Délais de livraison : Moment macroéconomique

Les délais de livraison des produits s'améliorent, ce qui devrait contribuer à atténuer les pressions inflationnistes. Cependant, la Banque du Canada, qui a durci le ton, nous incite à garder un œil sur le marché du logement, tandis que nous pensons que le marché des actions européennes sous-évalue le risque dans ce domaine.

Les délais de livraison s’améliorent (même si on ne le voit pas)

Il semble en ce moment qu’il faille beaucoup de temps pour recevoir les produits dont on a besoin (ou que l’on souhaite avoir), mais force est de constater que les délais de livraison des fournisseurs ont sensiblement raccourci récemment et que cette tendance s’est poursuivie en juillet. Au quatrième trimestre 2021, les délais ont atteint leur sommet le plus haut aux États-Unis, dans la zone euro et au Canada mais nous pensons qu’ils vont continuer à diminuer. Alors que l’indice des prix à la consommation s’est modéré en juillet, donnant un répit aux consommateurs et aux investisseurs qui en avaient bien besoin, le raccourcissement continu des délais de livraison devrait contribuer à atténuer les pressions sur les prix, l’IPC suivant habituellement de quelques mois la tendance des délais de livraison.

Ces annonces valident une de nos principales analyses macroéconomiques : nous passons d’une inflation alimentée par la pandémie à une inflation alimentée par la guerre. En 2023, nous nous attendons à un ralentissement important de l’inflation en raison des effets de base, des stocks excédentaires des produits de détail non automobiles et de l’atténuation des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Si les délais de livraison suivent la même tendance tant aux États-Unis que dans la zone euro et au Canada, il est aussi important de noter que les chiffres pour la Chine vont à l’encontre de cette évolution. En fait, mise à part une brève augmentation au début de la pandémie en 2020 et ensuite au début de l’année 2022, les délais de livraison de la Chine n’ont jamais été longs pour une période soutenue. Cela fait écho à nos préoccupations concernant la croissance économique chinoise et l’augmentation du coût des politiques zéro COVID que les mesures de soutien économique ne sont pas en mesure de pallier en raison des défis auxquels ce pays est confronté. 

Amélioration des délais de livraison

Indice des délais de livraison des fournisseurs selon l’indice des directeurs d’achat (PMI) par région

Graphique linéaire des délais de livraison des fournisseurs par région. Les délais de livraison ont atteint un pic au quatrième trimestre de 2021 et se sont considérablement améliorés depuis.

Source : Gestion de placements Manuvie, IHS Markit, Macrobond, 12 août 2022 Les valeurs supérieures à 50 indiquent une amélioration des délais de livraison et celles inférieures à 50 indiquent une détérioration des délais de livraison. Les zones grises représentent les récessions américaines.

Une Banque du Canada avare pourrait nuire aux banques canadiennes

En augmentant de 100 points de base le taux directeur en juillet, la Banque du Canada continue de mener une politique monétaire ferme, accentuant la pression sur les banques et les consommateurs canadiens. Les courbes de rendement canadien se sont aplaties à la suite de cette surprenante austérité et l’écart de rendement entre les obligations à 2 ans et à 10 ans s’est inversé pour la première fois depuis le premier trimestre 2020. Celui entre les obligations à 3 mois et à 5 ans se réduit et s’approche de l’inversion.

C’est un point que nous surveillons alors que le secteur financier canadien fait face à des difficultés et que l’écart de rendement entre les obligations à 3 mois et à 5 ans est proche de s’inverser. Cette relation paraît logique : les inversions de courbe ont habituellement lieu en raison de la détérioration du contexte macroéconomique et, parce que les banques sont de nature plutôt cyclique, les cours de leurs actions y sont sensibles. Cette nature cyclique trouve aussi son explication dans les relations entre le secteur financier et la consommation : les taux d’intérêt plus élevés vont probablement aggraver l’endettement déjà important des ménages. Le coût des hypothèques des Canadiens (généralement à un horizon de 5 ans) continuera notamment d’augmenter alors que les pressions inflationnistes pèsent déjà lourdement sur le budget des ménages : les bilans des banques pourraient en pâtir du fait que les consommateurs peineront à composer avec l’augmentation de leurs versements hypothécaires. Le programme de resserrement quantitatif constituera aussi un facteur défavorable pour les banques canadiennes, alors que des liquidités sont retirées du système à des niveaux jamais atteints, réduisant ainsi les ratios de couverture.

Bien que notre répartition stratégique de l’actif favorise une surpondération des actions canadiennes, nous pensons que le cycle de resserrement actuel agit comme un frein potentiel pour le secteur financier canadien, accentuant ainsi la pression sur l’indice TSX à court terme.

La courbe des rendements s’aplatit, un obstacle pour le secteur financier canadien

Écart de rendement entre les obligations à 3 mois et à 5 ans comparé aux rendements du secteur financier

Graphique linéaire de la prime de risque des actions européennes et de l'écart de crédit à haut rendement européen. La première n'est pas aussi élevée que prévu, étant donné qu'elle a toujours augmenté en période de pré-récession.

Source : Gestion de placements Manuvie, Bloomberg, Macrobond, 9 août 2022 Les valeurs de l’écart en dessous de l’axe horizontal indiquent une inversion des courbes. Les zones grises représentent les récessions américaines.

La prime de risque rétive des actions européennes

Notre scénario de base prévoit une récession en Europe et nous pensons que la prime ne rémunère pas suffisamment les investisseurs pour les risques qu’ils prennent dans cette zone. Les titres à rendement élevé commencent à intégrer les perspectives difficiles en Europe et il existe souvent un lien étroit entre la prime de risque des actions et les écarts avec les titres à rendement élevé, mais celle-ci ne semble pas en tenir compte.

Les obstacles macroéconomiques en Europe continuent de s’accumuler : les prévisions de croissance chutent alors que l’inflation s’accentue. En fait, nous estimons que les prévisions générales de croissance du PIB européen sont encore trop optimistes pour 2022 et 2023, notamment en raison des hypothèses trop favorables sur les conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine. Alors que la crise énergétique en Allemagne et l’augmentation des prix exercent déjà une forte pression sur les dépenses des ménages, le rationnement énergétique va contraindre à un ralentissement de la consommation et de l’activité des entreprises, ce qui signifie que les usines allemandes vont probablement diminuer leur production.

Les marchés des titres à rendement élevé ont déjà commencé à intégrer ces risques mais la prime de risque des actions n’en tient pas encore compte (comme elle l’a fait par le passé avant d’autres périodes de récession), ce qui nous incite à penser que les marchés européens des actions ne rémunèrent pas suffisamment les investisseurs compte tenu des perspectives défavorables. Actuellement, la prime est calculée en fonction de bénéfices élevés s’appuyant sur des prévisions haussières qui se sont matérialisées depuis le début de l’année. Nous tablons sur un renversement de cette tendance qui conduira à la baisse des prévisions de bénéfices en 2022 et à une attractivité moindre de la prime de risque (toutes choses égales par ailleurs). En outre, l’écart de rendement entre les titres de créance à rendement élevé et la prime de risque des actions a atteint 105 points de base et n’a jamais été si important depuis 2008. 

Les primes de risque sur les actions européennes doivent faire l’objet d’un rattrapage.

Prime de risque sur les actions européennes comparé aux écarts pour les titres à rendement élevé

Graphique linéaire de l'écart de taux à 3 mois et 5 ans au Canada par rapport au rendement des sociétés financières canadiennes. Il montre que l'écart est proche de l'inversion alors que la performance des financières a chuté.

Source : Gestion de placements Manuvie, Bloomberg, Macrobond, 9 août 2022 La prime de risque sur les actions correspond aux prévisions de croissance des bénéfices sur 12 mois selon l’indice MSCI Europe moins le rendement des obligations gouvernementales allemandes à 10 ans. Les titres européens de créance à rendement élevé sont représentés par l’indice Credit Suisse Liquid European High Yield. Les zones grises représentent les récessions américaines.

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Frances Donald

Frances Donald, 

Économiste en chef, Monde et stratège, Équipe Solutions multiactifs

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Erica Camilleri

Erica Camilleri, 

Analyste de macroeconomie globale, équipe Solutions multiactifs

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