Retour au travail : Moment macroéconomique

Nous nous demandons si le marché considère correctement l’impact du retour au bureau croissant des professionnels. Parallèlement, l'essor des véhicules électriques pourrait signifier que l'utilité du cuivre en tant qu'indicateur économique pourrait diminuer à l'avenir. Enfin, nous sommes prudents quant à la contribution potentielle à l'économie américaine du plan d’infrastructures du président Joe Biden.

Le retour des professionnels au bureau peut-il stimuler la demande?

Les données du mois d'août publiées par le Bureau of Labor Statistics montrent que seulement 24,6 % des employés américains étant dans la catégorie « management, professional, and related occupations » travaillaient à distance en date de juillet 2021. En date de mai 2020 (date à laquelle cette collecte de données a commencé), ce chiffre était de 57%. Cette catégorie de travailleurs comprend des personnes travaillant en sciences, en technologie, en ingénierie, en mathématiques, en finance, en droit, en sciences sociales, en éducation et en santé. Essentiellement, les groupes que cette catégorie n'inclut pas sont les individus exerçant des professions où le travail à distance n'est pas vraiment possible.

Ces données peuvent être surprenantes pour la plupart de nos lecteurs. Cependant, elles indiquent également que 37,9 % des employés du secteur de la finance et de l'assurance travaillent toujours à domicile, ce qui représente le deuxième taux le plus élevé derrière les professions liées à l'informatique et aux mathématiques, avec 49,0 %. Alors que les nouvelles semblent se concentrer sur le retour au bureau du secteur des services financiers comme catalyseur pour libérer la demande accumulée, nous tenons à souligner que ces deux catégories d'emploi ne représentent respectivement que 4,7 % et 3,8 % de la population active. Dans notre esprit, il est difficile de s'enthousiasmer pour la demande refoulée générée par un ensemble de 8,5% de la population active, surtout si l'on considère qu'une bonne partie de la main-d'œuvre de ces secteurs est déjà au bureau. De plus, beaucoup de ces travailleurs continueront inévitablement à travailler à domicile à temps partiel ou même à temps plein. Bien que ces faits ne soient qu'une petite pièce du puzzle, ils pourraient être un facteur allant à l'encontre d'un consensus très optimiste pour le secteur des services.

Les professionnels retournent au bureau

Pourcentage des professionnels aux États-Unis travaillant à distance

Graphique linéaire du pourcentage de professionnels actifs qui travaillent à domicile. Il est passé de près de 60 % en mai 2020 à moins de 25 % en août 2021.

Source: Bureau of Labor Statistics (BLS), Gestion de placements Manuvie, au 31 août 2021. À noter que les « professionnels » comprennent les personnes appartenant aux catégories « management, business and financial operations » et « professional and related » du BLS.

Est-ce la fin pour le cuivre comme indicateur économique?

Le 14 juillet, la Commission européenne a présenté « l’Ajustement à l’objectif 55 », qui vise à réduire les émissions d'au moins 55 % d'ici 2030 et à atteindre un niveau net zéro en 2050. De même, l'UE a également proposé des objectifs d'émissions plus stricts pour les voitures d'ici à 2030 et l'interdiction des ventes de voitures à moteur à combustion interne à partir de 2035, ce qui représente une modeste avancée par rapport aux objectifs précédents. Il en résultera probablement une demande plus forte pour les véhicules électriques (VE) et les matériaux bruts nécessaires à leur fabrication, notamment le cuivre.

Actuellement, le secteur des transports représente 12 % de la demande mondiale de cuivre, tandis que les VE représentent 2,6 % des ventes mondiales de voitures (en 2019). En moyenne, un VE nécessite 3,8 fois plus de cuivre qu'un véhicule traditionnel. Avec une part de marché de 2,6 %, la demande de cuivre provenant des VE représente 9 % de la demande de cuivre du secteur des transports. Dans le graphique ci-dessous, nous avons modélisé trois scénarios : La part de marché des VE atteindra 20 %, 25 % et 30 % (scénarios pessimiste, de base et optimiste, respectivement) d'ici 2030. Dans notre scénario de base et selon nos estimations, la demande de cuivre pour les VE en tant que part de la demande de cuivre du secteur des transports augmenterait de 9 % à environ 56 %, et représenterait environ 11 % de la demande globale de cuivre (contre 1 % actuellement).

Si le changement structurel résultant à la fois des changements politiques et de l'évolution des préférences des consommateurs fait passer la part des VE de la demande mondiale de cuivre de 1 % à 11 %, qu'est-ce que cela signifie pour la corrélation du cuivre avec le cycle économique? Le cuivre sera-t-il toujours un indicateur fiable de la santé économique? Si l'on ajoute à ces changements les autres cas d'utilisation « verte » du cuivre, il est clair que la demande de cuivre sera probablement encore plus liée au récit environnemental. Bien que nous prévoyions une augmentation de la demande de cuivre en raison de ses avantages ESG, il est également probable que la demande de cuivre devienne moins cyclique et moins liée à la production industrielle et électrique, réduisant ainsi son efficacité en tant qu’indicateur économique mondial.

Le cuivre pourrait gagner en importance avec le virage vert

Demande prévisionnelle du cuivre des véhicules électriques, en pourcentage de la demande de cuivre totale du secteur du transport

Graphique linéaire de la demande de cuivre prévue pour les véhicules électriques en pourcentage de la demande totale de cuivre dans les transports selon trois scénarios. Dans le scénario de base, le pourcentage devrait atteindre environ 56 % en 2030.

Source: Gestion de placements Manuvie, Macrobond, au 27 août 2021. À noter que ce sont les prévisions de l'équipe macroéconomique mondiale. 

Le plan d’infrastructures n'atténuera pas le problème du gouffre fiscal

Le Sénat américain a adopté avec succès un plan d’infrastructures bipartisan en août. Malheureusement, nous ne voyons pas ce plan atténuer le profond gouffre fiscal en 2022 et 2023. Nous soulignons trois raisons principales pour lesquelles nous ne prévoyons pas d'implications macroéconomiques positives majeures provenant de ce nouveau plan :

  1. Taille : Le montant n'est tout simplement pas assez élevé pour compenser l'effet des somes historiques de relance budgétaire qui ont été injectées dans l'économie américaine en 2020 et 2021. La contribution de la relance budgétaire à la croissance du PIB réel a été de ~14 % et de ~8 % au T2 2020 et T1 2021, respectivement. Le plan de sauvetage américain de Biden du premier trimestre 2021 s'élevait à 1 900 milliards de dollars (répartis sur 1 ou 2 ans), alors que le plan d’infrastructures de 550 milliards de dollars (répartis sur ~10 ans) fait pâle figure en comparaison.
  2. Portée: Ce plan comprend principalement des infrastructures de style traditionnel/physique axées sur le transport et les services publics. Les multiplicateurs économiques de ce type d'investissement sont faibles au départ et s'accumulent au fil du temps, généralement sur 3 à 8 ans. Impérativement, ce type de relance n'intègre pas de transferts comme les chèques de relance COVID-19 ou les crédits d'impôt pour les enfants, où l'argent arrive dans les comptes bancaires et peut être dépensé immédiatement.
  3. Délais : Non seulement les multiplicateurs prennent du temps à se matérialiser pour ce type de projets, mais les plans de dépenses devraient s'étaler de 2022 à 2026, avec des dépenses maximales en 2026. De plus, ces types de projets sont sujets à des retards et il peut s'écouler plus de temps que prévu avant les premières pelletées de terre, ce qui repousserait davantage les bénéfices financiers.

Attention au gouffre fiscal

Dépenses publiques américaines (milliards $U.S.)

Graphique linéaire des dépenses du gouvernement fédéral américain, réelles et prévisionnelles. Il montre une augmentation des dépenses budgétaires après 2022.

Source: Oxford Economics, Gestion de placements Manuvie, juin 2021. Les prévisions sont celles de l'équipe macroéconomique mondiale. 

Une crise généralisée dans le secteur de la santé, comme une pandémie mondiale, pourrait entraîner une forte volatilité des marchés, la suspension et la fermeture des opérations de change, et affecter le rendement du portefeuille. Le nouveau coronavirus (COVID-19) perturbe ainsi considérablement les activités commerciales à l’échelle mondiale. Une crise sanitaire ainsi que des épidémies et pandémies futures pourraient avoir, sur l’économie mondiale, des répercussions qui ne sont pas nécessairement prévisibles à l’heure actuelle. Une crise sanitaire peut exacerber d’autres risques préexistants, qu’ils soient politiques, sociaux ou économiques. Cela pourrait nuire au rendement du portefeuille, ce qui entraînerait des pertes sur votre placement.

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Frances Donald

Frances Donald, 

Économiste en chef, Monde et chef mondiale, Stratégie macroéconomique, Équipe Solutions multiactifs, Gestion de placements Manuvie

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Erica Camilleri

Erica Camilleri, 

Analyste des placements, équipe Solutions multiactifs

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