Une (autre) marche au hasard sur l’avenue Pennsylvania

Je ne me suis jamais intéressé à ce qu’ils faisaient Je ne me suis jamais intéressé à ce qu’ils savaient Mais je sais … et rien d’autre n’a d’importance [traduction libre] — « Nothing Else Matters » de Metallica (James Hetfield, Lars Ulrich)

Deux choses surviennent inévitablement tous les quatre ans : une élection présidentielle aux États-Unis et, ce qui n’est pas une coïncidence, un nombre accru de questions de la part des investisseurs à l’égard des conséquences qu’elle pourrait avoir sur les marchés des capitaux. Mais est-ce vraiment important? Les élections, la croissance économique et les marchés évoluent tous de façon cyclique. Même s’il leur arrive de coïncider, ce n’est pas toujours le cas. Bien que les politiques gouvernementales puissent exercer une influence sur l’économie et les marchés, celle-ci est rarement immédiate ou profonde. Il y a même des moments où les marchés réagissent aux politiques mises en place par les présidents sortants au profit ou au détriment du président entrant, sans que ce soit de sa faute.

La croissance économique n’est qu’un des facteurs qui tendent à stimuler les marchés boursiers au fil du temps. Les autres sont les données fondamentales du marché, comme la croissance des bénéfices et les valorisations.

La croyance populaire veut qu’un président républicain soit bon pour les rendements boursiers, car on croit qu’il favorisera davantage Wall Street grâce à des politiques qui soutiendront la croissance des bénéfices des sociétés. Cependant, lorsqu’on considère le rendement de l’indice S&P 500, dividendes compris, depuis 1945, on s’aperçoit que le contraire est vrai : le marché boursier a enregistré un rendement annualisé de 14,9 % avec un président démocrate, comparativement à 10,6 % sous un président républicain. Entre 1945 et 2019, le rendement moyen s’est établi à 12,6 %. Les résultats sont plutôt faussés cependant, puisque les républicains ont malheureusement occupé le pouvoir pendant six des pires années de rendement. Le marché boursier a connu trois des pires années de rendement sous la présidence de George W. Bush par suite de l’éclatement de la bulle technologique et de la grande crise financière.

Ce tableau montre le rendement total moyen de l’indice S&P 500 pour toutes les années par rapport au rendement total moyen des années où les États-Unis avaient un président républicain et un président démocrate. Dans l’ensemble, le graphique indique que l’indice dégage de meilleurs rendements sous un président démocrate.

Par ailleurs, les marchés sont moins dynamiques les années d’élections. Pendant les années d’élections présidentielles, l’indice S&P 500 affichait un rendement moyen de 9,95 %, dividendes compris. Les résultats étaient bien meilleurs dans les années d’élections présidentielles pour un second mandat par rapport à celles prévoyant l’élection d’un nouveau président, le rendement moyen de l’indice S&P 500 s’établissant à 14,30 % dans le premier cas et à 4,50 % dans le second.

Ce graphique montre le rendement total moyen de l’indice S&P 500 au cours d’une année d’élections présidentielles aux États-Unis, comparativement à la moyenne des rendements pour la quatrième année du premier mandat d’un président et pour la quatrième année du second mandat d’un président. Le graphique indique que l’indice dégage de meilleurs rendements au cours de la quatrième année du premier mandat.

Le rendement supérieur à la moyenne obtenu par le marché boursier pendant la dernière année d’un premier mandat explique peut-être pourquoi le président en fonction est presque toujours réélu. Depuis 1945, seuls deux présidents (à l’exception de Lyndon B. Johnson et de Gerald Ford) n’ont pas été réélus pour un deuxième mandat de quatre ans.

Plutôt que de nous concentrer sur les rendements de 2020, nous devrions peut-être examiner comment les marchés réagissent après les élections. Dans la première année du mandat d’un président, les marchés boursiers favorisent le parti politique du candidat au pouvoir de préférence à un changement à la Maison-Blanche. Si le parti en place conserve le pouvoir, l’indice S&P 500 affiche un rendement moyen de 15,4 % la première année du nouveau mandat. Lorsque le parti change, le rendement moyen de l’indice S&P 500 pour la première année du mandat tombe à 5,7 %. Toutefois, lorsqu’on considère les quatre années du mandat, les rendements sont pratiquement les mêmes, peu importe le parti au pouvoir, soit 13,0 % et 12,6 %. Bref, la première année qui suit un changement de parti est la pire des quatre.

Ce graphique compare le rendement total moyen de l’indice S&P 500 au cours d’une année d’élections présidentielles américaines au rendement de l’année suivant un changement de parti, au rendement de l’année suivant la réélection d’un parti, au rendement à la fin d’un mandat complet après un changement de parti et au rendement à la fin d’un mandat complet après la réélection d’un parti.

Si la croyance générale veut que les politiques déterminent le rendement du marché, nous devons examiner les différents résultats que permettent d’obtenir différentes répartitions législatives, en plus de la présidence.

Ces élections incluent l’élection de 35 membres du Sénat, qui devrait dans bien des cas donner lieu à des résultats serrés, car les démocrates cherchent à obtenir le contrôle du Sénat. Douze sièges occupés par des démocrates et 23 sièges occupés par des républicains seront ainsi comblés, notamment dans le cadre d’élections spéciales en Arizona et en Géorgie. Le Sénat est actuellement composé de 53 républicains, 45 démocrates et 2 indépendants qui se rangent du côté des démocrates. Les démocrates doivent donc remporter trois ou quatre sièges pour prendre le contrôle du Sénat – trois si le nouveau vice-président est un démocrate et quatre si ce n’est pas le cas.

Les élections comprennent aussi les 435 sièges de la Chambre des représentants. Les démocrates y sont actuellement majoritaires, avec 232 sièges contre 198 pour les républicains, un représentant du parti libertarien et quatre sièges vacants.

La répartition législative pourrait donner lieu à six variations, dont deux produiraient des rendements moyens nettement inférieurs aux autres – un gouvernement contrôlé par les républicains (9,5 %) et un président républicain assorti d’un Congrès démocrate (8,7 %). Encore une fois cependant, ces chiffres sont faussés par les rendements négatifs obtenus sous la gouverne des présidents républicains, comme nous l’avons déjà mentionné. Une répartition législative particulière pourrait exercer une influence très positive sur les marchés, à savoir un Congrès divisé, qui dégage un rendement moyen de 17,2 % par année.

Ce graphique compare le rendement total moyen de l’indice S&P 500 selon six résultats possibles des élections présidentielles aux États-Unis : un balayage du parti démocrate, un Congrès divisé démocrate, un président démocrate avec un Congrès républicain, un balayage du parti républicain, un Congrès divisé républicain et un président républicain avec un Congrès démocrate.

Même si les programmes des partis politiques pourraient entraîner plus de hausses et de baisses dans certains secteurs, le marché dans son ensemble est moins susceptible d’être touché par la législation. Peu importe la façon dont vous analysez les différents résultats que pourraient avoir les élections, l’histoire montre qu’il n’y a pas beaucoup de différence du point de vue du rendement.

En définitive, le rendement sera déterminé d’après les mêmes facteurs qu’à tous les ans, c’est-à-dire le rendement en dividendes, les fluctuations du ratio cours-bénéfice et la croissance des bénéfices. Comme toujours, nous recommandons aux épargnants de se concentrer sur les données fondamentales et d’ignorer le brouhaha général.

Kevin Headland
Stratège principal des placements

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Kevin Headland

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Macan Nia

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Philip Petursson, 

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