L’Halloween est à nos portes, mais est-ce le moment pour les investisseurs d’être effrayés?

Quelle histoire de peur les indicateurs économiques nous racontent-ils? — nos prévisions de marché effroyablement étonnantes

L’Halloween prêtait à confusion. Toute ma vie, mes parents m’ont dit : « N’accepte jamais de bonbons des étrangers. » Mais, ils m’habillaient et me disaient : « Va en quémander. »

– Rita Rudner

Un mythe irlandais au sujet d’un homme surnommé « Stingy Jack » serait à l’origine de la tradition de sculpter des visages effrayants dans des calebasses. Selon la légende, Jack s’est arrangé pour que le diable paye son verre, puis il l’a piégé sous la forme d’une pièce de monnaie. Le diable finit par se venger et Stingy Jack erre sur la Terre pour l’éternité sans pouvoir accéder ni au ciel ni à l’enfer. Cependant, Jack a des braises qu’il place dans un navet sculpté, créant ainsi la première version de la « Jack O’Lantern ».

À l’approche de l’Halloween, les gros titres macabres concernant le ralentissement de l’économie américaine ne manquent pas. Certaines de ces fabulations à faire lever les cheveux sur la tête incluent :

  • Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement entraînent une augmentation des prix à la consommation;
  • Le risque d’une hausse des taux d’intérêt et son incidence sur les bénéfices des sociétés et les finances des consommateurs;
  • Depuis le milieu du mois d’août, les prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI) ont augmenté de près de 34 %, passant d’environ 62 $ US le baril à près de 83 $ US le baril, à l’approche de l’Halloween.

Les gros titres des journaux et des sites Web ne manquent pas de faire état des dangers effrayants qui guettent l’économie américaine. Nos travaux suggèrent que l’économie américaine devrait ralentir au cours de la prochaine année. Toutefois, soyons clairs : malgré le ralentissement, la probabilité d’une récession aux États-Unis au cours des 12 prochains mois demeure très faible. Le passé nous a enseigné que certains signaux apparaissent avant une récession. Certains des signaux que nous examinons sont énumérés dans le tableau ci-dessous. Mis à part les pressions inflationnistes, nous ne pensons pas que les signaux typiques d’une récession soient présents à l’heure actuelle. Examinons certaines de ces conditions de plus près.

Signaux annonçant une possible récession

Les signaux typiques annonçant une récession de l’économie américaine ne sont pas présents

Ce tableau indique sept signaux annonciateurs de récession et s’ils étaient présents en date du 30 septembre 2021. Un seul des signaux énumérés a été observé : les pressions inflationnistes.
Sources : Équipe Stratégie des marchés des capitaux, Gestion de placements Manuvie, au 30 septembre 2021

Indicateurs économiques avancés

Nous suivons de près les indicateurs économiques avancés aux États-Unis, représentés par l’indice des indicateurs économiques avancés. L’indice comprend 10 composantes économiques dont la variation tend à précéder les changements dans la santé de l’économie globale, notamment le nombre hebdomadaire moyen d’heures travaillées dans le secteur manufacturier, le nombre de nouveaux permis de construire et la confiance des consommateurs, pour n’en citer que quelques-uns. En septembre, l’indice des indicateurs économiques affichait 9,3. Depuis 1970, une récession s’est produite en moyenne six mois après que l’indice des indicateurs économiques soit devenu négatif. Sa valeur la plus récente suggère une économie américaine solide et stable.

Le graphique illustre le niveau de l’indice composé des indicateurs économiques avancés du Conference Board, de 1976 au 30 septembre 2021.
Sources : Équipe Stratégie des marchés des capitaux, Gestion de placements Manuvie, au 30 septembre 2021

Conditions financières

Depuis le début du mois d’août, le taux de l’obligation du Trésor américain à 10 ans est passé de 1,17 % à 1,67 %, en date du 22 octobre 2021, laissant de plus en plus penser que les conditions financières se resserrent, ce qui a tendance à avoir une incidence négative sur l’activité économique. En cas de resserrement des conditions financières, il est plus difficile pour les sociétés et les particuliers d’accéder au crédit à la consommation. Une mesure que nous suivons de près est l’indice national des conditions financières de la Fed de Chicago, qui fournit chaque semaine un compte rendu complet des conditions financières qui prévalent aux États-Unis sur les marchés monétaires, obligataires et boursier, ainsi que dans les systèmes bancaires traditionnels et parallèles. Comme l’illustre le graphique ci-dessous, cette mesure devient positive (indiquant un resserrement des conditions financières) avant une récession. En septembre, l’indice affichait -0,24, ce qui indique que les conditions financières sont encore très conciliantes et suggère qu’une récession au cours de la prochaine année est peu probable.

Ce graphique illustre le sous-indice du crédit lié aux conditions financières nationales de la Réserve fédérale de Chicago, de 1971 au 30 septembre 2021. Les conditions de crédit sont actuellement souples, ce qui indique que les probabilités d’une récession sont faibles.
Sources : Équipe Stratégie des marchés des capitaux, Gestion de placements Manuvie, au 30 septembre 2021.

Emploi aux États-Unis

Malgré la faiblesse des données sur les salaires des emplois non agricoles en septembre, la conjoncture de l’emploi reste encourageante. L’un des indicateurs de récession que nous suivons est le taux de chômage aux États-Unis par rapport à sa moyenne mobile sur trois ans ou à sa tendance à long terme.

Comme l’illustre le graphique ci-dessous, lorsque la mesure à long terme (ligne verte) augmente et franchit la mesure à court terme (ligne bleue), cela a par le passé annoncé une récession aux États-Unis. Le taux de chômage continue de baisser aux États-Unis, après la récession de l’an dernier. Selon le département du Travail, il y avait près de 10,4 millions de postes vacants aux États-Unis, en août. De plus, nombre d’employeurs disent qu’il est extrêmement difficile de trouver des travailleurs. De nombreuses sociétés vont même jusqu’à offrir des incitatifs monétaires simplement pour se présenter à une entrevue. Cependant, compte tenu de la diminution du nombre de cas de COVID-19 et de la réduction des prestations de chômage très avantageuses, nous pensons que la faiblesse enregistrée en septembre est passagère et que la tendance positive de l’emploi en 2021 va se poursuivre l’année prochaine.

Ce graphique illustre le taux d’emploi aux États-Unis et la moyenne mobile de ce taux sur trois ans, de 1954 au 30 septembre 2021. Le taux d’emploi aux États-Unis a augmenté depuis la récession de l’an dernier.
Sources : Équipe Stratégie des marchés des capitaux, Gestion de placements Manuvie, au 30 septembre 2021

Le seul signal potentiellement annonciateur d’une récession et présent dans le tableau ci-dessus est l’augmentation des pressions inflationnistes. Comme nous l’avons souligné au début de l’année dans notre Billet sur l’investissement intitulé « Le train inflationniste est sur le point de quitter la gare », nous pensions que les pressions inflationnistes ne seraient peut-être pas transitoires. Notre modèle d’inflation suggère que la hausse de l’indice des prix à la consommation sera plus persistante et l’inflation restera supérieure à 2,5 % en 2022, mais qu’elle diminuera par rapport à son niveau actuel. Selon nous, une telle inflation exercera une pression sur les taux obligataires et reste un des principaux risques à surveiller jusqu’en 2022. Cependant, une inflation entre 2,5 % et 3,0 % sans les autres signaux annonciateurs d’une récession au cours de la prochaine année ne devrait pas entraîner de récession.

Tirer parti des occasions

Comment les investisseurs devraient-ils réagir lorsque l’actualité pèse sur les rendements à court terme? Le graphique ci-dessous illustre le rendement prévisionnel à un an de l’indice S&P 500 depuis 1990, après un dégagement de 5 % à 10 %, de 10 % à 15 %, de 15 % à 20 %, et de plus de 20 %, pour les périodes au cours desquelles il y a eu une récession et les périodes sans récession. En fin de compte, l’histoire suggère que s’il devait y avoir un repli, les investisseurs devraient en profiter pour investir, car nous ne pensons pas qu’une récession est probable au cours de la prochaine année.

Ce graphique illustre le rendement prévisionnel de l’indice S&P 500 pour les 12 mois qui suivent un dégagement, après que l’indice eut atteint un sommet de 52 semaines, de 1990 au 30 septembre 2021.
Sources : Équipe Stratégie des marchés des capitaux, Gestion de placements Manuvie, au 30 septembre 2021

Lorsque les nouvelles pessimistes concernant le plafond de la dette aux États-Unis, la Chine, les prix du pétrole, etc. dominent l’actualité, nous revenons aux données fondamentales qui continuent de soutenir le cours des actions et nous sommes conscients que les gros titres ne sont que du pipeau!

Macan Nia, CFA
Co-stratège en chef des placements
Gestion de placements Manuvie

L’augmentation des taux d’intérêt entraîne généralement la diminution des cours obligataires. Plus la durée moyenne des obligations détenues dans un fonds est longue, plus le fonds risque d’être sensible aux fluctuations des taux d’intérêt. Le rendement d’un fonds fluctue en fonction de la variation des taux d’intérêt.

Le risque de change s’entend du risque que la fluctuation des taux de change ait un effet négatif sur la valeur des placements détenus dans un fonds.

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Kevin Headland, CIM

Kevin Headland, CIM, 

Co-stratège en chef des placements

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Macan Nia, CFA

Macan Nia, CFA, 

Co-stratège en chef des placements

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