Promesses, promesses

La seule certitude immuable est que rien n’est certain ou immuable. — John F. Kennedy

L’histoire nous a appris qu’en matière d’élections, il n’y a aucune certitude. Elle aurait aussi dû enseigner aux participants au marché que l’application d’une stratégie de placement fondée sur une plateforme et des promesses électorales est peu susceptible d’être couronnée de succès.

Les résultats des marchés ou de l’économie, qu’ils soient bons ou mauvais, sont en trop grande partie attribués au président. Dans la pratique, il est très improbable qu’une personne puisse influencer de manière marquée et durable l’économie américaine, dont la valeur avoisine les 20 000 milliards de dollars, ou l’indice S&P 500, dont la capitalisation boursière atteint environ 28 000 milliards de dollars. Pourtant, de nombreux investisseurs se fondent sur cette croyance et prennent des décisions non réfléchies. En réalité, toute loi approuvée doit faire l’objet d’un accord entre le président et la majorité des nombreux membres du Congrès américain.

Avant les dernières élections présidentielles, de nombreuses personnes estimaient que si Trump accédait à la présidence, cela aurait des répercussions néfastes pour les marchés boursiers. Une recherche rapide sur Internet permet de trouver les prévisions d’un certain nombre de stratèges selon lesquelles les actions connaîtraient une correction à la suite d’une victoire de Trump. La CNBC a cité un analyste qui a déclaré qu’il s’attendait à un dégagement si Trump remportait l’élection, puis à ce que le marché évolue en forme de L, en raison d’une période d’incertitude quant à ses politiques. Cependant, du jour de l’élection, soit le 8 novembre 2016, à la fin de 2019, l’indice S&P 500 a grimpé de 51 %, soit un rendement annualisé de 14 %, sans correction immédiatement après l’élection.

Les analystes passent un nombre incalculable d’heures à disséquer les plateformes politiques de chaque candidat pour déterminer les actions ou les secteurs qui pourraient bénéficier du résultat des élections ou qui pourraient en pâtir. À l’approche des élections de 2016, beaucoup de gens pensaient que les secteurs des services financiers, de l’énergie et des soins de santé se porteraient mieux sous une administration républicaine que démocrate. En rétrospective, le secteur de l’énergie a enregistré un rendement largement inférieur à celui de l’indice S&P 500, tandis que les secteurs des services financiers et des soins de santé ont affiché un rendement semblable à celui de l’indice. En fait, depuis les élections de 2016, les secteurs des technologies de l’information et des biens de consommation discrétionnaire ont dominé l’indice S&P 500.

Ce graphique compare l’évolution de la valeur de l’indice S&P 500 à celle des secteurs de l’énergie, des soins de santé et des services financiers, du 8 novembre 2016 au 31 décembre 2019. La performance de l’énergie a été inférieure à celle de l’indice S&P 500, tandis que la performance des services financiers et des soins de santé a été semblable à celle de l’indice.

Ce qui précède suggère que le parti au pouvoir n’est pas le facteur qui détermine le rendement des secteurs et des marchés boursiers. À la suite de l’élection de 2016, beaucoup de gens pensaient que le gouvernement républicain aurait une incidence positive sur le secteur de l’énergie. Bien que la déréglementation décidée par le gouvernement, les politiques et les autorisations favorables devaient soutenir le secteur, les principaux facteurs de rendement étaient l’offre et la demande mondiales, les prix du pétrole et la politique de l’OPEP. Cela illustre le fait que les politiques ou les promesses politiques soutiennent rarement les marchés boursiers à long terme (ou même sur une période plus courte de trois ans).

Les promesses de campagne peuvent se transformer en mesures législatives, mais ce n’est pas toujours le cas. Ces promesses peuvent avoir une incidence à court terme, car la spéculation et la confiance des investisseurs jouent un plus grand rôle dans les fluctuations du marché. Après un certain temps, les marchés boursiers en reviennent aux bénéfices et aux données fondamentales, qui sont souvent mis de côté pendant la période précédant les élections.

Un examen rapide de certains de ces fondamentaux suggère une amélioration de la conjoncture. Les bénéfices du troisième trimestre de l’indice S&P 500 ont été supérieurs aux prévisions. Avec 66 % des sociétés ayant publié leurs résultats, les bénéfices de l’indice ont dépassé les attentes de 17 % et n’affichent un recul que de 8,6 % par rapport à l’année dernière.

De plus, à 59,3, le résultat du plus récent sondage des directeurs d’achats du secteur manufacturier de l’ISM suggère une forte croissance des bénéfices dès le premier semestre de l’année prochaine (un indice de plus de 50 indique une expansion d’un mois sur l’autre). Le secteur manufacturier a renoué avec la croissance aux États-Unis. Par le passé, la vigueur du secteur manufacturier a entraîné une forte croissance des bénéfices (avec un décalage de six mois).

Ce tableau compare l’indice ISM des directeurs d’achats du secteur manufacturier (PMI) à la croissance des bénéfices sur 12 mois de l’indice S&P 500. Il existe une forte corrélation entre les deux, l’indice PMI ayant une avance sur l’indice S&P 500.

Bien que les nouvelles mesures de confinement en Europe puissent freiner la reprise, ces mesures sont en générale de courte durée (de quatre à six semaines) et une fois que le résultat escompté a été atteint, l’économie rebondit et les marchés se redressent en anticipant ce rebond.

Dans notre récent Billet sur l’investissement intitulé « Une (autre) marche au hasard sur l’avenue Pennsylvania », nous avons examiné le rendement de l’indice S&P 500, sous différentes combinaisons de gouvernement à la tête des États-Unis (président et Congrès). L’écart de rendement selon le parti au pouvoir est minime. Nous continuons de déconseiller aux investisseurs de prendre des décisions fondées sur des réactions instinctives et émotives, mais de se concentrer plutôt sur leur stratégie de placement à long terme.

Kevin Headland, CIM
Stratège principal des placements

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Philip Petursson, 

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