Les quatre types de risques liés aux titres mondiaux à revenu fixe

Dans les conditions actuelles de faiblesse des taux, la production de revenus est primordiale pour de nombreux investisseurs, mais le principe voulant que la préservation du capital prime le rendement tiré du capital garde peut-être toute son importance. Obtenir un rendement relatif est certes agréable, mais la perspective de perdre de l’argent, en particulier sur les marchés des titres à revenu fixe, va à l’encontre des objectifs des investisseurs. La gestion des risques est, à notre avis, une compétence essentielle pour les gestionnaires chevronnés de titres à revenu fixe et la pierre angulaire de la quête de revenus et de la préservation du patrimoine pour les investisseurs, indépendamment du cycle économique.

En ce qui concerne les titres mondiaux à revenu fixe, nous pensons qu’il y a quatre principaux types de risques. Selon le cycle, chacun d’eux peut présenter une importance variable. Ces risques sont présents en période d’accalmie aussi bien qu’à l’occasion d’événements extrêmes, notamment les épisodes comme celui de mars 2020, pendant lequel les marchés des titres à revenu fixe ont été en très mauvaise posture. Nous estimons qu’il est indispensable de comprendre ces risques pour faire la distinction entre les occasions liées aux écarts de taux et les pièges de l’illiquidité dans les crises et pour entrevoir le potentiel à long terme, au-delà des turbulences immédiates.

1 Risque de crédit

Comme les placements en titres à revenu fixe sont tributaires de la solvabilité des émetteurs, le premier risque est celui du crédit. La gestion du risque de crédit consiste à générer des revenus en sélectionnant prudemment les titres selon une approche ascendante et en exerçant un contrôle vigilant sur les émetteurs. Sur le marché d’aujourd’hui, les investisseurs cherchent désespérément à obtenir de bons taux de rendement à l’échéance; il est utile de se rappeler que les sociétés ont généralement peu de mal à mobiliser du capital en émettant des titres de créance, même lorsque leurs paramètres fondamentaux ne sont pas convaincants.

Le risque de crédit nécessite aussi une approche rigoureuse à l’égard de la détermination des prix. Des écarts de taux serrés peuvent se contracter encore plus et des écarts de taux prononcés peuvent s’élargir davantage, mais les gestionnaires qui ont connu plusieurs cycles économiques ont une longueur d’avance naturelle sur leurs homologues dont l’expérience se limite au cycle le plus récent. La gestion du risque de crédit et la synchronisation du marché sont deux choses bien différentes, mais une solide connaissance de l’historique du marché peut constituer un atout.

2 Risque de liquidité

Un deuxième risque répandu auquel les investisseurs en titres à revenu fixe font face est le risque de liquidité — dont la gestion consiste à éviter le piège d’être incapable de liquider des titres trop populaires lorsqu’un important changement survient. Le risque de liquidité s’entend de la possibilité d’acheter et de vendre la quantité voulue d’un titre à un cours réputé acceptable. Une foule d’obligations et de produits connexes sont exposés à ce risque, qui peut avoir de très lourdes conséquences pour les investisseurs. C’est particulièrement vrai dans le cas des obligations à rendement élevé et celles des marchés émergents.

3 Risque de change

Les gestionnaires de titres mondiaux à revenu fixe doivent aussi être capables de gérer le risque de change en discernant quand une stratégie de couverture s’impose et quand la décision de ne pas se couvrir contre le risque de change peut être prudente et créer une occasion de rendement additionnel. L’absence de couverture peut être très risquée tout comme elle peut générer un rendement élevé. Morningstar a récemment noté dans un article que « les obligations étrangères non couvertes offrent certains avantages en matière de diversification, mais [que] la volatilité causée par les fluctuations de change peut engloutir la volatilité des obligations proprement dites1 ».

Une vision mondiale est utile à cet égard. Après avoir culminé pendant la débâcle de mars 2020, le dollar américain s’est replié à des niveaux qui n’avaient pas été enregistrés depuis plusieurs années; de plus, de nombreux autres reculs s’annonçaient. D’éminents analystes côté vendeur s’attendaient à des chutes du billet vert de 3,5 % à 15,0 %, selon qu’on le compare aux devises des marchés développés ou à celles des marchés émergents2. Dans ces conditions, des occasions intéressantes se présentent sur les marchés émergents des obligations à rendement élevé, non couvertes. Cela peut cependant exposer les portefeuilles à des événements imprévus de nature à inciter les investisseurs à se tourner vers le refuge offert traditionnellement par le dollar. Cet aspect doit être surveillé de près.

4 Risque de taux d’intérêt

Le dernier risque, et peut-être celui que les investisseurs comprennent le mieux, est lié aux taux d’intérêt. Comme le segment à court terme de la courbe obligataire pourrait être déprimé pendant des années, les investisseurs doivent se préparer à une accentuation de la courbe tout en tenant compte de divers scénarios. Une conjoncture de faibles taux peut amener certains investisseurs à prendre un risque de crédit déraisonnable ou, selon la pente de la courbe des taux, à exposer leurs portefeuilles à un risque de taux d’intérêt excessif. Il est vrai aussi que rester dans le segment à court terme de la courbe des taux lorsque la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) abaisse ses taux d’intérêt autour de zéro rend difficile ou impossible non seulement de générer un revenu, mais aussi de suivre le rythme de l’inflation même s’il est modéré. Pour revenir au risque de crédit, puisque les quatre risques sont interreliés, une exposition aux obligations de sociétés peut permettre de tirer parti du resserrement des écarts de taux, ou d’une amélioration perçue de la solvabilité des émetteurs, pour compenser la hausse des taux d’intérêt.

Interprétation des signaux d’alerte au début de la crise provoquée par la pandémie

Bien que le décrochage de mars 2020 ait offert des occasions aux gestionnaires qui pensaient que les écarts de taux étaient trop serrés au début de 2020 et avaient par conséquent entraîné l’accumulation de fonds disponibles, ce délestage a également été favorable aux gestionnaires qui avaient vu plus loin que la crise immédiate. Des signaux d’alerte ont également été captés par certains gestionnaires, qui ont pu esquiver le risque avant l’implosion. Le 23 janvier 2020, Hong Kong a annulé deux grands événements en raison du signalement de deux cas seulement de COVID-19. Il s’agissait des festivités3 et du tournoi de la Coupe de football du Nouvel an lunaire4. De nombreux investisseurs à l’échelle mondiale y ont prêté peu d’attention, mais certains ont compris que ces annulations, peut-être attribuables à un excès de prudence, pouvaient avoir été motivées par des craintes ayant une portée beaucoup plus vaste.

Les gestionnaires qui ont couvert ou prudemment réévalué leurs expositions aux titres de créance, aux liquidités et au risque de change dès ces annonces ou vers cette date ont généralement été mieux placés pour suivre les programmes adoptés par la Fed à la fin de mars que leurs concurrents moins avisés, et ils en ont tiré profit. Les écarts de taux des obligations à rendement élevé ont bondi de 358 points de base (pb) à 4035 pb pendant les deux jours qui ont suivi les annulations des deux événements à Hong Kong, mais il vaut la peine de souligner que l’indice S&P 500 a atteint un pic jusque-là inégalé6 près d’un mois plus tard; les écarts de taux étaient alors retombés dans une fourchette de 350 à 360 pb. Ils ne se sont envolés qu’au cours des semaines suivantes. Les gestionnaires qui ont compris que cet événement lié au crédit masquait une crise sanitaire en train de s’étendre — plutôt qu’une crise financière structurelle comme celle qui avait éclaté à peine dix ans auparavant — et qui ont résolument acheté des titres ont pu tirer parti des écarts de taux, en particulier dans le segment des obligations à rendement élevé, qui se sont largement redressées jusqu’à la fin de l’année.

Les écarts de taux des obligations à rendement élevé sont restés à peu près stationnaires bien après l’alerte à la COVID-19 lancée par Hong Kong

Graphique montrant les écarts de crédit à haut rendement au début de la pandémie COVID-19

Risques et occasions associés aux titres à revenu fixe en 2021

Bien qu’un optimisme prudent soit de mise — en raison du succès potentiel du déploiement de millions de vaccins, qui pourrait changer la donne, du dénouement non sans incident des élections américaines et du redémarrage de la croissance économique outre-mer — la pandémie continue de menacer un redressement ininterrompu. Les confinements locaux dans de nombreuses régions du monde pourraient nuire considérablement à la reprise à brève échéance. Si les préoccupations géopolitiques subsistent, les titres de créance des marchés émergents offriront peut-être des occasions attrayantes aux gestionnaires rompus à la recherche active de crédit et aux subtilités de la liquidité sur les marchés locaux. Il sera aussi capital d’évaluer avec discernement s’il convient, ou dans quelle mesure il est approprié, de couvrir le risque de change, vu la volatilité possible du dollar.

De plus, la Fed ayant annoncé son intention de laisser filer l’inflation, la courbe des taux pourrait s’accentuer et les valeurs protégées de l’inflation de même que les obligations à taux variables pourraient être avantagées. Dans le même esprit, les victoires démocrates aux sénatoriales en Géorgie ont contribué à hisser le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans au-dessus de la barre de 1 %, revigorant la gestion du risque de taux d’intérêt.

Il est probable que le volume des fusions et des acquisitions observé récemment contribuera à l’élargissement de l’activité boursière et à l’étoffement des liquidités. Par ailleurs, selon nous, bien qu’il soit truffé de nouveaux règlements et vraisemblablement néfaste pour l’ensemble de l’économie britannique, le règlement du Brexit instaure au moins un cadre pour les nouvelles relations entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne (UE). La liquidité sera, selon toute probabilité, moins préoccupante que si le Royaume-Uni était sorti de l’UE sans accord et, malgré les critiques, ce pays continue d’être perçu comme très favorable au commerce international7. Comme toujours, la gestion de ces quatre risques cruciaux — qui consiste à cultiver l’agilité, à être à l’affût des occasions et à savoir détecter les écueils — sera capitale.

1 morningstar.com, 4 juin 2020. 2 Lire, par exemple, « GS Macro Strategy 2021 Global FX Outlook Dollar Downtrend », Goldman Sachs, 13 novembre 2020. 3 Www.thestandard.com.hk/,, 23 janvier 2020. 4 www.scmp.com/sport, 23 janvier 2020. 5 fred.stlouisfed.org, 22 décembre 2020. 6 Macrobond, 11 janvier 2021. 7 bloombergquint.com, 11 janvier 2021.

Une crise généralisée dans le secteur de la santé, comme une pandémie mondiale, pourrait entraîner une forte volatilité des marchés, la suspension et la fermeture des opérations de change, et affecter le rendement du portefeuille. Le nouveau coronavirus (COVID-19) perturbe ainsi considérablement les activités commerciales à l’échelle mondiale. Les répercussions d’une crise sanitaire, ainsi que d’autres épidémies et pandémies susceptibles de survenir à l’avenir, pourraient avoir des conséquences sur l’économie mondiale qui ne sont pas nécessairement prévisibles à l’heure actuelle. Une crise sanitaire peut exacerber d’autres risques politiques, sociaux et économiques préexistants. Cela pourrait nuire au rendement du portefeuille, ce qui entraînerait des pertes sur votre placement.

Les placements comportent des risques, y compris le risque de perte du capital. Les marchés des capitaux sont volatils et peuvent considérablement fluctuer sous l’influence d’événements liés aux sociétés, aux secteurs, à la politique, à la réglementation, au marché ou à l’économie. Ces risques sont amplifiés dans le cas des placements effectués dans les marchés émergents. Le risque de change s’entend du risque que la fluctuation des taux de change ait un effet négatif sur la valeur des placements détenus dans un portefeuille.

Les renseignements fournis ne tiennent pas compte de la convenance des placements, des objectifs de placement, de la situation financière ni des besoins particuliers d’une personne donnée. Nous vous invitons à évaluer la convenance de tout type de placement à la lumière de votre situation personnelle et à consulter un spécialiste, au besoin.

Le présent document est réservé à l’usage exclusif des personnes ayant le droit de le recevoir aux termes des lois et des règlements applicables des territoires de compétence; il a été produit par Gestion de placements Manuvie et les opinions exprimées sont celles de Gestion de placements Manuvie au moment de la publication, et pourraient changer en fonction de la conjoncture du marché et d’autres conditions. Bien que les renseignements et analyses présentés dans le présent document aient été compilés ou formulés à l’aide de sources jugées fiables, Gestion de placements Manuvie ne donne aucune garantie quant à leur précision, à leur exactitude, à leur utilité ou à leur exhaustivité, et n’accepte aucune responsabilité pour toute perte découlant de l’utilisation des renseignements ou des analyses présentés. Le présent document peut comprendre des prévisions ou d’autres énoncés de nature prospective portant sur des événements futurs, des objectifs, des stratégies de gestion ou d’autres prévisions, et n’est à jour qu’à la date indiquée. Les renseignements fournis dans le présent document, y compris les énoncés concernant les tendances des marchés des capitaux, sont fondés sur la conjoncture, qui évolue au fil du temps. Ces renseignements peuvent changer à la suite d’événements ultérieurs touchant les marchés ou pour d’autres motifs. Gestion de placements Manuvie n’est nullement tenue de mettre à jour ces renseignements.

Ni Gestion de placements Manuvie, ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants et employés n’assument de responsabilité pour quelque perte ou dommage direct ou indirect, ou quelque autre conséquence que pourrait subir quiconque agit sur la foi des renseignements du présent document. Tous les aperçus et commentaires sont de nature générale et ponctuelle. Quoiqu’utiles, ces aperçus ne remplacent pas les conseils d’un spécialiste en fiscalité, en placement ou en droit. Il est recommandé aux clients de consulter un spécialiste qui évaluera leur situation personnelle. Ni Manuvie, ni Gestion de placements Manuvie, ni leurs sociétés affiliées, ni leurs représentants ne fournissent de conseils dans le domaine de la fiscalité, des placements ou du droit. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs. Le présent document a été préparé à titre informatif seulement et ne constitue ni une recommandation, ni un conseil professionnel, ni une offre, ni une invitation à quiconque, de la part de Gestion de placements Manuvie, relativement à l’achat ou à la vente d’un titre ou à l’adoption d’une stratégie de placement, non plus qu’il indique une intention d’effectuer une opération dans un fonds ou un compte géré par Gestion de placements Manuvie. Aucune stratégie de placement ni aucune technique de gestion des risques ne peuvent garantir le rendement ni éliminer les risques. La diversification ou la répartition de l’actif ne sont pas garantes de profits et n’éliminent pas le risque de perte. À moins d’indication contraire, toutes les données proviennent de Gestion de placements Manuvie.

Gestion de placements Manuvie

Gestion de placements Manuvie est le secteur mondial de gestion de patrimoine et d’actifs de la Société Financière Manuvie. Nous comptons plus de 150 ans d’expérience en gestion financière au service des clients institutionnels et des particuliers ainsi que dans le domaine des régimes de retraite, à l’échelle mondiale. Notre approche spécialisée de la gestion de fonds comprend les stratégies très différenciées de nos équipes expertes en titres à revenu fixe, actions spécialisées, solutions multiactifs et marchés privés, ainsi que l’accès à des gestionnaires d’actifs spécialisés et non affiliés du monde entier grâce à notre modèle multigestionnaire.

Le présent document n’a été soumis à aucun examen de la part d’un organisme de réglementation des valeurs mobilières ou autre et il n’a été déposé auprès d’aucun organisme de réglementation. Il peut être distribué par les entités de Manuvie ci-après, dans leurs territoires respectifs. Des renseignements supplémentaires sur Gestion de placements Manuvie sont accessibles sur le site www.manulifeim.com/institutional/ca/fr.

Australie : Hancock Natural Resource Group Australasia Pty Limited, Manulife Investment Management (Hong Kong) Limited. Brésil : Hancock Asset Management Brasil Ltda. Canada : Gestion de placements Manuvie limitée, Distribution Gestion de placements Manuvie inc., Manulife Investment Management (North America) Limited et Marchés privés Gestion de placements Manuvie (Canada) Corp. Chine : Manulife Overseas Investment Fund Management (Shanghai) Limited Company. Espace économique européen et Royaume-Uni : Manulife Investment Management (Europe) Limited, qui est régie et réglementée par l’organisme Financial Conduct Authority; Manulife Investment Management (Ireland) Ltd. qui est régie et réglementée par l’organisme Central Bank of Ireland. Hong Kong : Manulife Investment Management (Hong Kong) Limited. Indonésie : PT Manulife Aset Manajemen Indonesia. Japon : Manulife Investment Management (Japan) Limited. Malaisie : Manulife Investment Management (M) Berhad (auparavant Manulife Asset Management Services Berhad), numéro d’inscription : 200801033087 (834424-U). Philippines : Manulife Asset Management and Trust Corporation. Singapour : Manulife Investment Management (Singapore) Pte. Ltd. (société inscrite sous le numéro 200709952G). Corée du Sud : Manulife Investment Management (Hong Kong) Limited. Suisse : Manulife IM (Switzerland) LLC. Taïwan : Manulife Asset Management (Taiwan) Co., Ltd. États-Unis : John Hancock Investment Management LLC, Manulife Investment Management (US) LLC, Marchés privés Gestion de placements Manuvie (États-Unis) SARL et Hancock Natural Resource Group, Inc. Vietnam : Manulife Investment Fund Management (Vietnam) Company Limited.

Gestion de placements Manuvie, le M stylisé et Gestion de placements Manuvie & M stylisé sont des marques de commerce de La Compagnie d’Assurance-Vie Manufacturers et sont utilisées par elle, ainsi que par ses sociétés affiliées sous licence.

Daniel S. Janis III

Daniel S. Janis III, 

Gestionnaire de portefeuille principal et chef, Titres à revenu fixe multisectoriels mondiaux, Gestion de placements Manuvie

Gestion de placements Manuvie

Read bio