Forces et faiblesses au sein des marchés émergents : les répercussions de la COVID-19 varient d’un pays à l’autre

Au cours des huit dernières semaines, la prolifération rapide de la maladie à coronavirus (la COVID-19) et les efforts de plus en plus considérables déployés partout dans le monde pour la contenir ont radicalement modifié les perspectives économiques des pays, des entreprises et des particuliers. Kathryn Langridge, qui dirige notre équipe des actions des marchés émergents mondiaux, nous donne son point de vue.

Au sein des marchés émergents, il est de plus en plus probable que les répercussions soient variables alors que les marchés des capitaux s’adaptent à la possibilité qu’une récession mondiale les frappe cette année, malgré les mesures monétaires et budgétaires musclées prises par les décideurs politiques pour réagir à l’actuelle crise de santé publique. Ces mesures ont toutefois beaucoup varié d’un pays émergent à l’autre, en partie en raison des diverses trajectoires de propagation de la COVID-19, ce qui soulève une incertitude particulière à l’égard de la dispersion géographique de la volatilité des actions de marchés émergents en tant que catégorie d’actif. Au moment de la rédaction de ce billet, dans un contexte en évolution rapide, les perspectives que nous entrevoyons pour les régions des marchés émergents sont présentées ci-après. 

La Chine n’est pas nécessairement sortie de l’auberge

La Chine a été le premier pays touché et le premier à s’en sortir : le premier frappé par l’épidémie, à laquelle il a réagi par la prise de mesures de confinement draconiennes, et le premier à sembler la surmonter. Au 20 mars, les rapports officiels indiquaient que les nouveaux cas d’infection de COVID-19 étaient presque nuls, et les derniers cas semblaient être liés à des citoyens revenant de l’étranger1. La consommation et les indicateurs de l’activité économique se sont normalisés en mars, après une baisse de l’activité de 10 % sur 12 mois enregistrée en février2. Le PIB de la Chine pour le premier trimestre pourrait perdre jusqu’à 9,0 points de pourcentage, et les prévisions pour l’ensemble de l’année ont été révisées à la baisse, la croissance prévue passant de 5,5 % à 3,0 %, un taux qui, s’il était observé, rendrait nécessaire une forte reprise au deuxième semestre3.

Cependant, la reprise en Chine – comme dans le reste du monde – pourrait être touchée par le ralentissement de l’ensemble de l’économie mondiale, ce qui , selon nous, remet en question ce qui semble actuellement être une reprise en « V » en Chine. Cela dit, il ne fait aucun doute dans notre esprit que l’économie intérieure chinoise est en train de se redresser. 

L’expérience a permis à la région de développer sa résilience

Hong Kong, Singapour, Taïwan et la Corée du Sud n’ont, eux aussi, connu qu’une résurgence mineure de l’infection au cours des derniers jours4. Dans ces régions, la prise de mesures adéquates en réaction à l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2002 et à l’émergence du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (SRMO) de 2012 semble avoir contribué au succès actuel des mesures de confinement mises en place pour réagir à la COVID-19. Dans tous les cas, les dirigeants ont pris des mesures rapides et décisives, notamment en mettant en place de rigoureuses mesures de contrôle des frontières, en fermant les installations collectives et, en Corée du Sud, en effectuant de nombreux tests. La croissance économique a été considérablement réduite dans toute la région, mais ce sont Hong Kong, Singapour et la Thaïlande qui ont été les plus durement touchés par la chute du nombre de visiteurs arrivant sur leur territoire. En supposant qu’il n’y ait pas de récidive d’infection massive, la mise en place précoce de mesures de confinement pourrait être de bon augure pour la reprise de la croissance économique dans ces régions.

Les politiques énergétique et budgétaire : deux facteurs favorables à la reprise de la croissance en Asie

La baisse marquée récente des prix du pétrole brut a globalement favorisé une région largement composée d’économies importatrices de pétrole (sauf dans le cas de la Malaisie). Nous pensons que le recul des prix du pétrole a eu l’effet d’une mesure de relance économique, ce qui pourrait se traduire par une hausse de la croissance de l’ordre de 0,5 %, tout en compensant les conséquences inflationnistes de mesures de relance extraordinaires, surtout en Chine et en Inde.

Les décideurs politiques asiatiques se sont concentrés plutôt sur la mise en œuvre de puissantes mesures budgétaires représentant au total de 1 % à 4 % du PIB que sur l’assouplissement monétaire, lequel s’est établi dans une fourchette de 25 points de base (pb) à 50 pb, tandis qu’un petit supplément est attendu5. À Hong Kong, les versements en espèces aux ménages représentent de 4 % à 5 % de la valeur du PIB6; la Chine a injecté de façon constante des liquidités au moyen de mesures monétaires et budgétaires pendant que la crise s’accentuait7. En Inde, où la population (soit 1,3 milliard de personnes) est en confinement, un plan budgétaire initial de l’ordre de 0,8 % du PIB a été annoncé le 26 mars8

Des complications pour les pays d’Amérique latine

L’Amérique latine est confrontée à de nouveaux défis, car elle émergeait d’une période prolongée de faible croissance et de faible productivité avant la pandémie9. Selon nous, le choc externe produit par l’épidémie de coronavirus découle de la baisse marquée de la demande de biens et de services produits dans les pays d’Amérique latine, ainsi que de l’effondrement du tourisme et des investissements étrangers directs. La détérioration des conditions commerciales, compte tenu de la baisse des prix du pétrole et des produits de base, contribue également au resserrement des conditions financières et à l’augmentation des risques pour les pays les plus endettés de la région.

L’ennemi en Amérique latine est maintenant le nombre croissant de cas de COVID-19 et les dispositions inadéquates en matière de santé publique, ce qui mène à la fermeture des frontières et aux mesures de confinement qui pourraient accuser du retard par rapport à celles qui ont été prises en Asie. La combinaison des pressions externes et des pressions intérieures fait ressortir le caractère inévitable d’une récession qui selon nous sera temporaire, mais d’une durée incertaine.

Les mesures mises en œuvre dans la région pour faire face à la pandémie ont été principalement monétaires – une course à la baisse avec des réductions de taux massives au Chili, au Pérou et, dans une moindre mesure, au Brésil et au Mexique, où nous pensons que la faiblesse des données finira par faire baisser encore plus les taux d’intérêt10. D’une portée limitée, les mesures budgétaires prises en réaction à l’épidémie ont parfois manqué de cohérence, à notre avis, et seront restreintes, notamment au Brésil. 

D’autres régions vulnérables parmi les marchés émergents

Les marchés émergents d’Europe centrale et d’Europe de l’Est, du Moyen-Orient et de l’Afrique ont affiché des tendances différentes en ce qui a trait au contrôle de la propagation du virus, à la diminution de la croissance économique et aux mesures politiques mises en place par suite de l’effondrement de la demande et de la baisse des prix du pétrole. Les restrictions et les effets sur la croissance ont été considérables en Europe centrale et en Europe de l’Est, où les secteurs des services sont plus importants que dans de nombreuses autres régions. À ces endroits, les taux de croissance ont diminué de 4 % à 5 %, mais les ressources monétaires et budgétaires pourraient fournir une certaine protection11.

Parmi les producteurs de pétrole, la réaction de la Russie sur le plan de la production compense la faiblesse des prix, et l’activité économique à l’extérieur de Moscou n’a jusqu’à présent pas encore montré de ralentissement marqué12. L’Arabie saoudite semble utiliser son fonds pétrolier pour amortir la demande intérieure et, jusqu’ici, a observé la plus faible diminution de la croissance économique13. Comme la chute de la demande de pétrole s’accélère, cela pourrait cependant ne pas être durable, selon nous. Deux pays qui, selon nous, ont peu de marge de manœuvre pour prendre des mesures politiques efficaces sont l’Afrique du Sud, dont le déficit du compte courant est de 3,5 % et la crise de santé publique s’aggrave rapidement, et la Turquie, qui affiche un écart considérable en ce qui a trait à la dette extérieure. Cependant, la banque centrale d’Afrique du Sud a réduit les taux d’intérêt de 100 pb, et nous nous attendons à d’autres réductions14.

Conclusion de ces observations partielles

Bien qu’il soit encore trop tôt pour l’affirmer avec certitude, nous prévoyons, au sein de la catégorie d’actif que sont les actions de marchés émergents, que la reprise de la croissance pourrait se faire à des vitesses variables et potentiellement instables et que ces marchés pourraient connaître une récession au cours des deux prochains trimestres au moins. En tant qu’investisseurs, nous surveillons la situation de près et cherchons à réagir en conséquence, tant pour faire face à la volatilité qui, selon nous, résulte inévitablement des perturbations économiques, que pour investir dans des sociétés qui, à notre avis, présentent des occasions de croissance durable. 

1 « China reports no domestic cases of coronavirus for first time since outbreak began », The Guardian, 19 mars 2020. 2 « China purchasing indexes sink to record lows as coronavirus epidemic hits economy », MarketWatch, 29 février 2020. 3 « “Not unreasonable” for China’s economy to shrink 10% in the first quarter, independent survey shows », CNBC, 24 mars 2020. 4 « Coronavirus: What could the West learn from Asia? » BBC News, 21 mars 2020. 5 « Asian economies may ride out the coronavirus crisis better than the West, analysts say », CNBC, 25 mars 2020. 6 « Hong Kong offers cash handouts to ease coronavirus impact », Financial Times, 26 février 2020. 7 « China is trying to revive its economy without risking more lives. The world is watching », CNN, 24 mars 2020. 8 « India outlines $22.6 billion economic stimulus to help poor hit by lockdown », Reuters, 26 mars 2020. 9 « BAML cuts Latam 2020 GDP forecast to 0.7% on coronavirus, oil shocks », Reuters, 11 mars 2020. 10 « Emerging Markets-Latam FX caught in virus-driven rout; Chile central bank cuts rates », Reuters, 16 mars 2020. 11 « Coronavirus Triggers Record Drops in U.S., European Business Activity », Wall Street Journal, 24 mars 2020. 12 « Russian economy facing slowdown amid oil price drop and coronavirus », Reuters, 23 mars 2020. 13 « Saudi Arabia announces $32 billion in emergency funds to mitigate oil, coronavirus impact », CNBC, 20 mars 2020. 14 « S. Africa Cuts Interest Rate to 6-Year Low to Tackle Virus Fallout », Financial Times, 19 mars 2020.

Une crise généralisée dans le secteur de la santé, comme une pandémie mondiale, pourrait entraîner une forte volatilité des marchés, la suspension des opérations ou la fermeture des bourses, et nuire au rendement des fonds. La nouvelle maladie à coronavirus (COVID-19), par exemple, perturbe considérablement les activités commerciales à l’échelle mondiale. Une crise sanitaire ainsi que des épidémies et pandémies futures pourraient avoir, sur l’économie mondiale, des répercussions qui ne sont pas nécessairement prévisibles à l’heure actuelle. Une crise sanitaire peut exacerber d’autres risques préexistants, qu’ils soient politiques, sociaux ou économiques. Cela pourrait nuire au rendement du fonds, ce qui entraînerait des pertes sur votre placement.

Les placements comportent des risques, y compris le risque de perte du capital. Les marchés des capitaux sont volatils et peuvent considérablement fluctuer sous l’influence d’événements liés aux sociétés, aux secteurs, à la politique, à la réglementation, au marché ou à l’économie. Ces risques sont amplifiés dans le cas des placements effectués dans les marchés émergents. Le risque de change s’entend du risque que la fluctuation des taux de change ait un effet négatif sur la valeur des placements détenus dans un portefeuille.

Les renseignements fournis ne tiennent pas compte de la convenance des placements, des objectifs de placement, de la situation financière ni des besoins particuliers d’une personne donnée. Nous vous invitons à évaluer la convenance de tout type de placement à la lumière de votre situation personnelle et à consulter un spécialiste, au besoin.

Le présent document est réservé à l’usage exclusif des personnes ayant le droit de le recevoir aux termes des lois et des règlements applicables des territoires de compétence; il a été produit par Gestion de placements Manuvie et les opinions exprimées sont celles de Gestion de placements Manuvie au moment de la publication, et pourraient changer en fonction de la conjoncture du marché et d’autres conditions. Bien que les renseignements et analyses présentés dans le présent document aient été compilés ou formulés à l’aide de sources jugées fiables, Gestion de placements Manuvie ne donne aucune garantie quant à leur précision, à leur exactitude, à leur utilité ou à leur exhaustivité, et n’accepte aucune responsabilité pour toute perte découlant de l’utilisation des renseignements ou des analyses présentés. Le présent document peut comprendre des prévisions ou d’autres énoncés de nature prospective portant sur des événements futurs, des objectifs, des stratégies de gestion ou d’autres prévisions, et n’est à jour qu’à la date indiquée. Les renseignements fournis dans le présent document, y compris les énoncés concernant les tendances des marchés des capitaux, sont fondés sur la conjoncture, qui évolue au fil du temps. Ces renseignements peuvent changer à la suite d’événements ultérieurs touchant les marchés ou pour d’autres motifs. Gestion de placements Manuvie n’est nullement tenue de mettre à jour ces renseignements.

Ni Gestion de placements Manuvie, ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants et employés n’assument de responsabilité pour quelque perte ou dommage direct ou indirect, ou quelque autre conséquence que pourrait subir quiconque agit sur la foi des renseignements du présent document. Tous les aperçus et commentaires sont de nature générale et ponctuelle. Quoiqu’utiles, ces aperçus ne remplacent pas les conseils d’un spécialiste en fiscalité, en placement ou en droit. Il est recommandé aux clients de consulter un spécialiste qui évaluera leur situation personnelle. Ni Manuvie, ni Gestion de placements Manuvie, ni leurs sociétés affiliées, ni leurs représentants ne fournissent de conseils dans le domaine de la fiscalité, des placements ou du droit. Le présent document a été préparé à titre informatif seulement et ne constitue ni une recommandation, ni un conseil professionnel, ni une offre, ni une invitation à quiconque, de la part de Gestion de placements Manuvie, relativement à l’achat ou à la vente d’un titre ou à l’adoption d’une stratégie de placement, non plus qu’il indique une intention d’effectuer une opération dans un fonds ou un compte géré par Gestion de placements Manuvie. Aucune stratégie de placement ni aucune technique de gestion des risques ne peuvent garantir le rendement ni éliminer les risques. La diversification ou la répartition de l’actif ne sont pas garantes de profits et n’éliminent pas le risque de perte.À moins d’indication contraire, toutes les données proviennent de Gestion de placements Manuvie. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

Gestion de placements Manuvie

Gestion de placements Manuvie est le secteur mondial de gestion de patrimoine et d’actifs de la Société Financière Manuvie. Nous comptons plus de 150 ans d’expérience en gestion financière au service des clients institutionnels et des particuliers ainsi que dans le domaine des régimes de retraite, à l’échelle mondiale. Notre approche spécialisée de la gestion de fonds comprend les stratégies très différenciées de nos équipes expertes en titres à revenu fixe, actions spécialisées, solutions multiactifs et marchés privés, ainsi que l’accès à des gestionnaires d’actifs spécialisés et non affiliés du monde entier grâce à notre modèle multigestionnaire.

Le présent document n’a été soumis à aucun examen de la part d’un organisme de réglementation des valeurs mobilières ou autre et il n’a été déposé auprès d’aucun organisme de réglementation. Il peut être distribué par les entités de Manuvie ci-après, dans leurs territoires respectifs. Des renseignements supplémentaires sur Gestion de placements Manuvie sont accessibles sur le site www.gamanuvie.com..

Australie :Hancock Natural Resource Group Australasia Pty Limited, Manulife Investment Management (Hong Kong) Limited.Brésil : Hancock Asset Management Brasil Ltda. Canada : Gestion de placements Manuvie limitée, Distribution Gestion de placements Manuvie inc., Manulife Investment Management (North America) Limited et Marchés privés Gestion de placements Manuvie (Canada) Corp. Chine : Manulife Overseas Investment Fund Management (Shanghai) Limited Company. Espace économique européen et Royaume-Uni : Manulife Investment Management (Europe) Limited, qui est régie et réglementée par l’organisme Financial ConductAuthority, Manulife Investment Management (Ireland) Ltd. qui est régie et réglementée par l’organisme Central Bank of Ireland Hong Kong : Manulife Investment Management (Hong Kong) Limited. Indonésie : PT Manulife AsetManajemenIndonesia. Japon : Manulife Asset Management (Japan) Limited. Malaisie : Manulife Investment Management (M) Berhad (auparavant Manulife Asset Management Services Berhad), numéro d’inscription : 200801033087 (834424-U). Philippines : Manulife Asset Management and Trust Corporation. Singapour :Manulife Investment Management (Singapore) Pte. Ltd. (société inscrite sous le numéro 200709952G). Suisse : Manulife IM (Switzerland) LLC. Taïwan :Manulife Investment Management (Taiwan) Co. Ltd. Thaïlande : Manulife Asset Management (Thailand) Company Limited. États-Unis :John Hancock Investment Management LLC, Manulife Investment Management (US) LLC, Manulife Investment Management PrivateMarkets (US) LLC etHancock Natural Resource Group, Inc. Vietnam : Manulife Investment Fund Management (Vietnam) Company Limited.

Gestion de placements Manuvie, le M stylisé et Gestion de placements Manuvie & M stylisé sont des marques de commerce de La Compagnie d’Assurance-Vie Manufacturers et sont utilisées par elle, ainsi que par ses sociétés affiliées sous licence.

512158

Kathryn Langridge

Kathryn Langridge, 

Gestionnaire de portefeuille principale, Actions des marchés émergents

Gestion de placements Manuvie

Lire la bio