le logement, les services publics, la nourriture et le transport. Un regain de confiance des consommateurs à l’égard de leur situation financière et de l’économie devrait être bénéfique aux entreprises de divers secteurs d’activité, en particulier celles du secteur des services.

En 2020, la confiance des consommateurs a évidemment été ébranlée, compte tenu du grand nombre d’emplois perdus et de l’incertitude quant au moment où le retour au travail pourrait s’effectuer dans de nombreux secteurs d’activité.

Cependant, la confiance des consommateurs est en train de se redresser. Même si, en raison de la pandémie, la confiance des consommateurs (mesurée par l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan) a chuté à un creux de dix ans en avril 2020, elle a considérablement augmenté depuis, atteignant une valeur de 85,5 en juin. Il est vrai que l’indice a fléchi à 81,2 en juillet et que, lorsque le variant Delta a commencé à faire les manchettes, le résultat préliminaire d’août est tombé à 70,2, un creux pour la pandémie. Nous croyons qu’il s’agit d’une agitation à court terme et que la tendance haussière à long terme de la confiance des consommateurs est de bon augure pour un accroissement des dépenses de consommation, et en particulier pour les entreprises du secteur des services et pour les biens discrétionnaires.

La confiance des consommateurs était en hausse, malgré la probabilité de soubresauts

Dépenses personnelles de consommation (DPC) et confiance des consommateurs aux États-Unis

Ce graphique présente les dépenses personnelles de consommation et la confiance des consommateurs aux États-Unis de janvier 2005 à juillet 2021. La confiance des consommateurs a chuté à un creux de dix ans en avril 2020 et a considérablement augmenté depuis, atteignant une valeur de 85,5 en juin 2021.

Sources : Banque de données économiques de la Réserve fédérale et Gestion de placements Manuvie, au 17 août 2021. La confiance des consommateurs est mesurée par l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan.

Il est également intéressant de noter la différence de confiance entre les groupes d’âge aux États-Unis. Bien que la confiance soit globalement loin des creux de mars 2020, selon l’indice Morning Consult de la confiance des consommateurs selon les générations, les jeunes générations (Y et Z) sont plus optimistes que leurs aînés (génération X et baby-boomers). À notre avis, cette divergence est liée au risque pandémique et mérite d’être surveillée tandis que nous avançons vers l’immunité collective et luttons contre les nouveaux variants.

L’optimisme affiché par les jeunes générations est important pour nous, car nous comptons sur la génération Y pour stimuler la croissance de la demande au cours de la prochaine décennie. Cela dit, les baby-boomers et la génération X ont encore un pouvoir considérable en matière de richesse et de dépenses discrétionnaires. Leur confiance et leur participation à la prochaine étape de la reprise seront donc également importantes.

Les plus jeunes d’entre nous sont plus confiants

Indice Morning Consult de la confiance des consommateurs selon les générations

Ce graphique montre l’indice de la confiance des consommateurs selon les générations (baby-boomers, génération X, génération Y et génération Z) de janvier 2018 à avril 2021. Il donne à entendre que les jeunes générations (Y et Z) sont plus optimistes que leurs aînés (génération X et baby-boomers).

Source : Morning Consult, au 15 août 2021.

L’inflation pourrait-elle jouer les trouble-fêtes?

Il est essentiel de noter que le déploiement de capitaux crée des interactions économiques intéressantes, notamment sous la forme d’une inflation. Les investisseurs s’inquiètent de l’inflation, alors que les capitaux sont dirigés vers des biens et des services faisant l’objet d’une pénurie (pensez aux semi-conducteurs, aux voitures usagées et aux matériaux de construction) et se retrouvent injectés dans des chaînes d’approvisionnement perturbées. La question de savoir si cette inflation sera permanente ou transitoire demeure chaudement débattue.

Nous sommes conscients des risques liés à l’inflation. Nous tentons de comprendre leur incidence sur les résultats tout en nous concentrant sur les tendances à long terme et sur la création de valeur. Nous sommes d’avis que l’inflation est inévitable et nous nous attendons à ce qu’elle soit plus persistante que prévu en ce début de reprise des marchés. Il faut s’attendre à une période d’inflation supérieure à 2 %, mais nous ne prévoyons pas de longue lutte contre l’inflation au cours des années à venir, puisque la hausse devrait être contenue par les technologies, la productivité et la concurrence.

Ne sous-estimez pas la consommation aux États-Unis

Bien qu’un nombre incalculable de facteurs influent sur les marchés boursiers et l’économie dans son ensemble, il est indéniable que la consommation américaine est l’un des plus importants. De toute évidence, la reprise du marché est menacée, notamment par l’inflation plus forte que prévu et par l’augmentation du nombre de cas de COVID-19, qui pourrait entraver de nouveau la relance de la consommation, voire engendrer de nouveaux confinements. Néanmoins, nous croyons que la vigueur de la consommation aux États-Unis continuera d’alimenter l’économie et les marchés.

1 Source : Données économiques de la Réserve fédérale, au 29 juillet 2021.

Une crise généralisée dans le secteur de la santé, comme une pandémie mondiale, pourrait entraîner une forte volatilité des marchés, la suspension et la fermeture des opérations de change, et affecter le rendement du portefeuille. Le nouveau coronavirus (COVID-19) perturbe ainsi considérablement les activités commerciales à l’échelle mondiale. Une crise sanitaire ainsi que des épidémies et pandémies futures pourraient avoir, sur l’économie mondiale, des répercussions qui ne sont pas nécessairement prévisibles à l’heure actuelle. Une crise sanitaire peut exacerber d’autres risques préexistants, qu’ils soient politiques, sociaux ou économiques. Cela pourrait nuire au rendement du portefeuille, ce qui entraînerait des pertes sur votre placement.

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Sandy Sanders, CFA

Sandy Sanders, CFA, 

Directeur général principal et gestionnaire de portefeuille principal

Gestion de placements Manuvie

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