Pas de sucre, pas de crème

Ces derniers jours, les marchés boursiers n’ont pas manqué de nous rappeler pourquoi il est important d’inclure un volet défensif dans son portefeuille. La liquidation d’actions dans les marchés boursiers américains s’est peut-être amorcée correctement lundi dernier, lorsque l’espoir d’un ton beaucoup plus conciliant de la part de la Fed a commencé à s’amenuiser. Mais ce n’est qu’au moment de la publication du communiqué de la banque centrale et de la conférence de presse subséquente que la réalité a pris le dessus et que le marché a compris que les mesures d’assouplissement énergiques auxquelles il s’attendait ne se concrétiseraient pas.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les sept derniers jours ont été fertiles en événements. Ce qui a débuté par une baisse fort attendue des taux d’intérêt par le Federal Open Market Committee (FOMC) s’est transformé en une intensification des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, le Trésor américain allant même jusqu’à déclarer que la Chine était une manipulatrice de devises, ce qu’il n’avait pas fait depuis 1994. Cette déclaration, même si elle est avant tout symbolique, n’améliore en rien la relation entre les deux pays, surtout dans la foulée de l’annonce par le président Trump la semaine dernière de l’imposition de tarifs douaniers de 10 % sur la dernière tranche de 300 milliards de dollars américains d’importations chinoises à compter du 1er septembre. Ces nouveaux tarifs sont les premiers qui toucheront directement les biens de consommation, tels que les iPhone et d’autres produits électroniques grand public, les espadrilles et les jouets.

Ajoutons à cela la publication d’indices des directeurs d’achats (PMI) décevants à l’échelle mondiale au cours de la dernière semaine. L’indice des directeurs d’achats de l’Institute for Supply Management (ISM) de juillet est passé à 51,2, en baisse de 0,5 point par rapport à juin (51,7), en deçà des prévisions de 52. Il s’agit du quatrième recul mensuel consécutif et du niveau le plus bas depuis août 2016, lorsque l’indice avait atteint un creux de 49,6. Ce fléchissement est principalement attribuable à un ralentissement de la croissance de la consommation et de la demande de produits, mesurée par les nouvelles commandes, la production et les emplois. Les niveaux de l’indice PMI laissent entrevoir une croissance modérée des bénéfices au cours des six prochains mois; à moins d’un important redressement de l’indice, il est probable que la croissance des bénéfices demeurera faible jusqu’en 2020.

Les marchés boursiers ne tardent jamais à faire connaître leur mécontentement à l’égard des politiques. La journée d’hier et la dernière semaine ne font pas exception à la règle. Selon le rendement des cours, les indices S&P 500 et MSCI EAEO ont perdu 5,6 % et 3,5 % respectivement, entre la fermeture du marché mardi dernier et hier soir. L’indice S&P/TSX, qui était heureusement fermé hier, a fléchi de 1,2 % entre mardi et vendredi la semaine dernière. Nous avons assisté aujourd’hui à un certain redressement des marchés boursiers, mais cela ne signifie nullement que nous sommes au bout de nos peines. Il pourrait très bien s’agir d’un cycle d’achat à très court terme plutôt que d’une reprise de la remontée. En l’absence de nouvelles positives qui entraîneraient une volte-face des données fondamentales, nous craignons que toute reprise soit de courte durée. 

Dans notre billet de janvier, Voyagez avec prudence et sans crainte, nous estimions à 30 % la probabilité d’une récession de l’économie américaine en 2019 et en 2020. Le risque de récession demeure faible selon nous. Nous étions toutefois d’avis que les risques étaient plus élevés qu’en 2018 en raison de la possibilité d’une erreur de politique, non pas de la Réserve fédérale, mais de l’administration actuelle. L’intensification des tensions politiques entre les États-Unis et la Chine est un bon exemple d’une telle erreur et, selon nous, augmente la probabilité d’une faiblesse économique accrue à l’échelle mondiale durant la deuxième moitié de 2019.

L’équipe Marchés des capitaux et Stratégie adopte un ton plus prudent depuis le début de l’année en raison de la détérioration du contexte macroéconomique et de l’accentuation des incertitudes. À notre avis, le potentiel de croissance des actions (américaines et canadiennes) au cours des 12 prochains mois ne suffira pas à compenser les risques de pertes assumés par les investisseurs. Autrement dit, nous croyons que le potentiel de croissance pour la prochaine année est inférieur à la moyenne, et que les risques varieront de moyens à supérieurs à la moyenne. À la fin du deuxième trimestre, nous avons donc résolu de réduire de 10 % la pondération des actions de notre portefeuille modèle pour passer à une sous-pondération de 50 %. Les données fondamentales qui nous ont menés à cette décision comprennent entre autres la contraction des indices mondiaux des directeurs d’achats, le ralentissement de la croissance des exportations, les stocks excédentaires et l’affaiblissement du profil de croissance des bénéfices. Veuillez consulter notre Billet sur l’investissement pour en savoir plus sur les raisons pour lesquelles nous avons adopté une position défensive avant même la récente tournure des événements. Nous continuerons de privilégier une position d’aversion pour le risque jusqu’à ce que nous constations une amélioration des contextes géopolitiques et fondamentaux. Nous miserons notamment sur les titres à revenu fixe et les titres de créance souverains et de sociétés de première qualité, et sous-pondérerons les titres de participation tout en privilégiant les actions versant des dividendes et celles dont les dividendes augmentent.

Voici un graphique linéaire de l’indice mondial JPMorgan des directeurs d’achat sur les trois dernières années. Le graphique fait ressortir une orientation descendante depuis janvier 2017. Sources : Bloomberg et Gestion de placements Manuvie, au 6 août 2019.
Voici un graphique à barres de la variation sur 12 mois, en pourcentage, de la croissance des exportations des cinq plus grands pays exportateurs depuis 2010. Ces cinq pays sont la Chine, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Allemagne. Le graphique fait ressortir que la variation en pourcentage diminue depuis 2018 et que les niveaux actuels des exportations sont assez semblables à ceux de 2015.  Sources : Bloomberg et Gestion de placements Manuvie, au 6 août 2019.
Voici un graphique linéaire du lien entre le niveau de l’indice ISM des directeurs d’achat et la croissance des bénéfices sur 12 mois de l’indice S&P 500 depuis 1997. Le graphique illustre le ralentissement de la croissance des bénéfices dont témoigne l’indice ISM du secteur manufacturier. Sources : Bloomberg et Gestion de placements Manuvie, au 6 août 2019.

L’augmentation des taux d’intérêt entraîne généralement la diminution des cours obligataires. Plus la durée moyenne des obligations détenues dans un fonds est longue, plus le fonds risque d’être sensible aux fluctuations des taux d’intérêt. Le rendement d’un fonds fluctue en fonction de la variation des taux d’intérêt. Le risque de change s’entend du risque que la fluctuation des taux de change ait un effet négatif sur la valeur des placements détenus dans un fonds.

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Kevin Headland, CIM

Kevin Headland, CIM, 

Co-stratège en chef des placements

Gestion de placements Manuvie

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Macan Nia, CFA

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Co-stratège en chef des placements

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